La classe politique a dans sa grande majorité exprimé son soulagement, parfois teinté d’inquiétudes, après la victoire d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen dimanche, les opposants au président réélu espérant cependant prendre leur revanche aux législatives. Le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a salué "un résultat historique dans l’histoire de la Ve République", tout en se disant "lucide sur le contexte politique". "À résultat historique, responsabilité historique", a-t-il ajouté sur le plateau de TF1 : "Évidemment qu’il faut agir très vite pour protéger les Français, pour avancer sur les questions du pouvoir d’achat."

Le ministre de la Santé Olivier Véran a fait part de son "soulagement" sur BFMTV, soulignant que si le score d’Emmanuel Macron était "assez large", le RN faisait "le score le plus élevé que jamais". "Il n’y aura pas la continuité dans la façon de mener l’action publique", a poursuivi le ministre de la Santé, assurant que "les messages ont été entendus" et promettant pour le second quinquennat d’Emmanuel Macron "un changement de méthode" pour se "concerter davantage (avec) les Français" .

Un bloc populaire prôné au RN, déception de Zemmour

L’ancien candidat à la présidentielle Éric Zemmour a fait part de sa "déception" après la défaite de Mme Le Pen, à qui il avait apporté son soutien pour le second tour, et appelé à "l’union nationale en vue des législatives". "Le bloc national doit aussi s’unir et se rassembler", a-t-il affirmé. Le porte-parole de Marine le Pen, Louis Aliot, s’est aussitôt projeté vers les élections législatives, prônant "un bloc populaire" contre "un bloc élitaire" .

Pour l’ancien candidat Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France), la victoire de M. Macron est celle d’un "homme dangereux pour la France", réélu par le "système oligarchique" avec "le soutien de la plupart des médias". "Rendez-vous aux législatives", a-t-il tweeté. Pour l’ex-candidat EELV Yannick Jadot, "le pire est évité mais le pays est plus divisé que jamais". Pour lui, le combat n’est pas terminé : "Aux législatives, construisons le meilleur : l’alternative pour le climat, la justice sociale et la démocratie. Tout reste à faire"

"Une magnifique nouvelle pour l’Europe"

La réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la France a été saluée, dimanche soir, par les instances européennes. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen s’est ainsi réjouie, sur Twitter "de continuer l’excellente coopération" avec la France. Quant au président du Conseil européen, Charles Michel, il a lui aussi félicité le président réélu. "Chaleureux bravo cher @EmmanuelMacron. En cette période tourmentée, nous avons besoin d’une Europe solide et d’une France totalement engagée pour une Union européenne plus souveraine et plus stratégique", a-t-il écrit sur le même réseau social. "Nous pouvons compter sur la #France #5 ans de plus", y a-t-il ajouté.

"Félicitations", a pour sa part tweeté le chancelier allemand Olaf Scholz en français, avant de poursuivre en allemand : "Félicitations, cher président @EmmanuelMacron. Tes électeurs ont envoyé aujourd’hui un signal fort en faveur de l’Europe. Je me réjouis que nous poursuivions notre bonne collaboration !" Un avis partagé par le chef du gouvernement italien Mario Draghi qui a estimé dimanche que la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle française représentait "une magnifique nouvelle pour toute l’Europe".

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a félicité Emmanuel Macron pour sa victoire à la présidentielle française, se disant "heureux de continuer à travailler" avec lui et affirmant que la France est l’un des alliés "les plus proches" du Royaume-Uni. "Félicitations à @EmmanuelMacron pour votre réélection à la Présidence de la République Française. La France est l’un de nos alliés les plus proches et les plus importants. Je suis heureux de continuer à travailler ensemble sur les sujets-clés pour nos deux pays et pour le monde", a déclaré dimanche le dirigeant conservateur dans un tweet en français.