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Les commémorations du Débarquement de Normandie ont donné lieu vendredi à la première rencontre face à face entre Barack Obama et Vladimir Poutine

Hommage aux victimes des bombardements, recueillement dans les cimetières de toutes les Nations dont les hommes ont péri sur le sol français: les cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie ont suscité vendredi une vive émotion autour des derniers survivants du "jour le plus long".

Sous un soleil radieux et par 25 degrés à l'ombre, le président français François Hollande a accueilli un par un les représentants de 19 pays invités à la cérémonie internationale organisée sur la plage de Ouistreham, la plus à l'est de toutes celles où les Alliés débarquèrent le 6 juin 1944.

Avant un spectacle de 45 minutes évoquant les événements du Jour J, qui a commencé avec près d'une heure de retard, M. Hollande a rendu hommage aux "témoins vivants de ce qui s'est passé ici en 1944" et évoqué toutes les victimes du nazisme, y compris "les victimes allemandes".

"Merci d'avoir été là à l'été 44", a-t-il lancé au millier d'anciens combattants du Jour J présents à la cérémonie. "Vous serez toujours ici par l'esprit sur ces plages du Débarquement", leur a-t-il assuré.

A leur arrivée sur la plage de Ouistreham, mieux connue sous son nom de guerre, "Sword Beach", le président américain Barack Obama et la reine Elizabeth II d'Angleterre ont salué quelques-uns de ces survivants.

Les deux dirigeants avaient auparavant déjeuné au château de Bénouville, un symbole de la Résistance, en compagnie des autres chefs d'État. Le repas a donné lieu à des échanges diplomatiques et à une poignée de mains très attendue entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko.

Lors d'une cérémonie franco-américaine au cimetière américain de Colleville-sur-Mer, tout près d'Omaha Beach où se sont déroulés les combats les plus sanglants du "D Day", M. Obama a évoqué les hommes qui ont brisé "le Mur d'Hitler" et se battaient pour changer bien "plus que le cours de la guerre, mais pour (changer) le cours de l'histoire de l'Humanité".

"A la fin du jour le plus long, cette plage avait été prise, perdue, reprise encore et gagnée. Un morceau d'Europe une nouvelle fois libéré et libre", a dit M. Obama. "Omaha Beach, en Normandie, était la tête de pont de la démocratie", a martelé le président des Etats-Unis.

Dans un moment d'émotion, les vétérans, y compris ceux qui, à plus de 90 ans, ont du mal à marcher, se sont levés, comme s'ils répondaient à l'appel de leur commandant en chef qui les a longuement applaudis.

"Quand le monde vous rend cynique, arrêtez vous une seconde et pensez à ces hommes", a dit M. Obama à plusieurs reprises.

La France "n'oubliera jamais ce qu'elle doit aux Etats-Unis", a déclaré pour sa part François Hollande présent à Colleville aux cotés de M. Obama. Il a salué le 6 juin, "une date mémorable de notre histoire où nos deux peuples se sont confondus dans un même combat, celui de la liberté".

Maître de cérémonie des commémorations étalées tout au long des plages normandes du Débarquement, le président François Hollande avait tenu à souligner plus tôt dans la matinée le rôle et le martyre des civils français, dont près de 20.000 ont péri dans les bombardements et les combats contre les soldats allemands entre le 6 juin et la fin de la bataille de Normandie le 22 août 1944.

"Cette bataille fut aussi celle des civils", a insisté M. Hollande, rendant hommage "aux familles entières qui connaissent le chaos et la mitraille".

A Bayeux, où se déroulait une cérémonie en mémoire des soldats britanniques en présence de la reine Elizabeth, des vétérans ont été salués par une foule criant "Thank you!", "Merci!", "Bravo!".

Ses médailles cliquetant au rythme de ses pas, Ken Godfrey, 89 ans, s'est arrêté un instant pour faire un baise-main galant à une femme qui applaudissait les anciens soldats.

"Mon principal souvenir est de patauger dans la mer avec de l'eau jusqu'à la poitrine", a raconté à l'AFP ce vétéran. "Mais je n'aime pas parler des combats. On a eu des sueurs froides. Je suis chanceux d'avoir survécu".