Selon les données d'un recensement national relayé par El Confidencial , il y a en Espagne 1 800 villages qui ne comportent qu'un seul habitant. Un nombre qui augmente au fil des années et de l'exode vers la ville. Selon le journal, les communautés autonomes de Galice et des Asturies sont les plus touchées par ce phénomène. 

"Mais tout cela n'est pas nouveau" , explique Miguel Garcia, président du conseil municipal de la ville de Huesca, dont plusieurs entités ont été désertées. Selon lui, le schéma est toujours le même. "Les gens émigrent, les magasins ferment, puis l'école ferme. Et au final, il ne reste plus qu'une seule personne." Généralement, ce dernier habitant est une personne très âgée, ou alors un paysan qui a hérité d'une exploitation agricole.

Un dernier rempart

S'il a de quoi se sentir seul, cet irréductible habitant est en tout cas très important, puisqu'il est le dernier rempart avant que le village ne devienne un lieu fantôme. En effet, tant qu'il reste un habitant, les autorités doivent continuer à assurer les services minimum : eau, électricité, égouttage, poubelles...

"Le maintien de ces villages peut coûter cher à un conseil municipal" , reconnaît Luis Antonio Sáez, chercheur au Centre d'études sur le dépeuplement et le développement des zones rurales. "Mais cette personne donne également vie au patrimoine qui s'y trouve. Elle agit en tant que gardien du lieu. " Lorsqu'elle disparaît, le village meurt généralement avec elle. Il est en effet très difficile de le faire renaître par la suite. Difficile, mais pas impossible. A Huesca, Miguel Garcia explique que 30 villages ont pu être récupérés. De plus, certaines villes et villages se maintiennent avec très peu d'habitants pendant de très longues années.

Vers un nouvel essor?

Les municipalités ne s'avouent en tout cas pas vaincues. Pour que leurs villages retrouvent leur attractivité perdue, elles financent la rénovation de maisons anciennes afin d'attirer un nouveau public. Certains groupes de maisons ont par exemple été rassemblés pour proposer des hôtels aux touristes.

Néanmoins, l'accès difficile à internet est un handicap de taille pour toutes ces régions reculées. Même si la crise du Covid a poussé certaines personnes à retourner vers la campagne, pas sûr qu'elles soient toutes prêtes à se "couper du monde" sur le long terme.