L'attestation applicable entre 06H00 et 19H00 dans les 16 départements soumis à de nouvelles restrictions pourra en particulier être remplacée en cas de contrôle par un simple document attestant du domicile, y compris une pièce d'identité, a indiqué le gouvernement.

Il ne sera plus non plus nécessaire de justifier du motif de ces déplacements jusqu'à 10 km.

L'attestation et la justification du motif du déplacement continueront d'être requises pour les déplacements de plus de 10 kilomètres. Quant à l'attestation applicable partout en France pour le couvre-feu (de 19H00 jusqu'à 06H00), elle reste en vigueur.

Sitôt paru samedi matin, le document de deux pages avait provoqué de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, où il a été moqué comme le comble de la bureaucratie à la française.

Cette attestation recensait 15 motifs de sortie, valables dans un rayon de dix kilomètres autour du domicile pour certains (dont les promenades) et 30 km pour d'autres (dont les achats). Seuls certains motifs (consulter un médecin, sortir son chien...) sont acceptés entre 19h00 et 06h00 du matin, période de couvre-feu pour toute la France métropolitaine.

"Je vous l'accorde, l'attestation est complexe", avait concédé sur BFMTV une porte-parole du ministère de l'Intérieur, Camille Chaize.

La librairie, pas le café

Vingt-et-un millions d'habitants, dont les 12 millions de la région parisienne, sont soumis pour au moins quatre semaines à ces nouvelles restrictions, bien plus légères que le premier confinement national d'il y a un an. Ils sont répartis sur 16 départements (les huit d'Ile-de-France, les cinq des Hauts-de-France, la Seine-Maritime, l'Eure et les Alpes-Maritimes).

Contrairement aux deux premiers confinements, on peut rester à l'extérieur aussi longtemps qu'on veut, puisqu'on risque davantage d'attraper le Covid-19 à l'intérieur que dehors.

Mais même si les promenades sont autorisées dans un rayon de 10 km, "les grands regroupements ne sont pas permis", a souligné Camille Chaize, en recommandant "une limite de 6 personnes en extérieur".

A Rouen ou à Paris, des habitants estiment que ces nouvelles mesures, beaucoup moins strictes qu'il y a un an, ne changeront guère leur quotidien. "Finalement, ça va être mieux qu'avant puisqu'on va gagner une heure le soir, avec le couvre feu à 19h", dit Louise, prof de yoga à Paris.

A l'île de Ré en revanche, un changement: un afflux de visiteurs voulant échapper aux nouvelles restrictions. "Les gens sont plutôt respectueux. Ce n'est pas une inquiétude", affirme Lionel Quillet, président de la communauté de communes de l'île. "Les Rétais se disent +les vacances de Pâques sont avancées+. Beaucoup sont contents de travailler".

"Folie bureaucratique"

Par ailleurs, le gouvernement a précisé quels commerces resteraient ouverts dans les seize départements.

Fleuristes, chocolatiers (Pâques oblige), magasins de musique, coiffeurs ou cordonniers font partie de cet inventaire à la Prévert. Selon le gouvernement, cela porte à 90.000 le nombre de commerces désormais fermés. "Nous faisons du sur-mesure, s'est justifié le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Pas de quoi convaincre le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a fustigé sur Europe 1 "la folie bureaucratique".

En vertu des nouvelles restrictions, il est désormais interdit de sortir des départements concernés, sauf pour "motif impérieux". Selon Camille Chaize, une "souplesse" s'applique toutefois pour les gens vivant à la limite d'un autre département, qui pourront y entrer en respectant un rayon de 30 km.

Enfin, écoles et collèges restent ouverts, mais les lycées basculent en "demi-jauge".

"Ce qu'on veut, c'est freiner le virus sans nous enfermer", a déclaré vendredi le président Emmanuel Macron, en rejetant le terme "confinement".

Reste à savoir si cela suffira. Comme de nombreux épidémiologistes l'avaient prévu et malgré ce qu'espérait M. Macron, l'épidémie est repartie à des niveaux inquiétants, même si samedi, les indicateurs étaient en légère baisse.

La pression sur les services de réanimation reste élevée, avec 4.353 malades samedi, contre 4.246 jeudi, un nouveau plus haut depuis fin novembre. Mais les nouvelles admissions ont elles baissé à 317 (contre 382 il y a 48 heures). Les nouvelles hospitalisations ont également baissé: 1.348 ces dernières 24 heures, contre 1.661 jeudi.

"D'autres départements ou régions vont probablement entrer dans ce type de dispositif dans les 15 jours ou trois semaines", a pronostiqué dans Nice-Matin un membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement, Olivier Guérin.