Le premier cortège, composé de quelques milliers de personnes, s'est élancé du Palais-Royal (1er arr.) avant de traverser la Seine aux cris de "Liberté", "Non à la dictature sanitaire" ou "Macron démission.

En tête du cortège, où fleurissaient les drapeaux français, figuraient l'ex-numéro 2 du Front national Florian Philippot, la députée ex-LREM covidosceptique Martine Wonner, le chanteur Francis Lalanne ou encore l'ex-égérie "gilets jaunes" Jacline Mouraud.

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"Je suis née au Portugal sous la dictature de Salazar, je veux pas qu'on revive ça", dit Fernanda, 53 ans, soutien de Florian Philippot. "C'est le début de quelque chose d'extrêmement fort dans la résistance", a lancé ce dernier, désormais candidat à l'élection présidentielle de 2022, et qui s'efforce d'incarner la structuration des anti-pass sanitaire.

Quelques tracts détournant l'étoile jaune avec la mention "pass sanitaire" étaient visibles.

Avant la manifestation, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a tenu une conférence de presse devant le Conseil constitutionnel. Il a dénoncé un "abus de pouvoir sans précédent" et un "coup d'Etat sanitaire", après les annonces d'Emmanuel Macron. Avec le pass sanitaire dans la vie quotidienne, c'est selon lui le "début d'un engrenage vers une dictature".

Dans le même temps, environ 1.500 personnes manifestaient dans les rues du sud de la capitale, au sein d'un cortège disparate, précédé d'un cordon policier.


Parti vers 14h30 du XIVe arrondissement, le cortège s'est dirigé vers le quartier de Jussieu (Ve arr.), accompagné de banderoles comme "wanted République Française démocratie, disparue le 12 juillet 2021", "non au pass sanitaire, stop à la dictature", et de slogans "Liberté", "Macron dictateur".

"On est là pour les revendications des gilets jaunes et les restrictions des libertés. C'est pas une loi liberticide de plus qui nous fait sortir dans la rue. On a toujours été dans la rue", a déclaré le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues.

"Nous ne sommes pas du tout des anti-vaccins. On veut juste que chacun ait la liberté de se faire vacciner ou pas. Les tests PCR peuvent suffire et alors il faut les laisser gratuits", ont lancé Aurélie et Tiphaine, la trentaine, toutes les deux employées dans un centre commercial en région parisienne.

Enfin, quelques dizaines de personnes participaient à un autre rassemblement, non autorisé, place de la République.

Plusieurs rassemblements dans toute la France

Des manifestations ont lieu dans de nombreuses autres villes de France. Quelque 400 personnes ont défilé dans la matinée à Quimper, 1.200 à Perpignan, 1.700 à Clermont-Ferrand, 2.300 à Valence (Drôme).

A Perpignan, quelque 400 personnes s'étaient rassemblées en milieu de matinée devant la préfecture avant de défiler dans le centre historique de la cité catalane, ont constaté des journalistes de l'AFP. En début d'après-midi, un défilé plus important, estimé à 1.200 personnes selon la préfecture, a parcouru la ville.

"C'est donc ça, la démocratie en France", pouvait-on lire sur une pancarte tenue par une jeune femme.

Une autre manifestante tenait un carton sur lequel elle avait écrit: "Non à la vaccination obligatoire. La liberté vaccinale est un droit. Ne touchez pas à nos enfants".

Plusieurs personnes arboraient des étoiles jaunes sur leur T-shirt et portaient des pancartes faisant un parallèle entre la traque des juifs et celle, selon eux, contre les opposants aux vaccins.

Un manifestant en treillis, particulièrement énervé, s'en est pris verbalement à deux journalistes de l'AFP. "Pourquoi vous mentez, les journalistes? Pourquoi vous le dites pas qu'on est en dictature? Vous êtes complices!", a-t-il lancé, avant de menacer de leur "péter la gueule" si elles ne quittaient pas les lieux.

Perpignan © AFP

Frontalier de l'Espagne et très touristique, le département des Pyrénées-Orientales enregistre une explosion fulgurante des cas de Covid-19 et, avec plus de 250 cas pour 100.000 habitants, détient le taux d'incidence le plus élevé de métropole.

A Dijon, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et la circulation des tramways a été brièvement interrompue par des manifestants scandant "Liberté ! Liberté !".

Des défilés sont annoncés dans d'autres villes dans l'après-midi, comme à Montpellier et Lyon où neuf personnes ont été interpellées. Le rassemblement, qui a réuni 900 personnes selon les autorités, n'a jamais vraiment pu quitter la place Jean-Macé (7ème arrondissement) où certains organisateurs avaient appelé à se rassembler pacifiquement en début d'après-midi.

Contenu par un important dispositif policier, certains manifestants ont tenté de s'extraire pour rejoindre la prequ'île de la ville et ses artères commerçantes.

Des membres des forces de l'ordre ont reçu des projectiles, dont des bouteilles en verre, et ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, rapporte les autorités. Six policiers et gendarmes ont été légèrement blessés.

Quelques centaines de manifestants (300 selon la préfecture) ont ensuite convergé vers la place Bellecour où des échauffourées ont eu lieu avec les CRS.

La situation est revenue à la normale vers 18H00 sur la place un temps noyée sous les gaz et où se croisaient manifestants et consommateurs arpentant les boutiques de ce quartier commerçant.

"Ce n'est pas que l'on pense que la Terre est plate mais on ne connaît pas les effets à long terme de ces vaccins bricolés à la va-vite que Macron veut nous imposer", résume Rita, une aide-soignante de 39 ans, croisée dans le cortège à Montpellier où, selon la préfecture, 5.500 personnes ont manifesté.

Sur le Vieux Port de Marseille, ils étaient environ 4.250 selon la préfecture de police, pointant "les moutons" qui se font vacciner et les "mauvaises informations" données selon eux à la télévision.

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A Nice, environ 1.600 manifestants, gilets-jaunes, opposants au pass sanitaire, au vaccin obligatoire ou à la vaccination en général, ont arpenté le centre-ville.

Dans la moitié ouest, la mobilisation semblait un peu moindre. A Bordeaux, la préfecture, qui avait pris une interdiction de manifester en centre ville, a dénombré 1.200 personnes ; les manifestants bloquant à certains endroits la circulation des trams et des voitures.

A Toulouse, la préfecture a dénombré 2.500 manifestants, tout comme à Metz, dont quelques gilets jaunes et blouses blanches sur les épaules.

"Non au pass nazitaire", "fausse pandémie, vraie dictature", "Pays de Pasteur, pas de passepeur" ou "Je ne suis pas un QR code", pouvait-on lire sur les pancartes du cortège.

Ils étaient également 2.000 à Rennes, selon les médias locaux et 2.500 à Nantes, où quelques tirs de grenades lacrymogènes ont eu lieu en fin de manifestation devant la préfecture, selon un photographe de l'AFP.

A Lille, entre 1.500 et 2.000 personnes - 900 selon la préfecture du Nord - ont défilé parmi lesquels des "gilets jaunes" mais aussi le président de l'Union populaire républicaine (UPR) François Asselineau.

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A Strasbourg, la manifestation a rassemblé 2.800 personnes (préfecture), où quelques personnes portaient une étoile jaune. A Nancy, ils étaient 1.200, 900 à Lyon, selon la préfecture.