Cela fait déjà deux semaines que le militaire extrémiste Jürgen Conings est en cavale. En même temps, la France a connu une chasse à l’homme qui, en de nombreux points, offrait des similitudes scénaristiques avec le cas belge.

On a face à nous un individu aguerri, endurant, qui a l’habitude de vivre pendant plusieurs jours en autonomie”, avait décrit le général André Pétillot, commandant de la région de gendarmerie de Nouvelle Aquitaine. “Dans sa formation militaire, il a pu rester plusieurs semaines sur le terrain. C’est quelqu‘un qui est capable de résister longtemps, qui s’est peut-être préparé. Il avait un sac, on peut imaginer qu’il avait préparé un certain nombre de choses à l’intérieur.

Terry Dupin était traqué depuis ce dimanche. Cet ancien militaire était lourdement armé, d’une carabine de chasse, une Winchester de calibre 30-30 dont il a fait usage à plusieurs reprises dans sa fuite contre les forces de l’ordre, endommageant gravement des véhicules de la gendarmerie. Il s’était réfugié dans une forêt cernée par les forces de l’ordre au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne).

Les deux cas divergent toutefois au moins sur ce point : Terry Dupin n’est a priori ni un extrémiste de droite ni un terroriste potentiel, contrairement à Jurgen Conings. L’homme, déjà condamné quatre fois pour des violences conjugales sur son ex-compagne, mère de ses trois enfants, s’est présenté, dans la nuit de samedi à dimanche, au domicile de cette dernière. Il a commis des violences sur celle-ci et tiré sur son nouveau compagnon, sans l’atteindre, avant de prendre la fuite.

Depuis dimanche, les GIGN de Toulouse et de Satory, en région parisienne, et plus de 300 gendarmes ainsi que des équipes cynophiles, appuyés par au moins sept engins blindés et sept hélicoptères, tentaient de débusquer Terry Dupin, 29 ans, réfugié dans une zone escarpée, pierreuse et boisée, difficile d’accès, d’environ 4 km2.

Terry Dupin a été arrêté ce lundi et lourdement blessé par un tir de risposte. “Lors de son arrestation, il a ouvert le feu à plusieurs reprises sur les hommes du GIGN”, a ajouté le général Pétillot. “Il était toujours dans la logique suicidaire” et se trouvait en “bordure” de la zone de recherches.

L’homme qui a permis aux gendarmes de localiser le tireur en fuite a témoigné au micro de LCI. “Sur la route de Bouillac, en direction de Terasson, à 300 mètres, j’ai vu une personne arrivant déterminée avec une grosse arme. Sur le moment, je n’avais pas compris que c’était la personne recherchée. Je l’ai vu courir, traverser la route principale où les gendarmes étaient positionnés. J’ai tout de suite fait demi-tour et prévenu la patrouille qui était à côté pour prévenir que c’était l’individu recherché. Il avait créé tout ce ‘bordel’alors qu’il était en train de marcher à pied sur une route où tout le monde circule”, pointe-t-il.

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