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En prison, Salah Abdeslam se montre sujet aux sautes d’humeur et est coutumier d’agressions verbales.

Le quotidien français Le Parisien a dévoilé les conditions de vie de Salah Abdeslam en prison.

Le 7 juin dernier, le dernier assaillant encore en vie des attentats de Paris est convoqué par le juge en charge de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 131 morts. Pour l’occasion, les enquêteurs belges ont fait le déplacement. Cet interrogatoire, le douzième, est son ultime audition. L’instruction doit en effet se terminer à la mi-octobre. “Je garde le silence”, déclare inlassablement Abdeslam.

Le suspect n’est pas toujours resté silencieux. Ainsi, le 28 juin 2018, il exige d’effectuer une “déclaration spontanée”. Après avoir rappelé son allégeance à Dieu, l’islamiste se lance dans une diatribe contre “ce gouvernement” qui, selon lui” assassine injustement et froidement des femmes et des enfants, que ce soit au Moyen-Orient ou en Afrique”.

Dimanche dernier, Salah Abdeslam, a fêté ses 30 ans à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Il est incarcéré depuis trois ans et demi. En détention, il reçoit des lettres d’au moins quatre femmes, dont l’une domiciliée à Düsseldorf. Des courriers qui témoignent du "charisme gagné par Salah Abdeslam auprès d'une communauté islamiste radicale féminine" qui le voit "tantôt comme une victime du système judiciaire, tantôt comme un homme pieux dépassé par les événements", selon un rapport des policiers de la DGSI.

Le détenu se montre souvent sujet aux sautes d’humeur et est coutumier d’agressions verbales envers le personnel. Le 7 septembre 2018, une altercation l’oppose à un gardien lors de la distribution du repas du soir. “Pourquoi tu me regardes comme ça, espèce de minus ?”, aurait lâché Salah Abdeslam.

Trois mois plus tard, le 18 décembre 2018, il profère des injures racistes contre un surveillant, noir de peau, qui l’intimait de relever son jogging : “Je ne parle pas aux singes”, s’emporte Abdeslam.

Le Molenbeekois vit dans des conditions carcérales très dures, dans un isolement quasi-total, sous la surveillance constante de caméras. Le 6 avril 2018, le djihadiste dénonce ses conditions de vie : “Il faut que cela cesse […] Je suis Abdeslam Salah. Je ne représente pas un danger. Je vous demande de me libérer en attendant mon procès”.

Et de conclure : “J’ai juste une chose à ajouter, je pense que je ne suis pas un lâche, mais je pense que vous l’êtes”.