Le paisible parc avec ses allées, son petit parc d'attractions, ses pavillons et ses scènes, sa grande roue et son petit train, est réputé comme étant l'un des plus beaux du pays. Il a été touché par une cinquantaine d'obus en mars, avril et mai.

La justice s'est saisie de l'affaire pour s'assurer que le parc pouvait ouvrir sans que le public soit en danger, mais surtout pour déterminer s'il y a eu crime de guerre.

Même s'il n'y pas eu de victimes, "frapper des objectifs civils, une infrastructure culturelle, essayer de tuer des civils et de détruire un héritage culturel, sont considérés comme des crimes de guerre", explique Roman Petrenko, pour qui il n'y pas de doute.

"Une erreur ça peut se produire une fois ou deux, mais là il y a 56 impacts recensés pour le moment. Ce n'est pas un accident. Ils visaient le parc", accuse-t-il.

Accompagnés d'une équipe de démineurs, d'assistants, d'huissiers et d'ouvriers, le procureur recense chaque cratère, fait déterrer les munitions après une inspection des démineurs pour ensuite les photographier, les répertorier, déterminer l'angle de tir et la provenance du projectile.

Les obus ont notamment touché un petit théâtre ou encore une sorte de restaurant fermé. Plus spectaculaire, à plusieurs endroits, les shrapnels ont atteint et traversé des sculptures en bronze d'enfants placés un peu partout dans le parc.

Deux démineurs américains de l'ONG Bomb Techs Without Borders (Démineurs sans Frontières) conseillent leurs homologues ukrainiens.

Pour John Culp, militaire américain retraité, il n'y a pas de doute non plus: "Nous sommes au parc Gorki (...) avec ses chemins, ses scènes, etc. Nous enquêtons sur le fait que de nombreuses roquettes et de nombreux obus ont été tirés dans le parc et à côté. Il n'y a pas d'objectif militaire ici. Cela a été fait sciemment pour provoquer de la terreur et de la peur au sein de la population civile".

Attaquée dès les premières heures de l'invasion russe le 24 février car située près de la frontière, Kharkiv a essuyé des semaines de bombardements meurtriers, avant que les troupes ukrainiennes ne regagnent du terrain.

Si l'étau russe s'est desserré autour de cette cité de 1,4 million d'habitants avant la guerre, elle reste sous menace permanente.