Jusque-là presque méconnue du grand public, la petite ville italienne de Bergame est devenue tristement célèbre durant la première vague de l' épidémie de coronavirus. Avec plus de 6.000 morts, Bergame est la ville européenne qui a payé le plus lourd tribut face à la maladie. Les images des cercueils entassés et des convois funéraires ont en effet fait le tour du monde.

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Mais alors que la seconde vague touche sévèrement le reste de l'Italie, cette ville de Lombardie semble relativement épargnée par le nombre de nouveaux cas. Selon le journal italien Il Fatto Quotidiano, le total des contaminations à Bergame n’avait augmenté que de 6,9% entre le 2 et le 23 octobre, alors que Milan constatait une augmentation bien plus importante (60,7%) sur la même période. A l'inverse de Bergame, la ville de Milan avait, elle, été plus épargnée lors de la première vague.

Immunité collective?

Certains scientifiques ont alors rapidement proposé une explication à ce phénomène: et si Bergame avait atteint l'immunité collective?

Pour rappel, l'immunité collective est atteinte lorsque 60 à 70% de la population a déjà contracté le virus, et a donc créé des anticorps suffisamment efficaces pour éviter une nouvelle contamination. Le virus ne se propage alors que très peu, voire plus du tout, au sein de la population.

L'hypothèse de l'immunité collective à Bergame pourrait être pertinente, car le 9 juin dernier, la moitié de la ville avait déjà contracté la maladie. "Une partie significative de la population, près de 50%, a déjà été en contact avec le virus", avait déclaré le maire de la ville Giorgio Gori à l'époque.

La peur a-t-elle joué un rôle?

Mais le faible cas de contaminations à Bergame pourrait également s'expliquer par une autre donnée. Les habitants de la ville ont été fortement traumatisés par la première vague: bon nombre d'entre eux ont perdu des proches, ou ont eux-mêmes été sévèrement touchés, voire même hospitalisés. Le traumatisme de revivre un tel épisode pourrait conduire les résidents à employer davantage de prudence lors de leurs déplacements, et à suivre scrupuleusement les règles sanitaires en vigueur.

Quoi qu'il en soit, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions hâtives. De nombreuses études devront être conduites pour confirmer ou infirmer ces hypothèses dans le futur.