La dégringolada. Alors qu'il caracolait dans les sondages jusqu'à 18%-19% d'intentions de vote à l'automne 2021, au plus haut de sa forme, l'ex-polémiste Eric Zemmour (Reconquête!) n'a recueilli finalement que 7,2% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle française. Un score honorable pour une première candidature, mais décevant au regard des espoirs exprimés par le candidat lui-même. Les Français se sont manifestement détournés de ses positions radicales et de ses postures sur le conflit russo-ukrainien ainsi que l'accueil des réfugiés de la guerre.

Avant que le candidat de 63 ans ne prenne la parole, Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen et soutien d'Eric Zemmour, n'a pas caché sa déception. "Nous n'allons pas faire semblant de ne pas être déçus", a-t-elle noté, placide. "Sa victoire, toutefois, c'est d'avoir posé la question civilisationnelle". Marion Maréchal a également souligné que son candidat était parvenu à "fragiliser le cordon sanitaire", détaillant que cette incursion dans la politique était une première étape, celle d'un "cheminement" qui se poursuivra dans les "semaines et les mois à venir"

Enfin, concernant le second tour, les choses ont le mérite d'être claires dans l'autre camp de l'extrême droite: "Eric Zemmour, Reconquête! et moi-même appelons à voter pour Marine Le Pen."

"Je veux faire une promesse : je continuerai !"

Vers 20h50, Eric Zemmour a finalement pris la parole. Remerciant les "2 millions" de Français qui ont voté pour "un homme parti de rien, qui n'était pas un politicien", il a vu en ces voix "le cri d'un peuple qui ne veut pas mourir". "Votre voix ne pourra plus jamais être négligée, quelle que soit l'issue du second tour. Tout le monde comprendra que nos idées valent plus que notre score d'aujourd'hui."

Au moment de pointer les raisons de son échec, Zemmour a évoqué "peut-être", "l'absence de campagne", "l'absence de débat", "le contexte international", "ma propre personne",  avant de se faire contredire par ses militants. Eric Zemmour a assumé "toutes ses erreurs", attribuant ses succès à son équipe. Il s'est dit fier "de ne jamais avoir travesti ma pensée durant cette campagne". 

Eric Zemmour a enfin promis, s'appuyant sur la "puissance"  et "l'expérience" gagnées par Reconquête! : "Je ne m'arrêterai pas là. Pas tant que la France ne sera pas reconquise. Je suis déterminé à poursuivre le combat, avec tous ceux qui nous rejoindront encore."

Concernant le second tour, malgré ses désaccords avec Marine Le Pen, Eric Zemmour a appellé ses électeurs à voter pour Marine Le Pen. "Il y a face à elle un homme qui n'a pas parlé un instant d'identité et a fait entrer 2 millions d'immigrés. Je ne me tromperai pas d'adversaire".