L'explosion, causée par un incendie, le 4 août de plusieurs centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées depuis six ans dans un entrepôt du port de la capitale libanaise a également fait plus de 6.500 blessés et a dévasté des quartiers entiers de la ville.

La cargaison avait été saisie en novembre 2013 sur un bateau battant pavillon moldave, parti de Géorgie à destination du Mozambique. Le "Rhosus" avait accosté à Beyrouth en raison de "problèmes techniques", selon le cabinet d'avocats libanais Baroudi & Associates, qui représente l'équipage du bateau.

Les autorités portuaires ont déchargé 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium et les ont stockées dans un entrepôt délabré aux murs fissurés, selon des responsables libanais, tandis que le "Rhosus" --immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire-- a fini par couler au port de Beyrouth en 2018.

Le juge "Fadi Sawan a émis deux mandats d'arrêt contre le propriétaire du Rhosus (...) ainsi que contre le capitaine du bateau", a indiqué la source judiciaire, sans préciser leurs identités.

"Il les a transmis au procureur, qui les a communiqués à Interpol en lui demandant d'émettre un avis international pour leur arrestation", a-t-elle poursuivi, précisant que cette décision intervenait un mois après le déplacement d'une délégation libanaise pour parler avec le propriétaire à Chypre où il réside.

Selon une enquête menée par le Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), un consortium de journalistes d'investigations, le propriétaire du "Rhosus" était Charalambos Manoli, un magnat du transport maritime chypriote. Ce qu'il nie.

La police chypriote a indiqué deux jours après l'explosion avoir interrogé Igor Gretchouchkine, un Russe habitant à Chypre, à la demande des autorités libanaises. Plusieurs médias avaient indiqué qu'il avait loué le "Rhosus".

Le capitaine du navire a été identifié dans la presse comme étant Boris Prokochev, un citoyen russe.

Le Liban a refusé l'ouverture d'une enquête internationale au sujet de l'explosion mais des experts étrangers, notamment américains et français, contribuent à l'enquête libanaise. A ce stade 25 personnes ont été arrêtées, dont de hauts responsables des autorités portuaires et douanières.