Un dépôt de munitions a explosé ce matin à Brazaville, le bilan est très lourd

BRAZAVILLE Plus d'une centaine de personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées, et de nombreuses maisons détruites dans une série d'explosions dimanche dans un dépôt de munitions à Brazzaville, la capitale du Congo, ont indiqué les autorités congolaises.

"Il y a plus de 100 morts et plusieurs centaines de blessés", a déclaré à la télévision nationale le porte-parole du gouvernement, Bienvenu Okiemy, confirmant des chiffres donnés à l'AFP par le ministre de l'Intérieur.

Cinq explosions très fortes et espacées se sont produites entre 08H00 locales (07H00 GMT) et 10H45, qui ont même secoué et fait des dégats matériels à Kinshasa, la capitale de la RD Congo voisine, séparée de Brazzaville par le fleuve Congo.

Un incendie dans deux magasins de munitions d'un dépôt de la caserne du régiment blindé au quartier Mpila, dans l'est de la ville, serait à l'origine de l'accident, ont indiqué à l'AFP des militaires sous couvert d'anonymat.
Des détonations plus légères et à intervalles irréguliers ont été perceptibles jusqu'en début d'après-midi.

Des militaires du régiment de blindés figurent parmi les victimes.
De nombreuses maisons ont été rasées par le souffle de l'explosion, des vitres ont volé en éclats, des toitures ont été éventrées et des portes défoncées, a constaté un journalisete de l'AFP.

Des logements et bâtiments ont été touchés jusqu'au centre-ville.
Le chapelet de déflagrations a provoqué des mouvements de panique, rappelant aux habitants de la ville le temps de la guerre civile il y a une dizaine d'années.

Des gens ont fui "avec leurs bagages sur la tête, pieds nus, certains à peine habillés. Il n'y a pas de circulation, pas de bus, pas de taxi", a témoigné en fin de matinée une habitante.

Le chef de l'Etat congolais Denis Sassou Nguesso, qui s'est rendu sur les lieux du sinistre, a annoncé une "enquête pour savoir ce qui s'est passé exactement", a-t-il déclaré à la télévision nationale.

"Je vais rassembler le gouvernement pour examiner cette situation. Le gouvernement, en pareilles circonstances doit être uni et soutenir les familles affectées. On va aider tout le monde, notamment les blessés. Nous allons demander aux pharmaciens et aux médecins de s'occuper d'eux", a ajouté le président.

Le porte-parole du gouvernement a appelé les Brazzavillois "à se rendre dans les hôpitaux pour faire des dons de sang". "Le quartier de Mpila est aujourd'hui sinistré: les maisons y ont été cassées et même nos citoyens militaires qui se trouvaient dans le camp sont morts".

Dans l'après-midi, une source diplomatique européenne à Brazzaville interrogé par l'AFP depuis Paris avait donné un bilan d'"au moins 150 morts dans les hôpitaux militaires et environ 1.500 blessés dans un état plus ou moins grave".

Le trafic des passagers sur le fleuve entre Kinshasa et Brazzaville a été suspendu jusqu'à lundi, selon une source au port de Kinshasa.

Les explosions ont provoqué des dégâts jusque dans la capitale de la RDC: bâtiments endommagés, vitres soufflées, a constaté l'AFP.

Les détonations ont créé un court mouvement de panique, surtout dans le quartier de la présidence et de la résidence présidentielle, qui fait face à Brazzaville.



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