Le milliardaire américain Donald Trump, en tête des sondages des primaires républicaines pour la Maison Blanche, a proposé de ficher les musulmans présents aux Etats-Unis, des propos condamnés par Hillary Clinton et Jeb Bush. "Il faut qu'ils le soient, il le faut", a-t-il répondu jeudi à un journaliste de NBC qui lui demandait s'il était favorable à ce que les musulmans soient obligés de s'enregistrer, confirmant des propos tenus à Yahoo News. "Il faut beaucoup de systèmes, au-delà des bases de données", a dit Donald Trump. "Je mettrais cela en place, absolument".

Restant flou comme à son habitude dans ses réponses, il a ensuite dit: "la clé est que les gens peuvent venir dans le pays, mais ils doivent venir légalement".

Relancé par le journaliste qui lui demandait de comparer sa proposition avec l'enregistrement des Juifs en Allemagne nazie, l'homme d'affaires a éludé en répétant: "A vous de me le dire".

"C'est une rhétorique choquante", a réagi vendredi la favorite de l'investiture démocrate Hillary Clinton sur Twitter. "Tous ceux qui cherchent à diriger ce pays doivent le dénoncer".


L'extrême droite veut emprisonner les djihadistes sur une île

Le chef de l'extrême droite autrichienne a suggéré vendredi que les Européens emprisonnent sur une île les jihadistes condamnés par la justice, et pourquoi pas à Lampedusa en Italie ou sur une île grecque.

Selon Heinz-Christian Strache, chef du parti FPÖ en progression dans les urnes, cette île prison pourrait être sous administration de l'UE, "voire dotée d'une administration propre". Lors d'une conférence de presse à Vienne, il a refusé cependant la comparaison avec la prison de Guantánamo installée sur une base navale américaine dans le sud-est de Cuba.

Une "île grecque" ou celle de Lampedusa en Italie, destination de nombreuses barques de migrants et réfugiés traversant la Méditerranée, pourrait accueillir cette "prison de haute-sécurité" destinée à prévenir le risque de radicalisation des autres détenus, a-t-il proposé.

"Il est grand temps que notre gouvernement et que l'UE agissent contre la terreur islamiste en appliquant les lois existantes et en protégeant les frontières", a ajouté M. Strache.

Les récents sondages placent le FPÖ, qui fut dirigé jusqu'en 2000 par Jörg Haider, en tête des intentions de vote au niveau national, même si les prochaines élections législatives n'auront lieu qu'en 2018.


Jean-Marie Le Pen veut décapiter les jihadistes

"Décapitation des terroristes", musulmans qui ne peuvent pas être au même "rang" que le catholicisme en France : deux membres de la famille Le Pen, emblématique de l'extrême droite française, ont fait assaut de déclarations controversées vendredi, une semaine après les attentats de Paris.

Exclu cet été du Front national (FN), le parti qu'il a fondé en 1972 et que dirige aujourd'hui sa fille Marine, le "patriarche" Jean-Marie Le Pen, 87 ans, a proposé de "rétablir pour les terroristes la peine de mort avec décapitation, comme le fait Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique)".

Sa petite-fille âgée de 25 ans, Marion Maréchal-Le Pen, députée depuis 2012 et benjamine de l'Assemblée nationale, juge pour sa part que les musulmans "ne peuvent avoir exactement le même rang que la religion catholique" en France.

"Il faut affirmer les principes fondamentaux de légitime défense et de préférence nationale", a défendu Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse, appelant aussi pêle-mêle à "supprimer la double nationalité", "supprimer le droit du sol", "expulser les clandestins".

Dans une interview à un quotidien d'extrême droite à paraître samedi, Marion Maréchal-Le Pen a estimé de son côté qu'"il faut accepter de définir et de revendiquer quel est notre héritage et quelle est notre identité".

"Ça passe par l'affirmation de notre héritage gréco-romain et chrétien. Il faut dire que la France est une terre culturellement et très longtemps spirituellement chrétienne", a-t-elle déclaré.

"Dans ces conditions, si des Français peuvent être musulmans et exercer leur foi, il faut qu'ils acceptent de le faire sur une terre qui est culturellement chrétienne. Ça implique aujourd'hui qu'ils ne peuvent pas avoir exactement le même rang que la religion catholique", a-t-elle fait valoir.

Après plusieurs succès électoraux en France, le Front national pourrait début décembre gagner plusieurs régions lors d'un scrutin qui sera le dernier test électoral avant la présidentielle de 2017, moins d'un mois après les attentats jihadistes qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris.