L’objectif avait été clairement annoncé, réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre en Europe, par rapport à 1990. La Commission européenne a dévoilé son arsenal d’"instruments législatifs" pour atteindre son but. On y retrouve une panoplie de mesures : déploiement des énergies renouvelables, réforme du marché du carbone, carburant plus propre pour l’aviation, plantations de trois milliards d’arbres d’ici 2030, ou encore taxes carbone sur les importations…

L’une des mesures phare de ce Pacte vert est l’élargissement du marché du carbone européen à de nouvelles entreprises. Actuellement, certaines entreprises doivent acheter des quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS) - des permis de polluer, autrement dit - pour pouvoir fonctionner. Certaines s’en font même offrir, comme le secteur aérien. La Commission souhaite, dans un premier temps, réduire le nombre d’ETS vendu ou donné aux entreprises mais aussi, dans un second temps, les imposer de façon progressive à de nouveaux secteurs, d’ici 2026. Sont visés notamment, le transport routier et le chauffage des bâtiments.

Pour l’année 2019, en Wallonie, les transports représentaient par exemple 24 % des émissions et le chauffage, 4 %, soit presque autant que l’industrie, détaille l’IWEPS.

Cependant, ces nouvelles obligations risquent bien d’impacter le porte-monnaie des ménages européens. Les ONG craignent, qu’à la fin, ce soit le consommateur qui paye ce nouveau pôle de dépense des entreprises.

D’après des calculs du think-tank ERCST, spécialisé dans la transition écologique durable européenne, on pourrait voir une augmentation annuelle des dépenses des foyers de 50 % pour les transports, et de 44 % pour le chauffage.

Autre mesure annoncée, l’interdiction des ventes de voitures à essence et à diesel d’ici 2035, au profit de la voiture électrique.

Le rapport préconise d’ailleurs l’installation de bornes de chargements tous les 60 kilomètres.

Une décision qui ne devrait pas poser trop de problèmes à Bruxelles, où les voitures à diesels devraient être bannies d’ici 2030 et celles à essences d’ici 2035.

Bien qu’à la Commission, on se félicite d’être "le tout premier continent à présenter une architecture verte complète", certains s’inquiètent de l’impact social de telles mesures.

Notamment concernant le chauffage des bâtiments qui risque d’impacter en priorité les locataires, et les ménages n’ayant pas les moyens de faire des travaux de rénovation. Pour le carburant, certains redoutent aussi des mouvements sociaux, comme celui des Gilets jaunes, qui était né après l’augmentation du prix du carburant en France.

Du côté de l’Europe, on promet une "transition socialement équitable" avec la mise en place d’un "fonds social pour le climat" à hauteur de 72,2 milliards d’euros. Ce dernier devra servir à financer les investissements dans la rénovation ou encore de nouveaux systèmes de chauffage.