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"Le gouvernement a ordonné à Tepco de ne pas recommencer"


OSAKA L'annonce erronée par l'exploitant Tepco d'un niveau de radioactivité "10 millions de fois plus élevé" que la normale dans de l'eau échappée de la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est), est "inacceptable", a jugé lundi le porte-parole du gouvernement japonais.

"Même si la fatigue des personnes qui travaillent sur le site peut concourir à expliquer (cette erreur), sachant que la surveillance de la radioactivité est une condition majeure pour assurer la sécurité, ce type d'erreur est absolument inacceptable", a déclaré Yukio Edano, porte-parole du gouvernement.

"Le gouvernement a ordonné à Tepco de ne pas recommencer", a-t-il ajouté.

Tokyo Electric Power (Tepco) a convoqué d'urgence dimanche soir une conférence de presse après que le nombre de "10 millions" eut été repris en boucle par les médias japonais et du monde entier, alimentant encore davantage la psychose concernant le site accidenté.

Le vice-président de Tepco, Sakae Muto, a expliqué que des éléments radioactifs avaient été confondus au cours d'analyses sur les échantillons prélevés dans la nappe échappée du réacteur 2.


Tepco a demandé l'appui d'EDF, Areva et du CEA


Tepco a demandé "l'appui" de groupes industriels publics français pour faire face à la crise sur ce site, a déclaré lundi le ministre français de l'Industrie, Eric Besson, pour qui la situation est "critique".

"Tepco, pour la première fois, je m'en réjouis (...), a demandé l'appui des industriels français concernés, en la circonstance EDF, Areva et le CEA (Commissariat à l'énergie atomique, ndlr). C'est une bonne nouvelle qu'ils le fassent", a déclaré le ministre sur RTL.

Interrogés par l'AFP, ni EDF, ni Areva, n'étaient en mesure de préciser dans l'immédiat la nature exacte de cet appui, qui n'a pas été détaillé non plus par le ministre.

EDF avait déjà annoncé le 18 mars que ces trois groupes devaient envoyer au Japon la semaine dernière 130 tonnes de matériel spécialisé, dont des robots capables d'intervenir à la place de l'homme en cas d'accident nucléaire. Mais la demande de Tepco est indépendante de cet envoi, a précisé un porte-parole du ministre

M. Besson a jugé que la situation sur place, où des fuites radioactives ont été relevées, était "extrêmement critique".

"On a du mal à savoir quelle est très exactement la situation", a déclaré le ministre, qui a ajouté que "quand il y aura le retour d'expérience" des groupes français, "on en saura plus".

Une très forte radioactivité a été mesurée dimanche dans une nappe d'eau échappée du réacteur 2 de la centrale, qui est située sur la côte nord-est du Japon, face à l'océan Pacifique, zone touchée par le séisme et le tsunami qui ont frappé le pays le 11 mars, faisant plus de 10.000 morts et plus de 16.000 disparus.


Iode radioactif 1.150 fois au-dessus de la norme en mer


Un taux d'iode radioactif 1.150 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l'eau de mer prélevée à trente mètres seulement des réacteurs 5 et 6 de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon), a annoncé lundi l'Agence de sûreté nucléaire.

Jusqu'à présent, les tests étaient pratiqués au sud de la centrale Fukushima Daiichi (N°1), à la sortie des réacteurs 1 à 4, les plus endommagés, où le taux d'iode 131 était dimanche à un niveau près de 2.000 fois supérieur à la normale.

Les réacteurs 5 et 6, qui étaient arrêtés pour un service de maintenance au moment du séisme et du tsunami du 11 mars, n'ont pas subi de dégâts majeurs et leur système de refroidissement a pu être reconnecté à l'alimentation électrique.

Le porte-parole de l'Agence, Hidehiko Nishiyama, a précisé que les tests avaient été réalisés par la compagnie d'électricité gérant le site, Tokyo Electric Power (Tepco), à partir d'eau prélevée à proximité de ces deux réacteurs, construits dans la partie nord de la centrale, à environ 1,5 km des quatre premières tranches.

"Un taux d'iode 131 a été détecté à un niveau 1.150 fois supérieur à la limite légale dans l'eau de mer prélevée près des réacteurs 5 et 6", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Selon Tepco et l'Agence de sûreté nucléaire, la radioactivité relâchée dans la mer se dilue avec les marées et le risque sur les algues et les animaux marins n'est pas important.

L'iode radioactif se réduit de moitié tous les huit jours.

La centrale, située à 250 km au nord-est de Tokyo, a été gravement endommagée par le séisme et le tsunami. Les systèmes de refroidissements de quatre réacteurs sont depuis en panne, entraînant de multiples incidents et des rejets radioactifs.


© La Dernière Heure 2011