Monde Geert Supré, la victime belge, était âgé de 56 ans.

La famille de l’homme d’affaires belge décédé dans la catastrophe était bien évidemment sous le choc hier soir. "Jamais nous n’aurions pensé que les nombreux voyages que papa consacrait à sa carrière allaient se terminer de cette façon", soupire Karel, le fils aîné de Geert Supré.

Dans la maison familiale, au centre de Watervliet, en Flandre orientale, les parents du disparu, Godelieve et Carlos, ses enfants Sophie, 21 ans, Kasper, 23 ans et Karel, 25 ans, cherchaient hier à se réconforter mutuellement en compagnie de leur mère Kristel.

Jamais ils n’auraient imaginé que cet homme d’affaires à succès soit arraché ainsi à leur affection.

"Cela paraît à présent un détail banal mais je me souviendrai toujours que papa, juste avant son départ, avait encore taillé la haie, raconte Karel. ‘Comme ça, on aura un beau jardin où toute la famille pourra profiter du beau temps qui arrive’, a-t-il dit. Dans deux mois, quand la haie sera de nouveau trop haute, ce sera à moi de la tailler, comme mon papa le faisait toujours."

Abattu mais fier , Karel décrit son père qui occupait une fonction internationale chez Vanguard Logistics Services, une entreprise de transport d’envergure mondiale qui possède un département dans le port d’Anvers. "Papa était mon exemple. Comme pour nous tous d’ailleurs. Il avait réalisé une si belle carrière que je peux seulement rêver d’en faire autant."

"Même s’il voyageait beaucoup, il avait toujours un lien très fort avec nous. C’était une crème de papa."

Mercredi, l’homme d’affaires est parti à Paris où il est arrivé vers 17 h. Après avoir enregistré son bagage, il a pris la direction de son avion où il occupait le fauteuil 26K.

À 23 h 21, l’avion a décollé pour se poser quelques heures plus tard dans la capitale cairote. Mais il n’y est jamais arrivé.

Un collègue de Supré était déjà parti là-bas quelques jours auparavant et ils avaient ensemble quelques rendez-vous importants à leur agenda. "Papa voyageait tout le temps et il ne faisait pas attention d’où il partait, que ce soit Bruxelles, Londres, Amsterdam ou Düsseldorf. Il allait partout pour son travail. Nous n’aurions jamais imaginé que cela allait lui coûter la vie."

À côté de l’homme d’affaires qui motivait ses enfants à aller loin dans la vie, Supré était aussi bien connu dans son village. "Il préférait rester dans l’ombre mais si quelqu’un avait besoin de lui, il répondait présent", raconte Karel dont la famille se prépare à une période douloureuse. "Il faudra du temps pour surmonter le choc. Mon frère et ma sœur sont en période de blocus. Avant qu’il ne parte, ma sœur avait encore dit à mon père qu’elle allait l’étonner avec un parcours sans faute. Elle ne pourra plus lui faire ce cadeau."