Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo à la chambre, était dans les studios de DH Radio ce matin. Il est revenu sur la guerre lancée par Poutine sur le sol ukrainien et les accointances du chef du Kremlin avec les partis belges et européens.

Des centaines de cadavres sont découverts tous les jours en Ukraine. Les Européens constatent les massacres dans leurs médias. Les dirigeants de l'Union vont-ils qualifier ce massacre de "génocide" ? "C'est très grave ce qui se passe en Ukraine", approuve le député belge. "On reçoit des images dramatiques, il y a très clairement des crimes de guerre et des enquêtes sont en cours. Il faut enclencher un processus, qui existe, pour décider si on applique le mot 'génocide'. Le génocide c'est le terme le plus grave. On n'hésitera pas à le faire, mais d'abord il faut récolter les preuves."


Emmanuel Macron et Olaf Scholz estiment eux qu'il ne faut pas une escalade des mots trop rapide. "Il faut rester prudent certes et voir jusqu'où on doit aller, mais il faut un travail précis sur le terrain pour qualifier correctement ces actes", estime Gilles Vanden Burre qui plaide pour une accélération du tempo des sanctions. "On voit les horreurs et ce sont avec des sanctions qu'on peut faire mal à la Russie", estime l'écologiste.

Quelles sanctions ? Un embargo sur le pétrole ? "Le plus rapidement possible. D'ici l'hiver prochain, le Premier ministre souhaite sortir des énergies importées de Russie (gaz, pétrole, uranium et autres énergies) à minima de deux tiers. On le soutient et si on peut faire mieux, on fera mieux."


Vladimir Poutine a pourtant encore des partis dont il est proche en Belgique. "On sait que les Russes soutiennent les partis populistes d'extrême droite", rappelle Gilles Vanden Burre. "On sait que la Russie soutient le Belang en Belgique, parti d'extrême droite raciste. Peut-on interdire de tel parti ? Je ne pense pas que ce soit nécessaire, mais il faut le dénoncer le plus fort possible."



Les élections françaises 

"Le climat est le grand absent de cette campagne présidentielle française", pointe le chef de groupe. "On est à moins de 5% du temps de débat. Alors évidemment, il y a d'autres sujets comme le pouvoir d'achat ou la guerre en Ukraine, mais le climat était le grand absent. On retrouve toutefois une vraie vision écologiste dans le programme de Jean-Luc Mélenchon", reconnaît le politique belge. Est-il inquiet pour les engagements européens, pour l'accord de Paris avec l'affiche du second tour de cette présidentielle ? "L'urgence elle est là. Il faut agir encore plus fort dans un délai encore plus court. Je regrette évidemment que les programmes des deux candidats qui peuvent devenir président ou présidente soient aussi insuffisants au niveau écologique. Je souhaite sincèrement que ce ne soit pas Marine Le Pen qui soit élue car elle représente une vision de haine et de clivage de la société. Mais d'un point de vue écologique, le programme de Macron est aussi insuffisant, tout comme son bilan sur cinq ans", analyse l'Ecolo. 

Pour lui, "l'élection présidentielle française est un moment très particulier de démocratie. C'est extrêmement polarisé sur les personnes. On ne parle même pas de partis politiques. Et c'est majoritaire, donc la plupart des Français ne vont pas retrouver leur candidat au second tour." "Je préfère notre système proportionnel", conclut l'invité.