Des négociations entre Kiev et Moscou s'ouvrent en début de semaine à Istanbul, l'Ukraine se disant prête à discuter "en profondeur" de sa neutralité, au moment où la situation humanitaire à Marioupol, dans l'est du pays, est décrite comme "catastrophique".

Dans la ville assiégée et bombardée depuis des semaines, "la population se bat pour survivre. La situation humanitaire est catastrophique", a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi le ministère ukrainien des Affaires étrangères sur son compte Twitter.

"Les forces armées russes sont en train de transformer la ville en poussière", a-t-il ajouté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky dénonçant de son côté un blocus total de cette ville que l'armée russe tente de prendre depuis des semaines. "Toutes les entrées et sorties de la ville sont bloquées (...) il est impossible de faire entrer à Marioupol des vivres et des médicaments", a-t-il affirmé dimanche soir. "Les forces russes bombardent les convois d'aide humanitaire et tuent les chauffeurs", a-t-il ajouté.

Quelque 2.000 enfants ont également été emmenés vers la Russie, a-t-il dénoncé. "Et cela veut dire enlevés. Parce que nous ne savons pas exactement où ils sont. Certains sont avec leurs parents, d'autres non. C'est une catastrophe", a-t-il lancé. Plus de 2.000 civils ont été tués à Marioupol, d'après un récent bilan communiqué par la mairie. Selon le président ukrainien, quelque 100.000 personnes sont toujours bloquées dans ce port stratégique de la mer d'Azov. Plusieurs tentatives visant à établir des itinéraires sûrs pour les civils ont échoué, les deux parties s'accusant mutuellement de violations de cessez-le-feu. Et on ignore toujours, près de deux semaines après le bombardement de son théâtre, le sort des centaines de civils qui y avaient trouvé refuge: une mission quasi-impossible, selon une élue municipale de Marioupol.

23h30 : Le groupe Wagner déployé dans l'Est de l'Ukraine, selon la Défense britannique

Des mercenaires russes du groupe Wagner se sont déployés dans l'Est de l'Ukraine, a indiqué lundi le ministère britannique de la Défense. Il estime que plus de 1.000 combattants de la sulfureuse société paramilitaire pourraient être amenés à combattre dans le pays. "La compagnie privée militaire russe du groupe Wagner s'est déployée dans l'Est de l'Ukraine", indique le ministère dans un point de situation publié sur son compte Twitter. "Ils devraient déployer plus de 1.000 mercenaires, dont des responsables de l'organisation, pour mener des opérations de combat."

Le groupe Wagner est une société de mercenaires dont on pense qu'elle est étroitement liée au Kremlin, ce que ce dernier nie. Il serait dirigé par l'oligarque Yevgeny Prigozhin, ami du président russe Vladimir Poutine.

Les mercenaires de Wagner sont actifs en Syrie, au Mali et en République centrafricaine, entre autres. En 2014, ils avaient joué un rôle dans l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne, entre autres, ont imposé des sanctions à la fois au groupe Wagner et à Prigozhin.

23h27 : Un demi-million d'Ukrainiens sont retournés dans leur pays, selon la police des frontières

Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, 510.000 Ukrainiens sont déjà rentrés de l'étranger, selon la police des frontières ukrainienne. Rien que la semaine dernière, 110.000 personnes sont ainsi retournées au pays, selon les déclarations du porte-parole de la police des frontières, Andrij Demchenko, au tabloïd allemand Welt. Huit personnes sur dix qui reviennent sont des hommes, principalement originaires de Pologne. D'après les gardes-frontières polonais, 352.000 Ukrainiens se sont déjà rendus dans leur pays, ont indiqué les autorités lundi.

Depuis le 24 février, date à laquelle la Russie a envahi l'Ukraine, 3,9 millions des quelque 44 millions d'Ukrainiens ont déjà fui leur pays, selon les chiffres de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). 2,3 millions d'entre eux ont fui vers la Pologne voisine.

23h14 : L'armée russe met en garde contre des mines ukrainiennes flottant en mer Noire

Le ministère russe de la Défense a de nouveau mis en garde lundi contre le danger que représentent les mines marines ukrainiennes flottant librement dans la mer Noire. Les mines se sont détachées de leurs amarres et flottent au large des côtes des États voisins, a ainsi alerte le général de division Mikhaïl Mizintsev à Moscou.

La partie turque a désamorcé deux mines de ce type dans le Bosphore et dans la mer Noire, près de la frontière avec la Bulgarie. Cependant, le danger existe toujours.

Le ministère russe de la Défense et les services secrets russes du FSB, chargés de la protection des frontières, avaient auparavant déjà mis en garde contre ces mines.

Le ministère turc de la Défense a annoncé lundi matin qu'il avait découvert une autre mine marine dans ses eaux, après une première qui avait été trouvée samedi dans le détroit du Bosphore, qui relie la mer Noire à la mer Méditerranée.

21h26 : L'Ukraine annonce qu'Irpin, dans la banlieue de Kiev, a été "libérée" des forces russes

L'Ukraine a annoncé lundi soir que la ville d'Irpin, théâtre de féroces combats dans la banlieue de Kiev, avait été reprise aux forces russes. "La ville est maintenant libérée, mais il est toujours dangereux d'y être", a déclaré à la télévision le ministre de l'Intérieur Denys Monastyrsky, confirmant ce qu'avait dit un peu plus tôt Oleksandre Markouchine, le maire de cette localité dévastée située à l'entrée nord-ouest de la capitale.

"En fait, voilà ce qui se passe maintenant de manière parallèle : les forces armées avancent, la police avance et immédiatement un nettoyage complet se fait dans les rues", a encore déclaré le ministre.

Le principal poste de contrôle sur la route menant à Irpin en sortant de Kiev était à nouveau ouvert lundi, deux semaines après sa fermeture aux médias à la suite de la mort d'un journaliste américain.

Mais les combats se poursuivaient, avec une vingtaine de fortes explosions d'obus entendues dans la journée de lundi dans la forêt de pins que traverse cet axe de six kilomètres de long, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

21h16 : Biden assure que ses propos sur Poutine exprimaient son "indignation", pas une volonté de changement de régime

Joe Biden a affirmé lundi qu'il ne retirait pas ses propos controversés suggérant qu'il souhaitait le départ de son homologue russe Vladimir Poutine du pouvoir, car ils exprimaient son "indignation" personnelle et pas une "politique" en faveur d'un changement de régime.

"Je ne les retire pas" et "je ne m'excuse pas", a-t-il dit devant la presse. "J'exprimais simplement mon indignation", "mais cela ne signifie pas que nous ayons un changement de politique fondamental", a-t-il ajouté.

19h44: Un Banksy vendu aux enchères en faveur d'un hôpital pour enfants de Kiev

La vente aux enchères d'une des œuvres de l'artiste britannique Banksy a permis de récolter 81.000 livres (environ 96.500 euros), écrit lundi l'agence de presse allemande DPA. Les recettes seront versées à un hôpital pour enfants en Ukraine. L'œuvre "CND Soldiers" représente deux soldats taguant le symbole de la Campagne pour le désarmement nucléaire sur un mur. La vente a eu lieu sur le site MyArtbroker.com et s'est conclue par une offre de 81 000 livres.

La totalité de la somme sera versée à l'hôpital pour enfants Ohmatdyt de Kiev, la capitale ukrainienne. Il s'agit du plus grand hôpital pour enfants du pays et il est toujours opérationnel. En raison de la situation exceptionnelle, l'hôpital s'occupe également des adultes blessés pendant la guerre.

19h26: L'Ukraine a des "preuves" de l'utilisation d'armes interdites au sud de son territoire

L'Ukraine a des "preuves" de l'utilisation par les forces russes de bombes à sous-munitions, des armes interdites par les conventions internationales, dans deux régions du sud de son territoire, a assuré lundi la procureure générale ukrainienne Iryna Venediktova. Interrogée pendant une conférence de presse sur l'éventuel recours à de telles armes pour bombarder Kiev, Mme Venediktova a répondu qu'elle n'avait "pas de preuves concrètes" de leur usage dans la capitale et que des "investigations" étaient en cours.

"Mais (...) nous avons des preuves de l'utilisation de bombes à sous-munitions dans la région d'Odessa (grand port ukrainien sur la mer Noire, ndlr) et dans la région de Kherson", une ville dont s'est emparée l'armée russe, a-t-elle aussitôt ajouté.

"Nous voyons, notamment grâce à votre travail, à vous les journalistes, que d'autres armes interdites sont utilisées, mais, en ce qui me concerne, je ne peux évoquer que les cas dans lesquels je dispose de preuves sur une base très concrète, quand j'ai par exemple (...) des fragments (de ces engins) ou une analyse du sol", a-t-elle poursuivi, sans fournir d'autres détails.

Des ONG internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch ont affirmé avoir réuni les preuves de l'utilisation de bombes à sous-munitions dans des zones abritant des civils en Ukraine.

Ces armes peuvent contenir plusieurs dizaines de mini-bombes qui se dispersent sur une vaste surface, mais n'explosent pas toutes, se muant en mines antipersonnel qui, au moindre contact, peuvent tuer et mutiler même longtemps après les conflits.

19h03: Près de 1.180 grands bâtiments résidentiels de Kharkiv ont été détruits, selon le maire

Les bombardements russes sur la ville de Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, ont engendré d'importants dégâts, a déclaré le maire de la ville, Ihor Terekhov, lundi. Près de 1.180 bâtiments résidentiels à plusieurs étages, plus de cinquante écoles maternelles, environ soixante-dix écoles et quinze hôpitaux ont été détruits, a-t-il indiqué à l'agence de presse ukrainienne Unian. La deuxième ville du pays, qui comptait environ 1,5 million d'habitants avant la guerre, a été bombardée près de 60 fois par l'artillerie et les mortiers au cours des dernières 24 heures. Les habitants des maisons détruites sont logés dans les écoles restantes, les sous-sols et les stations de métro. Malgré les bombardements, les supermarchés de Kharkiv restent ouverts et toute la nourriture nécessaire est disponible, a précisé le maire.

La ville reçoit de l'aide humanitaire d'autres villes et une cargaison de médicaments d'une valeur de 880.000 dollars (plus de 800.000 euros) est arrivée des États-Unis. "Kharkiv est une ville russophone", a déclaré M.Terekhov, cité par le journal Ukrayinska Pravda. Il affirme que de nombreux résidents ont des amis et des parents en Russie. "Les gens n'auraient jamais pu imaginer dans leurs pires cauchemars que la Russie attaquerait l'Ukraine et Kharkiv".

18h57 : Londres met en garde contre un règlement revenant à "brader" l'Ukraine

"Nous savons que Poutine ne veut pas négocier sérieusement", a déclaré la cheffe britannique de la diplomatie Liz Truss devant les députés, accusant le président russe de "bombarder des innocents" malgré la tenue de pourparlers et estimant qu'il fallait "en faire plus" pour l'arrêter.

Elle a appelé à se préoccuper du "long terme": "Nous devons veiller à ce que les futurs pourparlers n'aboutissent pas à brader l'Ukraine et à répéter les erreurs du passé", a-t-elle souligné, jugeant que les accords précédents n'avaient pas permis d'apporter à l'Ukraine "une sécurité durable". La ministre a insisté sur la nécessité de "restaurer l'intégrité territoriale" de l'Ukraine et de "tenir le régime de Poutine responsable devant la Cour internationale de justice".

Elle a estimé que les sanctions imposées ces dernières semaines ne devaient pas être levées tant que "Poutine continue cette guerre et qu'il a des troupes en Ukraine". "Nous devons veiller à ce que Poutine ne puisse plus jamais agir de manière aussi agressive", a ajouté Liz Truss. "Tout règlement à long terme doit inclure un mécanisme clair de sanction qui serait déclenché automatiquement en cas d'agression russe".

17h40: L'ONU va chercher à mettre en place un "cessez-le-feu humanitaire" entre la Russie et l'Ukraine

L'ONU va chercher à mettre en place un "cessez-le-feu humanitaire" entre la Russie et l'Ukraine, a annoncé lundi son secrétaire général Antonio Guterres.

Lors d'une déclaration à la presse au siège des Nations unies à New York, M. Guterres a déclaré avoir "demandé à Martin Griffiths (secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Ndlr) d'étudier immédiatement avec les parties impliquées la possibilité d'accords et d'arrangements pour un cessez-le-feu humanitaire en Ukraine".

17h17: Au moins 5.000 morts à Marioupol selon un responsable ukrainienne

Selon une conseillère de la présidence ukrainienne, Tetyana Lomakina, "environ 5.000 personnes ont été enterrées, mais les gens ne sont plus enterrés depuis dix jours à cause des bombardements continus". Elle a estimé qu'"au vu du nombre de personnes encore sous les décombres (...) il pourrait y avoir autour de 10.000 morts".

Plus d'un mois après le début de l'invasion russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait dénoncé dimanche un blocus total de ce port stratégique sur la mer d'Azov, dont l'armée russe tente de s'emparer depuis fin février, et où environ 160.000 personnes sont toujours coincées, selon son maire Vadim Boïtchenko.

"Toutes les entrées et sorties de la ville sont bloquées (...) il est impossible de faire entrer à Marioupol des vivres et des médicaments", a affirmé dimanche soir M. Zelensky, accusant les forces russes de bombarder les convois d'aide humanitaire et indiquant que les rues étaient jonchées de "cadavres" qu'il était impossible d'enterrer.

17h21: Il faut "encourager" les réfugiés en Pologne à aller vers d'autres États membres

La commissaire européenne Ylva Johansson a estimé lundi qu'il fallait "encourager" les réfugiés d'Ukraine actuellement en Pologne à aller vers des pays de l'UE qui sont moins sous pression, à l'occasion d'une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur des 27 à Bruxelles. Sur les 3,8 millions de personnes qui ont fui l'offensive russe en Ukraine, près de 2,3 millions sont arrivées en Pologne, selon le HCR. Le nombre d'arrivées dans l'UE a ralenti, pour s'établir désormais à quelque 50.000 par jour, contre 200.000 au pic de l'afflux, selon la Commission européenne.

Des quotas de répartition des réfugiés -tels que décidés lors de la crise de 2015-2016- ne sont pas à l'ordre du jour et les discussions entre États membres pour soulager les pays frontaliers de l'Ukraine se font sur la base du volontariat, via une plateforme de solidarité, sur laquelle ils présentent leurs capacités d'accueil.

"Il est important d'encourager les réfugiés à quitter la Pologne et à essayer d'aller aussi vers d'autres États membres, sinon la situation ne sera pas tenable", a averti la commissaire aux Affaires intérieures.

Les pays actuellement les plus sous pression en termes d'accueil de réfugiés sont la Pologne, suivie de l'Autriche et de la République tchèque, selon la Commission, qui a établi un "index" en fonction du nombre de réfugiés ukrainiens accueillis, du nombre de demandeurs d'asile toutes nationalités confondues l'année dernière, par rapport à la taille du pays.

Les personnes fuyant l'Ukraine peuvent bénéficier depuis début mars dans l'UE d'une protection temporaire, d'une durée pouvant aller jusqu'à trois ans, qui leur permet l'accès au logement, au marché du travail, au système scolaire, au système social et de santé, en vertu d'une directive de 2001 qui a été utilisée pour la première fois.

L'Allemagne et la Pologne ont proposé que tout bénéficiaire de la protection temporaire puisse obtenir un versement de 1.000 euros pour six mois, avant une nouvelle évaluation de la mesure, selon une lettre adressée par ces deux pays à la Commission, et vue par l'AFP.

La Commission a proposé de mettre à disposition jusqu'à 17 milliards d'euros -dont une partie vient de fonds budgétaires non utilisés de la période 2014-2020- pour les pays qui prennent en charge le plus de réfugiés.

Elle doit proposer lundi une plateforme d'enregistrement unique de l'UE, pour que les 27 sachent qui est enregistré au titre de la protection temporaire et dans quel pays, aucune base de données commune n'existant actuellement.

16h29: Plus de 500 milliards d'euros de pertes économiques liées à la guerre

Le gouvernement ukrainien a estimé lundi à plus de 500 milliards d'euros les pertes économiques engendrées par la guerre avec la Russie, a annoncé lundi sur Facebook la ministre de l'Économie, Ioulia Sviridenko. La ministre a chiffré à "564,9 milliards de dollars" (515,8 milliards d'euros au cours actuel, NDLR) "l'impact direct des destructions" depuis le début de l'invasion russe le 24 février, auquel s'ajoutent "les effets indirects des combats" sur l'économie notamment liés à l'explosion du chômage, à la forte diminution de la consommation des ménages ou encore à la baisse des recettes de l'État.

C'est au niveau des infrastructures que les pertes sont les plus importantes, a indiqué Mme Sviridenko, avec "près de 8.000 kilomètres de routes endommagées ou détruites", ainsi que "des dizaines de gares, des aéroports", pour un montant de 108,5 milliards d'euros.

Dix millions de mètres carrés de logement et 200.000 voitures ont été détruits en plus d'un mois, a-t-elle ajouté.

Mme Sviridenko, également vice-Première ministre, a par ailleurs estimé à 102 milliards d'euros la baisse du PIB en 2022, soit une contraction estimée de plus de 55% de l'économie par rapport à 2021.

Le budget de l'État ukrainien risque, lui, d'être amputé de 43,8 milliards d'euros, selon la ministre de l'Économie, soit une baisse de près de 90% sur le budget annuel prévu.

"Chaque jour, les chiffres changent, et malheureusement ils augmentent", a déploré Mme Sviridenko sur sa page Facebook.

"Ainsi, l'Ukraine (...) exigera de l'agresseur une compensation financière", a-t-elle ajouté, "que ce soit par des décisions de justice ou bien en transférant directement à l'État les avoirs russes (actuellement) gelés en Ukraine".

15h41 : La Commission souhaite le retrait des "passeports dorés" aux Russes sous sanctions

Trois pays de l'Union européenne, la Bulgarie, Chypre et Malte, ont tiré pendant des années d'importants revenus en octroyant la nationalité de leur pays à des étrangers en échange d'investissements. Ces programmes, depuis longtemps dans le collimateur de la Commission, ont tous été soit arrêtés soit suspendus.

"Certains ressortissants russes ou bélarusses qui font l'objet de sanctions ou soutiennent de manière significative la guerre en Ukraine pourraient avoir acquis la citoyenneté de l'Union européenne ou un accès privilégié à l'Union, y compris pour voyager librement dans l'espace Schengen, dans le cadre de ces programmes", a souligné l'exécutif européen dans un communiqué. "Pour faire face à ces risques immédiats", la Commission "recommande aux États membres d'évaluer s'il y a lieu de retirer la citoyenneté accordée dans le cadre d'un programme de +passeport doré+ aux ressortissants russes ou bélarusses" figurant sur la liste noire de l'UE. La Commission a souligné qu'elle ne savait pas combien de personnes sanctionnées étaient potentiellement en possession de "passeports dorés".

L'exécutif européen a par ailleurs de nouveau réclamé la fin définitive de ces programmes controversés. La Commission "invite instamment les États membres à abroger immédiatement tout programme existant de citoyenneté par investissement".

15h17 : Moscou envisage de restreindre l'accès au territoire russe aux ressortissants de pays "inamicaux"

Le chef de la diplomatie russe a annoncé lundi qu'un décret était en préparation pour limiter l'accès au territoire russe aux ressortissants de pays auteurs d'actes "inamicaux", en pleine vague de sanctions contre Moscou depuis son offensive en Ukraine. "Un projet de décret présidentiel est en préparation pour introduire des mesures de représailles, concernant les visas, en lien avec les actions inamicales de plusieurs gouvernements étrangers", a déclaré Sergueï Lavrov, ajoutant que ce projet prévoyait "toute une série de restrictions" pour entrer en Russie, mais sans préciser quels pays seraient sanctionnés en particulier.

15h05 : Les forces ukrainiennes reprennent un petit village de la périphérie de Kharkiv

Les forces ukrainiennes ont repris le contrôle d'un petit village en périphérie est de Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, a constaté lundi un journaliste de l'AFP. Les soldats ukrainiens menaient des opérations de sécurisation et de nettoyage dans les maisons détruites de Mala Rogan, petit village dans la campagne à environ 4 km à l'est de Kharkiv, d'où ont été chassées les troupes russes.

© AP

Les corps de deux soldats russes gisaient sur l'une des allées du village en grande partie détruit par les combats. Au moins deux autres corps ont été jetés dans un puits. "Il y a des cadavres russes un peu partout", a expliqué à l'AFP un militaire ukrainien, qui a estimé les pertes russes à au moins 25 hommes. Plusieurs véhicules blindés russes, stationnés dans les cours des maisons, ont été également détruits dans les combats.

L'attaque par les forces de Kiev a été lancée en milieu de semaine, mais les opérations pour sécuriser le village ont duré plusieurs jours, des soldats russes se cachant dans les caves ou dans les bois environnants, selon les militaires ukrainiens. "Nos troupes libèrent Mala Rogan, et c'est d'une grande importance, car c'est à partir de là qu'ils bombardent en permanence des zones résidentielles de la ville", a déclaré à un média local le maire de Kharkiv, Igor Terekhov.

14h42 : Carlsberg annonce son retrait de Russie, un de ses principaux marchés

Après Heineken, le compagnie brassicole danoise Carlsberg a elle aussi décidé de se retirer du marché russe.

14h13 : Le G7 considère que demander le paiement du gaz russe en roubles n'est "pas acceptable"

Les pays du G7 ont estimé lundi qu'exiger un paiement en roubles du gaz russe n'est "pas acceptable" et montre que le président russe Vladimir Poutine est "dos au mur", a déclaré le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck.

"Tous les ministres du G7 sont tombés d'accord sur le fait qu'il s'agissait d'une violation unilatérale et claire des contrats existants (...) ce qui signifie qu'un paiement en roubles n'est pas acceptable", a dit M. Habeck, à l'issue d'une réunion virtuelle avec ses homologues du G7.

"Je pense qu'il faut interpréter cette demande comme le fait que Poutine est dos au mur", a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine a annoncé la semaine dernière que la Russie n'accepterait plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz à l'UE, donnant une semaine aux autorités russes pour élaborer un nouveau système de règlement en roubles.

14h09 : La Russie expulse trois diplomates slovaques

La Russie a annoncé lundi l'expulsion de trois diplomates slovaques, en réaction à une décision similaire prise en mars par la Slovaquie à l'égard de trois diplomates russes. La Russie "a décidé de déclarer 'persona non grata' trois diplomates de l'ambassade de Slovaquie. Ils doivent quitter le territoire de la Fédération de Russie dans les 72 heures", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

14h01 : Le journal indépendant russe Novaïa Gazeta annonce suspendre sa publication

Le journal indépendant russe Novaïa Gazeta a annoncé lundi suspendre ses publications en ligne et au format papier jusqu'à la fin de l'opération militaire en Ukraine, au moment où le pouvoir russe accentue ses pressions contre les voix critiques.

Dans un communiqué, le journal, dont le rédacteur en chef Dmitri Mouratov a reçu en 2021 le prix Nobel de la Paix, a indiqué avoir pris cette mesure après avoir reçu un second avertissement du gendarme russe des télécoms, en moins d'une semaine, pour manquement à une loi controversée sur les "agents de l'étranger". "Il n'y a pas d'autre solution. Pour nous, et, je le sais, pour vous, c'est une décision terrible et douloureuse. Mais il faut que nous nous protégions les uns des autres", a écrit M. Mouratov, dans une lettre adressée aux lecteurs du journal.

Concrètement, il est reproché à Novaïa Gazeta de n'avoir pas précisé qu'une ONG mentionnée dans l'un de ses articles était qualifiée d'"agent de l'étranger" par les autorités russes, comme l'exige la loi. Le journal a reçu un premier avertissement le 22 mars, puis un deuxième lundi.

Depuis le déclenchement de l'opération militaire le 24 février, les sites de nombreux médias russes ou étrangers ont été bloqués. Novaïa Gazeta faisait figure de dernier bastion de la presse libre encore en activité en Russie.

13h54 : Zelensky va s'adresser au parlement grec le 7 avril

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky va s'adresser au parlement grec, le 7 avril, moins d'un mois et demi après le début de l'invasion russe de son pays, où vivent environ 150.000 Grecs, a-t-on appris lundi de source parlementaire. Son discours par visioconférence, qui suit plusieurs interventions similaires devant des parlements occidentaux, est annoncé pour 12H00 locales (11H00 HB), a précisé l'Agence de presse grecque ANA, citant des sources parlementaires.

La date du 7 avril a été arrêtée lors d'un entretien lundi matin entre le président du Parlement grec Konstantinos Tasoulas et l'ambassadeur d'Ukraine en Grèce, Sutenko Sergiy. M. Zelensky répondra ainsi à l'invitation du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, lors d'une conversation téléphonique avec lui vendredi, la troisième depuis le début du conflit, a encore précisé l'ANA.

13h45 : Le Kazakhstan ne veut pas se retrouver derrière un "nouveau Rideau de fer"

"S'il y a un nouveau Rideau de fer, nous ne voulons pas être derrière", a déclaré au quotidien allemand Die Welt Roman Vassilenko, vice-ministre des Affaires étrangères. Il appelle en outre les entreprises occidentales à investir dans ce vaste pays d'Asie centrale. Les entreprises ne doivent pas investir au Kazakhstan "uniquement pour contourner les sanctions contre la Russie", estime M. Vassilenko. "Mais toutes les entreprises de bonne réputation qui veulent délocaliser leur production ici sont les bienvenues", assure-t-il.

Ex-république soviétique d'Asie centrale, le Kazakhstan qui jouit traditionnellement de relations cordiales avec l'Occident, cherche un équilibre entre la distanciation de la campagne russe en Ukraine et le maintien de ses liens amicaux avec Moscou.

En janvier, Moscou a joué un rôle important, avec notamment l'envoi de troupes, aux côtés du gouvernement kazakh pour mettre fin à une série de manifestations provoquées par une hausse du prix du carburant et dirigées également contre l'influence politique de l'ancien président Noursoultan Nazarbaïev. La violence des affrontements entre manifestants et armée a fait plus de 200 morts.

13h10 : 40.000 réfugiés de plus en 24 heures mais le flux ralentit

Un peu plus de 40.000 réfugiés ont fui l'Ukraine ces dernières 24 heures, portant le total de personnes qui essayent d'échapper aux combats déclenchés par l'armée russe le 24 février, à près de 3,9 millions, selon le décompte de l'ONU publié lundi. Depuis le 22 mars, le flux de réfugiés s'est nettement ralenti même si on se rapproche du nombre de quatre millions qu'avait projeté le HCR au début du conflit.

Au total, plus de dix millions de personnes, soit plus d'un quart de la population, ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière pour trouver refuge dans les pays limitrophes soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine.

12h49 : Une rencontre Poutine-Zelensky serait actuellement "contre-productive"

Le chef de la diplomatie russe a jugé qu'une rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky serait pour l'heure "contre-productive" et l'a conditionnée à l'adoption des exigences de Moscou dans les négociations. Vladmir Poutine "a dit qu'il ne refuserait jamais une rencontre avec le président Zelensky, mais il faut que cette rencontre soit bien préparée (...) Le conflit au sein de l'Ukraine s'est aggravé pendant toutes ces années, beaucoup de problèmes se sont accumulés", a déclaré Sergueï Lavrov.

"Donc, se rencontrer et dire 'Qu'est-ce que tu penses? Moi je pense que..' serait juste contre-productif", a-t-il poursuivi, lors d'une conférence de presse, alors que les délégations russe et ukrainienne sont attendues lundi à Istanbul pour une nouvelle session de discussions.

Le diplomate russe a réaffirmé les exigences formulées par le Kremlin dès le début de l'offensive contre Kiev le 24 février : la protection des populations du Donbass, ainsi que la "démilitarisation" et la "dénazification" de l'Ukraine.

"La dénazification et la démilitarisation de l'Ukraine sont un élément obligatoire de l'accord que nous essayons d'obtenir", a-t-il déclaré. "Nous aurons besoin d'une rencontre (Poutine/Zelensky, NDLR) seulement une fois que nous aurons une visibilité sur le règlement de ces questions clés."

"Nous sommes obligés de faire en sorte que l'Ukraine cesse d'être l'objet des expérimentations de l'Ouest et de l'OTAN, sur le plan militaire, et présente une menace militaire et physique pour la Russie", a-t-il ajouté.

11h19 : Le Kremlin qualifie "d'alarmants" les commentaires de Biden sur Poutine

Le Kremlin a dénoncé lundi les commentaires "alarmants" du président américain Joe Biden qui a qualifié son homologue russe Vladimir Poutine de "boucher", en pleine offensive russe en Ukraine.

"Cette déclaration est sans doute alarmante", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en soulignant que Moscou continuerait de suivre de manière "très attentive les propos du président américain".

11h18 : pas "d'avancées significatives" pour l'instant

La Russie et l'Ukraine n'ont pas accompli d'"avancées significatives" pour l'instant dans leurs négociations visant à mettre fin au conflit en Ukraine, a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"Pour l'instant, nous ne pouvons pas constater de progrès ou d'avancées significatives quelconques", a affirmé M. Peskov à la presse, alors que les délégations russe et ukrainienne sont attendues lundi à Istanbul pour une nouvelle session de discussions.

11h17 : les Russes veulent franchir les défenses qui entourent Kiev

Les troupes russes veulent franchir les lignes de défense autour de Kiev et poursuivre leur avancée vers la capitale, ont affirmé lundi matin des sources ukrainiennes. L'armée ukrainienne repousse, dans le nord-ouest et l'est, les tentatives des militaires russes de prendre le contrôle d'importantes routes et localités, rapporte l'état-major ukrainien.

Le ministère russe de la Défense a quant à lui publié des images de véhicules blindés qui auraient quitté le village de Salissja, à une quarantaine de kilomètres de Kiev, pour emprunter l'autoroute E95.

Les informations provenant des deux parties ne peuvent être vérifiées de manière indépendante. L'état-major ukrainien a par ailleurs signalé lundi matin que les combats se poursuivaient dans d'autres endroits du pays, notamment dans les régions de Mykolaïv et de Zaporijia, dans le sud.

11h09 : Kiev renonce à tout couloir d'évacuation de civils lundi par crainte de "provocations" russes

9h25 : Heineken annonce son retrait de Russie

Le brasseur néerlandais Heineken a annoncé lundi qu'il quitterait la Russie, où il compte 1.800 employés, à cause de la guerre en Ukraine qui continue à "se déployer et à s'intensifier". "La propriété de Heineken dans l'entreprise en Russie n'est plus durable ni viable dans l'environnement actuel. En conséquence, nous avons décidé de quitter la Russie", a déclaré le deuxième plus gros brasseur mondial dans un communiqué.

8h40 : Les pétroliers russes désactivent la localisation pour éviter les sanctions

Les pétroliers russes limitent de plus en plus leurs données de localisation. Selon des experts, cela pourrait être une manœuvre pour éviter les sanctions infligées à l'économie russe depuis l'invasion de l'Ukraine. Cela leur permettrait notamment de pouvoir transférer leur cargaison vers des navires non sanctionnés, le tout sans être vus. Au cours de la semaine dernière, au moins 33 navires ont désactivé les équipements qui permettent de transmettre la localisation, indique le spécialiste israélien d'analyse de données maritimes Windward. C'est plus de deux fois plus que la moyenne hebdomadaire habituelle.

Selon Windward, les navires concernés sont principalement liés à de grandes entreprises et à des compagnies maritimes internationales. Les désactivations ont eu lieu dans la zone économique exclusive de la Russie, ou à proximité immédiate. Le droit maritime international requiert que les navires commerciaux soient équipés d'un système d'identification automatique lorsqu'ils sont en mer. La désactivation ou la manipulation de ce système est considérée par le Trésor américain comme le principal moyen de contourner les sanctions.

6h52 : Nouvelle session de négociations attendue

Les délégations russe et ukrainienne vont se retrouver à Istanbul, en Turquie, pour un nouveau round de négociations en présentiel, a affirmé dimanche soir la présidence turque sans préciser la date exacte de la rencontre.

Plus tôt dans la journée, l'un des négociateurs ukrainiens, David Arakhamia, avait annoncé qu'une nouvelle session de pourparlers aurait lieu de lundi à mercredi en Turquie, sans préciser le lieu.

3h49 : L'Ukraine demande la "démilitarisation" de la zone de Tchernobyl

De nouveaux incendies se sont déclarés dans la zone de la centrale nucléaire de Tchernobyl, occupée par les forces russes, selon les autorités ukrainiennes qui ont demandé la "démilitarisation" du secteur sous l'égide de l'ONU. "Des feux importants ont commencé dans la zone d'exclusion, qui peuvent avoir de très sérieuses conséquences", a écrit la Première ministre adjointe ukrainienne Iryna Vereshchuk sur son compte Telegram dimanche soir.

3h46 : Les Oscars demandent une minute de silence pour l'Ukraine

Une minute de silence a été demandée en hommage à l'Ukraine, envahie par la Russie, lors de la 94e cérémonie des Oscars à Hollywood dimanche soir. Pendant ce bref instant de recueillement, des écrans diffusaient des messages appelant à envoyer de l'aide en énumérant des besoins essentiels des Ukrainiens tels que de la "nourriture", des "soins médicaux" ou des "couvertures". "Nous vous demandons d'aider l'Ukraine par tous les moyens possibles", a ajouté l'un des messages.

2h18 : "L'Ukraine est isolée du commerce maritime international"

Le ministère de la Défense britannique avance que la Russie a "effectivement isolé l'Ukraine du commerce maritime international" en raison d'un "blocage distant" des côtes ukrainiennes de la Mer noire. Le ministère a aussi affirmé que la marine russe était toutefois moins à même de conduire des opérations "à proximité de la côte ukrainienne", après que les forces ukrainiennes ont détruit un large navire de débarquement dans le port de Berdyansk.

Plus tôt dans la semaine, la marine ukrainienne a déclaré avoir détruit un navire de débarquement russe à Berdyansk, faisant partie de la flotte russe en mer Noire.