"Ce qui se passe a Marioupol est un crime de guerre majeur", a estimé ce lundi 21 mars le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. La ville portuaire, qui fait l'objet d'un siège depuis plus de deux semaines, est la cible de bombardements et d'attaques, qui n'épargnent pas les civils. Des hôpitaux, théâtres et églises ont déjà été visés par des frappes meurtrières. Si la situation inquiète les autorités, elles ont balayé ce lundi l'ultimatum de la Russie, qui avait appelé l'Ukraine à déposer les armes au nom de la sauvegarde des habitants de Marioupol. "Il n'est pas question de parler de reddition ou de déposer les armes", a insisté la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk au journal Ukrayinskaya Pravda.


Dans une interview pour le journal Libération , l'ex-officier de l'armée a regretté que les Russes n'aient pas respecté les règles du droit humanitaire international, en laissant les civils fuir via des couloirs humanitaires . "Parfois les convois passent, parfois ils essuient des tirs. (...) Parfois, comme à Marioupol, ils ne passent pas du tout. Je pense que Poutine exerce une vengeance personnelle sur les habitants de Marioupol, après son échec à s'emparer de la ville en 2014", a-t-elle rapporté à nos confrères. "C'est une punition collective pour leur refus de la tutelle russe."

"Poutine se moque ouvertement de la communauté internationale"  

Iryna Verechtchouk a également regretté le "cynisme" dont a fait preuve le président russe face à la demande de son homologue français, Emmanuel Macron, concernant le couloir humanitaire de Marioupol. "Il a accepté la requête de Macron, mais en proposant un corridor humanitaire… à destination des territoires russes. Il se moque ouvertement de la communauté internationale."

Enfin, la vice-Première ministre s'est félicitée de la façon dont les Ukrainiens résistaient jusqu'à présent face à l'assaillant russe. Si elle a reconnu que l'armée ukrainienne avait de nombreux atouts - dont de "nouveaux généraux expérimentés et respectés" -, elle a également estimé qu'elle avait une faille importante. "Il n'y a qu'une seule raison qui explique que Poutine n'a pas déjà perdu cette guerre : la composante aérienne. Nous manquons d'avions, de systèmes de défense antiaériens", a-t-elle admis au quotidien français.