"Il s'agit de chars de combats, de véhicules blindés, ou d'autres possibilités (de matériel) que les pays peuvent céder" à l'Ukraine, a expliqué Christine Lambrecht lors d'une interview à la chaîne d'information continue n-tv.

Ce matériel sera livré "dans les prochains jours" alors que les experts militaires disent que "les deux prochaines semaines seront décisives" dans la guerre en Ukraine, a-t-elle dit.

L'Allemagne sera impliquée dans ces approvisionnements car elle s'engage à compenser les matériels que les autres pays fourniront à Kiev.

Un échange est ainsi en cours avec la Slovénie, ont indiqué à l'AFP des sources gouvernementales allemandes, confirmant des informations de médias allemands.

Selon ces deniers, le pays d'ex-Yougoslavie va envoyer à Kiev un grand nombre de ses chars d'assaut soviétiques T-72 et devrait obtenir en contrepartie des chars allemands de type "Marder" et des véhicules blindés de transports de troupes "Fuchs" .

Plusieurs pays de l'Otan ont déjà donné leur feu vert à des livraisons d'armes lourdes, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la République tchèque, les Pays-Bas, la Slovaquie.

Sous le feu des critiques pour sa réticence à faire de même, le chancelier Olaf Scholz avait annoncé mardi s'engager à aider les alliés est-européens fournissant à Kiev des armements de fabrication soviétique, également utilisés par l'armée ukrainienne, en remplaçant le matériel qu'ils fourniront.

"Chaque pays décide de ce qu'il peut donner, et nous garantissons que nous les soutiendrons pour reconstituer (leurs stocks) afin que les pays d'Europe de l'Est puissent assurer la défense de leur propre territoire", a détaillé la ministre social-démocrate, sans préciser le délai que prendrait le remplacement du matériel.

L'Allemagne, qui a déjà livré des armes défensives, assure ne pas être en mesure de puiser davantage dans les réserves de la Bundeswehr, faute de quoi elle ne pourrait plus assurer ni ses engagements envers l'Otan, ni la défense de son propre territoire.

La ministre a au passage appelé à la mise en oeuvre rapide du fonds exceptionnel de 100 milliards d'euros décidé par le gouvernement pour moderniser l'armée, mais encore soumis au vote du Bundestag.

Mme Lambrecht a également confirmé que l'Allemagne allait former des soldats ukrainiens à utiliser des obusiers blindés de type Panzerhaubitze 2000.

"Nous ne pouvons pas livrer les armes nous mêmes, la Bundeswehr n'en a pas les moyens", a-t-elle souligné, "mais là où nous pouvons aider, ou former, nous le ferons".

Selon des médias allemands, ces blindés vont être fournis par les Pays-Bas. Le premier ministre Mark Rutte a récemment annoncé sur Twitter l'envoi de de tels engins, sans préciser leur type.

L'Espagne envoie "200 tonnes" de matériel militaire 

L'Espagne va livrer à l'Ukraine "200 tonnes" de matériel militaire, un envoi qui représente le double de l'aide militaire envoyée jusqu'ici par Madrid à Kiev, a annoncé jeudi dans la capitale ukrainienne le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.

Un navire espagnol a quitté jeudi un port espagnol à destination de la Pologne avec ces munitions et ce matériel militaire à bord, a indiqué M. Sánchez lors d'une conférence de presse commune avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

Kiev réclame d'"urgence" un couloir d'évacuation pour Azovstal

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a appelé jeudi à l'instauration d'un couloir humanitaire d'urgence pour évacuer les civils de la gigantesque aciérie d'Azovstal, dernier îlot de résistance du port de Marioupol assiégé par les forces russes.

Les civils, "réfugiés en grand nombre" dans l'aciérie, "ne font pas confiance aux troupes (russes)", a écrit le ministère sur son compte Twitter. "Un couloir humanitaire d'urgence est nécessaire" avec "des garanties que les gens seront en sécurité", a-t-il ajouté.

Plus de 7,7 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur de l'Ukraine, en raison du conflit avec la Russie, a indiqué jeudi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le 5 avril, cette organisation rattachée à l'ONU avait estimé à 7,1 millions le nombre de déplacés, c'est-à-dire les personnes ayant fui leur foyer mais étant restées dans le pays.