"Les zones résidentielles de Severodonetsk ont été totalement libérées", a-t-il déclaré durant un briefing diffusé à la télévision, ajoutant que "la prise de contrôle de sa zone industrielle et des localités voisines se poursuit".

Selon le ministre russe de la Défense, dont les apparitions sont rares depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, Moscou contrôle désormais 97% de la région ukrainienne de Lougansk, à laquelle appartient Severodonetsk.

"Les villes de Lyman et Sviatoguirsk, ainsi que 15 autres localités, ont été libérées", a-t-il aussi ajouté.

Si elle était confirmée, la conquête de ces deux villes serait significative, car elle permettrait de lever un dernier obstacle vers la ville symbole de Sloviansk et vers celle de Kramatorsk, la capitale de la région de Donetsk sous contrôle ukrainien.

Par ailleurs, selon M. Choïgou, "126 militaires ukrainiens se sont rendus en cinq jours" aux forces russes et 6.489 au total ont été faits prisonniers depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, le 24 février.

Ces chiffres n'étaient pas vérifiables de manière indépendante.


"Environ 800 civils" réfugiés dans une usine de Severodonetsk, selon la direction du site

Environ 800 civils sont réfugiés dans une usine chimique à Severodonetsk, dans l'est de l'Ukraine, où les combats font rage entre les armées ukrainienne et russe depuis plusieurs jours, a affirmé mardi l'avocat américain du magnat Dmytro Firtach, propriétaire du site. "Environ 800 civils se sont réfugiés dans les abris de l'usine chimique d'Azot, propriété du Group DF de Dmytro Firtach", a indiqué dans un communiqué Lanny Davis, avocat du magnat ukrainien. "Parmi ces 800 civils figurent environ 200 des 3.000 employés de l'usine et environ 600 habitants de Severodonetsk", a-t-il ajouté.

Contactée par l'AFP, la présidence ukrainienne n'avait pas confirmé l'information en fin d'après-midi.

Selon le communiqué publié sur le site internet du Group DF, les 200 employés toujours présents sur le site de l'usine "restent (...) pour assurer la protection des produits chimiques hautement explosifs encore sur le site".

L'usine Azot se situe dans Severodonetsk, ville-clé de la région de Lougansk, dont les troupes russes tentent de prendre le contrôle total depuis plusieurs semaines. Moscou a affirmé mardi matin y avoir "totalement libéré" les zones résidentielles, après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait assuré lundi que les combattants ukrainiens "tenaient" leurs positions.

Près de 600 Ukrainiens détenus par les Russes dans la région de Kherson

L'Ukraine a accusé mardi l'armée russe d'avoir emprisonné près de 600 personnes, essentiellement des journalistes et militants pro-Kiev, dans la région de Kherson, dans le Sud du pays, entièrement occupée par les forces de Moscou. "Selon nos informations, environ 600 personnes sont (...) détenues dans des sous-sols spécialement aménagés dans la région de Kherson", a indiqué Tamila Tacheva, représentante du président ukrainien pour la Crimée, péninsule ukrainienne frontalière de Kherson et qui a été annexée par Moscou en 2014.

Il s'agit "essentiellement de journalistes et militants" qui ont organisé "des rassemblements pro-ukrainiens à Kherson et dans sa région" après l'occupation de ce territoire par les Russes, a-t-elle précisé.

"Selon nos informations, ils sont détenus dans des conditions inhumaines et sont victimes de tortures", a accusé Mme Tacheva sans donner de détails.

Une partie des Ukrainiens détenus dans la région de Kherson -- des civils mais aussi des prisonniers de guerre -- ont ensuite été envoyés dans des prisons en Crimée, selon la même source.

Baignée par la mer Noire et celle d'Azov, la région ukrainienne de Kherson, d'une superficie de quelque 28.000 kilomètres carrés, soit environ la taille de la Bretagne, comptait plus d'un million d'habitants avant le début de l'invasion russe fin février.