Au 37e jour de l'invasion de l'Ukraine décidée par Moscou, les forces russes desserrent leur étau sur Kiev et se regroupent pour se concentrer sur l'Est du pays, où elles feront face à une armée ukrainienne aguerrie, ce qui laisse présager un conflit "prolongé", qui pourrait durer des mois, a prévenu le Pentagone. Dans le sud-est, Marioupol reste disputée par les deux camps, et la situation humanitaire y est catastrophique. Les évacuations de civils, impossibles pendant des semaines, se font désormais, progressivement.

Les dernières informations en direct :

23h46 : Les Etats baltes ont cessé d'importer du gaz russe

Les Etats baltes ont cessé d'importer du gaz naturel russe qui "n'est plus acheminé vers la Lettonie, l'Estonie et la Lituanie depuis le 1er avril", a indiqué samedi le dirigeant de l'entreprise de stockage lettone Conexus Baltic Grid.

"Il y a des années, mon pays a pris des décisions qui nous permettent aujourd'hui de rompre sans peine les liens énergétiques avec l'agresseur", a expliqué Uldis Bariss, PDG de Conexus Baltic Grid à la radio lettone. "Si nous pouvons le faire, le reste de l'Europe peut le faire aussi !", a-t-il affirmé. Les pays baltes sont désormais desservis par des réserves de gaz stockées sous terre en Lettonie. Sur Twitter, le président lituanien Gitanas Nauseda a également appelé le reste de l'Union européenne à suivre l'exemple des pays baltes: "A partir de ce mois-ci, plus de gaz russe en Lituanie", a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis ont interdit l'importation de pétrole et de gaz russes après l'invasion de l'Ukraine, mais pas l'UE qui s'approvisionnait en Russie à hauteur de 40% environ en 2021.

L'annonce jeudi par Moscou d'obliger les acheteurs de pays "inamicaux" à payer le gaz russe en roubles depuis des comptes en Russie pourrait cependant changé la donne.

L'Allemagne, particulièrement dépendante du gaz russe, a indiqué vendredi vouloir analyser les conséquences concrètes de ce décret du Kremlin, destiné avant tout à soutenir le rouble. Berlin, comme les autres pays de l'UE, refuse tout versement en roubles à Moscou.

22h16: L'Ukraine affirme que la Russie a accepté oralement les propositions de Kiev

Le négociateur en chef ukrainien dans les pourparlers de paix avec la Russie, David Arakhamia, a affirmé samedi que Moscou avait accepté "oralement" les principales propositions ukrainiennes, ajoutant que Kiev attendait désormais une confirmation écrite. S'exprimant dans une émission télévisée, il a laissé entendre que les discussions visant à mettre fin aux hostilités avaient considérablement avancé.

"La Fédération de Russie a donné une réponse officielle à toutes les positions (ukrainiennes), à savoir qu'elle les accepte, sauf en ce qui concerne la question de la Crimée", annexée par Moscou en 2014, a assuré M. Arakhamia.

Le négociateur a également déclaré que si une rencontre entre les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky et russe Vladimir Poutine devait finalement avoir lieu, celle-ci se déroulerait "très probablement" en Turquie.

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accueilli cette semaine dans son pays les délégations russe et ukrainienne, "nous a appelés ainsi que Vladimir Poutine" vendredi, disant qu'il accueillerait une telle réunion, a-t-il révélé. "Nous ne connaissons ni la date ni le lieu, mais nous pensons que le lieu sera très probablement Ankara ou Istanbul", a noté M. Arakhamia.

20h45: Plus de 200 arrestations lors de manifestations contre le conflit en Ukraine

Plus de 200 personnes ont été arrêtées samedi en Russie pour des actions de protestation contre l'offensive russe en Ukraine, a indiqué l'ONG OVD-Info spécialisée dans le suivi des arrestations dans le pays. Au moins 211 personnes ont été arrêtées durant des manifestations dans 17 villes russes, a précisé l'ONG dans un communiqué.

A Moscou, un sit-in contre l'intervention militaire russe en Ukraine était prévu le matin pour 11H00 GMT dans le parc Zariadié, à l'ombre du Kremlin. Peu après, la police a commencé à arrêter des personnes assises sur les bancs du parc, en pleine tempête de neige.

19h57 : Toute la région de Kiev a été "libérée"

Les Ukrainiens ont repris le contrôle de la totalité de la région de Kiev après le retrait des forces russes de villes-clés situées près de la capitale, a annoncé samedi la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar.

Les localités d'"Irpin, Boutcha, Gostomel et toute la région de Kiev ont été libérées de l'envahisseur", a affirmé Mme Maliar sur Facebook.

18h52: Près de 300 personnes ont dû être enterrées "dans des fosses communes"

Près de 300 personnes ont au total dû être enterrées "dans des fosses communes" à Boutcha, une ville au nord-ouest de Kiev théâtre de féroces combats qui vient d'être reprise par les soldats ukrainiens, a déclaré à l'AFP son maire Anatoly Fedorouk.

"A Boutcha, nous avons déjà enterré 280 personnes dans des fosses communes", car il était impossible de le faire dans les trois cimetières de la municipalité, tous à portée de tir des militaires russes, a dit au téléphone M. Fedorouk.

18h40: La Russie se retire du nord, la Croix-Rouge tente une nouvelle évacuation à Marioupol

L'Ukraine a confirmé samedi que les forces russes opéraient un "retrait rapide" des régions de Kiev et de Tcherniguiv, dans le nord du pays, afin de mieux "garder le contrôle" des "vastes territoires" qu'elles occupent dans l'est et le sud, où de nouvelles évacuations de civils étaient prévues dans la journée.

Après une nuit de bombardements dans le centre et l'est du pays, la Croix-Rouge voulait tenter samedi de faire sortir des civils de Marioupol (sud-est), un port stratégique et assiégé de la mer d'Azov où la situation humanitaire est catastrophique.

17h25: Une manifestation dans une ville ukrainienne occupée par les Russes réprimée, 4 blessés

Une manifestation de civils à Energodar, une ville du sud de l'Ukraine occupée par les forces russes, a été dispersée samedi par des tirs de mortiers et de grenades assourdissantes qui ont fait quatre blessés, a annoncé une responsable ukrainienne. "Aujourd'hui à Energodar, les habitants de la ville se sont à nouveau réunis pour un rassemblement de soutien à l'Ukraine, en chantant l'hymne national", a déclaré sur Facebook Lioudmyla Denissova, chargée des droits humains auprès du Parlement.

"Les occupants ont utilisé des grenades assourdissantes et ont ouvert le feu au mortier sur les habitants, quatre personnes ont été grièvement brûlées", a-t-elle ajouté.

Des vidéos diffusées sur internet montraient des personnes en train de s'enfuir d'une place d'Energodar au milieu des explosions de grenades assourdissantes et de nuages de fumée blanche.

"Une partie des manifestants ont été mis de force dans des fourgonnettes de police et emmenés dans un lieu inconnu", a ajouté Lioudmyla Denissova, accusant les troupes russes de "terroriser la population" depuis la prise de la ville.

16h53 : La Russie menace de mettre un terme à la collaboration dans l'espace

Moscou a menacé samedi de mettre un terme à sa collaboration au programme de la station spatiale internationale (ISS) si les Etats-Unis et les autres pays occidentaux ne retiraient pas leurs sanctions sur la Russie. Moscou va fixer une date butoire pour la fin de la coopération, a annoncé le chef de l'agence spatiale russe Roscosmos, Dmitry Rogozin, via l'application Telegram.

Un retour à des relations normales entre les agences spatiales ne serait "possible qu'en cas de retrait total et inconditionnel des sanctions illégales", a ajouté M. Rogozin.

16h36 : Au moins vingt corps sont alignés dans une rue de Boutcha, ville proche de Kiev venant d'être libérée

Les cadavres d'au moins vingt hommes portant des vêtements civils gisaient samedi dans une rue de Boutcha, une ville au nord-ouest de Kiev que les soldats ukrainiens viennent de reprendre aux forces russes, a constaté sur place un journaliste de l'AFP.

L'un des hommes avait les mains liées et les corps étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres.

On ne pouvait dans l'immédiat déterminer la cause de leur mort, mais une personne présentait une large blessure à la tête.

Ces derniers jours, les forces russes se sont retirées de plusieurs localités proches de la capitale après l'échec de leur tentative de l'encercler.

15h22 : Le photographe Maks Levine tué par balle

Un photographe et documentaliste ukrainien chevronné, Maks Levine, dont on était sans nouvelles depuis trois semaines, a été retrouvé mort, tué par balle, après le retrait de troupes russes d'une zone proche de Kiev, ont annoncé samedi les autorités ukrainiennes.

15h19: Plus de 170 arrestations en Russie lors des protestations contre le conflit en Ukraine

Plus de 170 personnes ont été arrêtées samedi en Russie pour des actions de protestation contre l'offensive russe en Ukraine, a indiqué l'ONG OVD-Info spécialisée dans le suivi des arrestations dans le pays. Vers 13H00 GMT, "plus de 178 personnes ont été arrêtées dans 15 villes russes", a déclaré l'ONG dans un communiqué.

A Moscou, un sit-in contre l'intervention militaire russe en Ukraine était prévu pour 11H00 GMT dans le parc Zariadié, à l'ombre du Kremlin. Peu après, la police a commencé à arrêter des personnes assises sur les bancs du parc, en pleine tempête de neige.

14h27: Carla Del Ponte appelle à un mandat d'arrêt contre Poutine pour crime de guerre

L'ancienne procureure internationale Carla Del Ponte a appelé la Cour pénale internationale (CPI) à émettre rapidement un mandat d'arrêt à l'encontre du président russe Vladimir Poutine pour ses opérations armées en Ukraine. "Poutine est un criminel de guerre", affirme la juriste qui s'est rendue célèbre dans le cadre des enquêtes internationales sur le génocide au Rwanda et la guerre dans l'ex-Yougoslavie, dans un entretien publié samedi par le quotidien suisse Le Temps.

L'émission d'un mandat d'arrêt international est nécessaire pour faire porter à Vladimir Poutine et à d'autres dirigeants russes la responsabilité des crimes commis en Ukraine depuis son invasion par l'armée russe le 24 février, souligne la magistrate suisse aujourd'hui âgée de 75 ans

13h25: Des bombardements dans le centre et l'est de l'Ukraine

Depuis la nuit de vendredi à samedi, plusieurs régions, notamment dans le centre et l’est, ont été bombardées.

Les frappes ont touché des quartiers résidentiels à Kharkiv (est), selon la présidence citant les autorités régionales, mais aussi des infrastructures à Dnipro (centre) selon le gouverneur régional, ou encore des localités dans les régions de Donetsk et Lougansk (est), ainsi que Kherson (sud).

Des bombardements ont aussi atteint des infrastructures à Krementchouk (centre, région de Poltava), siège de la plus grande raffinerie de pétrole ukrainienne, a indiqué la présidence ukrainienne, tandis que le ministère russe de la Défense annonçait samedi matin avoir détruit avec "des armes de haute précision" des dépôts d'essence et de carburant.

À Kharkiv, les bombardements se poursuivaient samedi matin par intermittence.

12h41: Un photographe ukrainien chevronné retrouvé mort près de Kiev

Un photographe et documentaliste ukrainien chevronné, Maks Levine, dont on était sans nouvelles depuis trois semaines, a été retrouvé mort après le retrait de troupes russes d'un territoire proche de Kiev, a annoncé samedi la présidence ukrainienne.

"Il a disparu dans la zone des hostilités le 13 mars dans la région de Kiev. Le 1er avril, son corps a été retrouvé près du village de Gouta Mejyguirska", à quelques dizaines de kilomètres au Nord de la capitale, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration présidentielle Andriï Iermak.

Selon l'ONG ukrainienne IMI (Institut of mass information) citant des informations préliminaires du parquet général, le journaliste "non armé" aurait été atteint par "deux tirs" de militaires russes.

M. Levine, âgé de 40 ans et père de quatre fils, a collaboré avec nombre de médias ukrainiens et internationaux.

En 2014, au début de la guerre de Kiev contre les séparatistes russes, soutenus par Moscou dans l'est de l'Ukraine, il avait réussi à sortir d'Ilovaïsk, ville du sud-est alors encerclée, où des centaines de militaires ukrainiens avaient été tués en quelques jours.

Plusieurs journalistes ukrainiens et occidentaux ont été tués et des dizaines d'autres blessés en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février. Au moins trois d'eux ont péri dans le nord-est de Kiev où des combats faisaient rage entre les forces ukrainiennes et l'armée russe, laquelle a reculé ces derniers jours et abandonné des dizaines de villages autour de la capitale.


12h21: Le pape fustige les actes de "quelque puissant" enfermé dans des "intérêts nationalistes"

Le pape François a fustigé samedi, au début de sa visite à Malte, les actes de "quelque puissant" enfermé dans des "intérêts nationalistes" en évoquant le "vent glacial de la guerre" venu de "l'Est de l'Europe". "Quelque puissant, tristement enfermé dans ses prétentions anachroniques d'intérêts nationalistes, provoque et fomente des conflits", a lancé le souverain pontife lors de son premier discours, devant les autorités et le corps diplomatique au palais présidentiel de La Valette.

"Nous pensions que les invasions d'autres pays, les violents combats urbains et les menaces atomiques étaient de sombres souvenirs d'un passé lointain. Mais le vent glacial de la guerre, qui n'apporte que mort, destruction et haine, s'est abattu avec violence sur la vie de beaucoup de personnes", a-t-il déclaré.

Le pape de 85 ans a également dénoncé les "séductions de l'autocratie", les "nouveaux impérialismes" et "l'agressivité généralisée", ciblant ceux "qui avancent pour leur propre compte, à la recherche d'espaces et de zones d'influence".

Evoquant les "réfugiés de l'Ukraine martyrisée", il a par ailleurs appelé à "des réponses globales et partagées" face à "l'élargissement de l'urgence migratoire", alors que des millions de personnes affluent en Europe.

"Il n'est pas possible que certains pays prennent en charge l'ensemble du problème dans l'indifférence des autres !", a lancé le pape, fervent défenseur de l'accueil des exilés, regrettant que "la peur et le "récit de l'invasion" prévalent à l'égard de ceux qui traversent la Méditerranée en quête de salut".

Quelques minutes plus tôt, François était arrivé en "PapaMobile" sous les acclamations d'environ 2.000 personnes réunies sur la place du palais magistral, qu'il a ensuite bénies depuis le balcon.

Le jésuite argentin est arrivé samedi matin à Malte pour une visite de deux jours, lors de laquelle il doit s'exprimer à cinq reprises.

11h51: Les forces russes se "retirent rapidement" du nord du pays

Les forces russes opèrent un "retrait rapide" des régions de Kiev et Tcherniguiv, dans le Nord de l'Ukraine, et ont pour objectif de "prendre pied dans l'Est et le Sud", a estimé samedi un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak.

"Après un retrait rapide des Russes des régions de Kiev et de Tcherniguiv et aussi compte tenu de toutes les mouvements et concentrations de troupes d'occupants, il est tout à fait clair que la Russie a choisi une autre tactique prioritaire", a-t-il écrit sur la messagerie Telegram.

Il s'agit de "se replier vers l'Est et le Sud, garder le contrôle de vastes territoires occupés (non seulement dans les régions de Donetsk et Lougansk) et y prendre pied de façon puissante", poursuit-il.

L'objectif de Moscou est de "prendre pied dans l'Est et le Sud et de dicter durement ses conditions", estime-t-il.

"Nous ne pouvons certainement pas nous passer d'armes lourdes si nous voulons débloquer l'Est et Kherson (région du Sud, ndlr) et repousser les Russes le plus loin possible", souligne-t-il.

Le gouverneur de la région Tcherniguiv, Viatcheslav Tchaous, a de son côté noté que la ville éponyme, déjà dévastée par les combats des dernières semaines, n'a pas subi de nouvelles frappes au cours de la nuit.

Les Russes "se retirent de la région de Tcherniguiv", a-t-il souligné.

6h39: Pékin assure ne pas contourner les sanctions occidentales

La Chine ne contourne pas "délibérément" les sanctions occidentales contre la Russie, a assuré samedi Pékin, au lendemain d'un avertissement de l'UE que tout soutien à Moscou nuira à ses relations économiques avec l'Europe.

Proche partenaire de Moscou, Pékin s'est jusqu'à présent gardé de condamner l'invasion russe, se contentant d'appeler l'ensemble des parties à la retenue. Les Occidentaux pressent le géant asiatique de manifester clairement son opposition à l'offensive du Kremlin.

Vendredi lors d'un entretien avec les dirigeants chinois, l'UE a prévenu que tout soutien à Moscou pour contourner les sanctions occidentales nuira aux relations économiques de Pékin avec l'Europe, son premier partenaire commercial. "Nous ne faisons rien pour délibérément contourner les sanctions imposées à la Russie", a indiqué samedi le responsable des affaires européennes auprès de la diplomatie chinoise, Wang Lutong.

Pékin s'oppose aux sanctions contre la Russie et les juge contreproductives pour résoudre la situation en Ukraine. Les entreprises chinoises font cependant preuve de prudence dans leurs échanges avec la Russie, de peur d'être frappées par ricochet par ces sanctions.

"La Chine n'est pas partie prenante à la crise ukrainienne [...] Par conséquent, nos échanges commerciaux avec Moscou ne devraient pas être visés" par des sanctions, a estimé M. Wang, interrogé par la presse au lendemain d'un sommet Chine-UE.

Alors que le pouvoir communiste défend son amitié "solide comme un roc" avec Moscou, l'UE veut dissuader la Chine de soutenir activement la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine, en augmentant ses achats d'hydrocarbures ou par une aide financière.

Un tel soutien "ternirait gravement la réputation de la Chine en Europe", où les entreprises "regardent comment les pays se positionnent", a observé vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après un entretien en visioconférence avec le président chinois Xi Jinping.

"Nous espérons que la Chine prend en considération l'importance de son image internationale et de sa relation économique avec l'UE", a renchéri Charles Michel, président du Conseil européen, qui participait au sommet virtuel.

Pékin a par ailleurs appelé à ne pas "surestimer" son rôle auprès de Moscou pour mettre fin aux hostilités en Ukraine. "Dire aux Russes +vous devez arrêter cette guerre et les Russes arrêteront+: ça ne marche pas comme ça", a jugé M. Wang, arguant que l'invasion de l'Ukraine est une "décision indépendante prise par la Russie".

6h32: Des milliers de personnes évacuées de la région de Marioupol

Plus de 3.000 personnes ont fui la région de Marioupol, en bus et voitures privées, ont annoncé les autorités ukrainiennes, alors que la Croix-Rouge, après un premier échec, prépare une nouvelle tentative d'évacuation samedi de la ville portuaire assiégée et dévastée.

Au 37e jour de l'invasion de l'Ukraine décidée par Moscou, les forces russes desserrent leur étau sur Kiev et se regroupent pour se concentrer sur l'Est du pays, où elles feront face à une armée ukrainienne aguerrie, ce qui laisse présager un conflit "prolongé", qui pourrait durer des mois, a prévenu le Pentagone.

Dans le sud-est, Marioupol reste disputée par les deux camps, et la situation humanitaire y est catastrophique. Les évacuations de civils, impossibles pendant des semaines, se font désormais, progressivement.

"Aujourd'hui (vendredi), les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions: Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6.266 personnes, dont 3.071 de Marioupol", a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky via une vidéo diffusée dans la nuit de vendredi à samedi.

"1.431 personnes ont voyagé de Berdiansk et Melitopol par leurs propres moyens vers Zaporojie. 771 d'entre elles venaient de Marioupol", et "42 bus de la ville de Berdiansk avec des habitants de Marioupol et 12 de Melitopol avec des résidents locaux" étaient en route en soirée vers Zaporojie, pour un total de "plus de 2.500 personnes", a précisé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, soulignant que d'autres évacuations étaient "attendues et planifiées" dans la journée de samedi.


Vendredi soir, l'AFP a observé une trentaine de bus d'évacuation entrer dans la ville de Zaporojie, certains d'entre eux transportant des personnes qui avaient fui Marioupol par leurs propres moyens, puis avaient été emmenées en bus vers le territoire contrôlé par l'Ukraine.

"J'en pleure, je viens juste de voir ma petite-fille", a dit Olga, une Ukrainienne qui attendait au centre organisé à Zaporojie pour les familles de déplacés.

"La famille de sa mère est toujours à Marioupol et nous ne savons pas s'ils sont en vie", a-t-elle ajouté. "Il n'y a pas de mots pour dire combien je suis heureuse de la voir en sécurité".

4h34: L'Ukraine tient toujours son espace aérien, assurent les forces aériennes

L'armée de l'air ukrainienne a toujours la suprématie sur son espace aérien, a assuré le lieutenant-général Mykola Oleshchuk vendredi soir. "L'ennemi ne contrôle ni n'a contrôlé le ciel ukrainien", a-t-il indiqué dans une déclaration publiée sur Facebook, sans que cette assertion n'ait pu être vérifiée de manière indépendante.

En attaquant l'Ukraine dès le 24 février, les forces russes ont tenté d'éliminer les forces aériennes ukrainiennes, sans succès, a-t-il ajouté, précisant que les Russes ont plus envoyé de roquettes qu'ils n'ont opéré avec des bombardements et des avions.

M. Oleshchuk a demandé aux pays alliés qu'ils fournissent plus d'armes modernes, en ce compris des avions de combat et des systèmes de défense aérienne de moyenne et longue portée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, depuis le début de la guerre, régulièrement demandé à l'Otan d'établir une zone d'exclusion aérienne sur son pays, ce que l'alliance refuse pour ne pas risquer des combats entre ses appareils et ceux de la Russie.

3h37: Le Pentagone annonce jusqu'à 300 millions de dollars supplémentaires d'aide à l'Ukraine

Selon Volodymyr Zelensky, la Russie consolide et prépare des "frappes puissantes" dans l'est et le sud de l'Ukraine, contrairement aux déclarations affirmant une baisse des affrontements.

"Donnez-nous des missiles. Donnez-nous des avions", a plaidé le président ukrainien sur Fox News. "Vous ne pouvez pas nous donner des F-18 ou des F-19 ou tout ce que vous avez ? Donnez-nous les vieux avions soviétiques. C'est tout... Donnez-moi quelque chose pour défendre mon pays avec".

La demande a été entendue par les Etats-Unis, le Pentagone va fournir jusqu'à 300 millions de dollars supplémentaires d'aide militaire à l'Ukraine, a annoncé le porte-parole du ministère américain de la Défense dans un communiqué vendredi. "Les Etats-Unis ont désormais engagé plus de 2,3 milliards de dollars d'aide militaire à l'Ukraine depuis la prise de fonction de l'administration Biden, dont plus de 1,6 milliard d'aide militaire depuis l'invasion non-provoquée et préméditée de la part de la Russie", précise John Kirby.

Le nouveau paquet d'aide comprend des systèmes de missiles guidés par laser, des drones "kamikazes" Switchblade, ainsi que des drones légers de type Puma.

"Cette décision souligne l'engagement sans faille des Etats-Unis envers la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, en soutien à sa campagne héroïque pour repousser la guerre décidée par la Russie", a souligné le porte-parole John Kirby dans son communiqué.

Le président américain Joe Biden avait discuté mercredi avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de capacités militaires "supplémentaires" nécessaires pour aider l'armée ukrainienne à "défendre son pays", selon la Maison Blanche.

Les deux hommes avaient, lors d'un appel de 55 minutes, "évoqué la manière dont les Etats-Unis travaillent jour et nuit pour répondre aux principales demandes faites par l'Ukraine en matière d'aide sécuritaire", précisait un communiqué de l'exécutif américain.