22h08: Explosions dans la région de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine

Des explosions ont eu lieu mardi soir dans la petite ville de Radekhiv, à 70 kilomètres de Lviv, la grande cité de l'ouest de l'Ukraine, a annoncé un responsable local, appelant la population à se mettre à l'abri. "Explosions dans la région de Radekhiv. Tout le monde reste à l'abri", a écrit sur Telegram Maksym Kozitskiï, à la tête de l'administration militaire régionale.

"À cette heure, nous ne disposons pas d'informations sur d'éventuelles victimes", a-t-il ajouté.

Une journaliste de l'AFP à Lviv y a entendu des sirènes d'alerte antiaérienne.

Situés loin du front, Lviv et l'Ouest de l'Ukraine sont rarement visés par des bombardements depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février.

Le 26 mars, Lviv avait subi une série de frappes russes, dont deux avaient touché un dépôt de carburant et fait cinq blessés, selon les autorités locales.

Cette cité avait été le 18 mars la cible d'une première frappe, qui avait atteint une usine de réparation d'avions proche de l'aéroport, sans faire de victimes, d'après le maire.

Et le 13 mars, des missiles de croisière russes avaient visé une importante base militaire à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, faisant au moins 35 morts et 134 blessés.

Proche de la frontière polonaise, Lviv s'est convertie en ville-refuge pour les personnes déplacées et a accueilli au début de la guerre plusieurs ambassades occidentales transférées à partir de Kiev. Beaucoup d'Ukrainiens ayant fui les zones de combat en partance pour la Pologne ou d'autres pays de l'UE y font également étape.

21h04 : Moscou dit avoir abattu deux hélicoptères venus évacuer des chefs militaires ukrainiens

L'armée russe a affirmé mardi avoir abattu deux hélicoptères ukrainiens cherchant à évacuer des chefs d'un bataillon nationaliste défendant le port assiégé de Marioupol, tout en appelant une nouvelle fois ces défenseurs à déposer les armes.

"Ce matin, 5 avril, autour de Marioupol, une nouvelle tentative du régime de Kiev pour évacuer des chefs du bataillon nationaliste Azov a été avortée. Deux hélicoptères ukrainiens Mi-8, essayant d'atteindre la ville depuis la mer, ont été abattus par des systèmes anti-aériens portatifs", a indiqué le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov.

Ce dernier a assuré que Moscou avait proposé mardi matin aux combattants ukrainiens de déposer les armes et de quitter la ville "via un itinéraire convenu" vers le territoire sous contrôle de Kiev.

Selon lui, l'armée ukrainienne a toutefois "ignoré" cette proposition. "Etant donné que Kiev n'est pas intéressé par la possibilité de sauver la vie de ses militaires, Marioupol va être libéré des nationalistes", a ajouté Igor Konachenkov.

La semaine dernière, il avait déjà assuré que l'armée russe avait abattu au dessus de la mer d'Azov un hélicoptère ukrainien venu évacuer des commandants du bataillon Azov, qui défend depuis des semaines avec acharnement Marioupol.

20h46 : Trois hôpitaux de Mykolaïv (sud) bombardés en deux jours, selon MSF

Trois hôpitaux de Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, "ont été touchés par des bombardements" dimanche et lundi, a indiqué mardi l'organisation non gouvernementale Médecins sans Frontières (MSF), présente sur place. Au moment où l'équipe de quatre personnes de l'ONG entrait dans l'hôpital oncologique de la ville lundi après-midi, "plusieurs explosions ont eu lieu à proximité de notre personnel en l'espace d'une dizaine de minutes", raconte Michel-Olivier Lacharité, chef de mission MSF en Ukraine, dans le communiqué daté de Paris et Odessa.

"En quittant la zone, l'équipe MSF a vu des blessés et au moins un cadavre", ajoute-t-il, en précisant que le personnel de l'ONG n'a "pas été blessé".

L'hôpital pédiatrique régional, situé à environ 300 mètres, a également été touché dans le bombardement de la zone, selon les membres de l'équipe sur place.

"Après les explosions, ils ont observé de nombreux petits trous dans le sol, dispersés sur une large superficie. Aucun cratère de grande envergure n'était visible dans cette zone. Ces éléments pourraient suggérer l'utilisation de bombes à fragmentation" indique MSF.

Selon M. Lacharité, dimanche, "l'hôpital n° 5, situé dans le sud de la ville, a également été touché".

"MSF réévalue actuellement le déploiement de ses activités à Mykolaïv", conclut le communiqué.

Le maire de Mykolaïv, Oleksandre Senkevitch, avait annoncé lundi que dix civils avaient été tués et au moins 46 blessés dans des bombardements de l'armée russe sur la ville dans la journée.

Dimanche, huit personnes avaient été tuées et 34 blessées dans des frappes des forces russes sur Mykolaïv et Otchakiv, une ville à 60 km au sud-ouest, selon le parquet ukrainien.

Ville-verrou sur la route d'Odessa, le plus grand port d'Ukraine, Mykolaïv, 475.000 habitants avant la guerre, a été longuement pilonnée quand l'armée russe avait en vain tenté de s'en emparer. L'étau russe semblait s'y desserrer ces derniers jours.

20h34 : Washington va interdire mercredi "tout nouvel investissement" en Russie

Les Etats-Unis vont adopter mercredi, en coordination avec l'Union européenne et le G7, de nouvelles sanctions contre la Russie visant notamment à interdire "tout nouvel investissement" dans ce pays, selon une source proche du dossier. Ces mesures punitives, imposées en réponse à l'invasion de l'Ukraine par Moscou, incluront en outre "des sanctions renforcées contre les institutions financières et entreprises publiques en Russie, et des sanctions contre des responsables gouvernementaux russes et leurs proches", a précisé à l'AFP mardi cette source.

Elle a assuré que ces décisions, qui s'ajoutent à toute une série de mesures prises depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, allaient "endommager des instruments clés de l'appareil d'Etat russe" et "causer des dommages économiques immédiats et aigus".

Cette source américaine a ainsi affirmé que l'économie russe allait se contracter "de 15% ou plus" en 2022 sous l'effet de la guerre en Ukraine et des sanctions occidentales, une récession d'une sévérité inouïe et qui effacerait "les progrès économiques réalisés ces 15 dernières années par la Russie".

L'Union européenne envisage elle aussi de durcir ses sanctions contre la Russie. La Commission européenne a proposé l'arrêt des achats de charbon russe, et veut fermer les ports européens aux bateaux russes.

20h23: Boris Johnson s'adresse aux Russes pour leur dire "la vérité"

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est adressé directement aux Russes mardi, leur disant dans une vidéo qu'ils méritent de connaître "la vérité" sur les atrocités commises en Ukraine après l'invasion russe. "Le peuple russe mérite la vérité, vous méritez les faits", a déclaré le dirigeant conservateur en russe au début de cette courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, avant de poursuivre en anglais.

Il a estimé que les informations provenant d'Ukraine sur les atrocités attribuées à l'armée russe "à Boutcha, Irpin et ailleurs en Ukraine" avaient "horrifié le monde". Elles sont "si choquantes, si écoeurantes (qu') il n'est pas étonnant que votre gouvernement cherche à vous les cacher", a-t-il souligné. "Votre président sait que si vous pouviez voir ce qui se passe, vous ne soutiendriez pas cette guerre", a-t-il ajouté en faisant référence à Vladimir Poutine.

Depuis le déclenchement de l'invasion russe, les sites de nombreux médias russes ou étrangers ont été bloqués en Russie, en plein durcissement du Kremlin contre les voix dissonantes. "Votre président est accusé de crimes de guerre. Mais je ne peux croire qu'il agisse en votre nom", a conclu Boris Johnson en recourant à nouveau au russe.

20h10: Pour Lavrov, Boutcha vise à "torpiller" les négociations russo-ukrainiennes

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé mardi que la découverte de cadavres dans la ville ukrainienne de Boutcha était une "provocation" visant à faire échouer les négociations en cours entre Kiev et Moscou.

"Une question se pose: à quoi sert cette provocation ouverte et mensongère (...) Nous sommes amenés à penser qu'elle sert à trouver un prétexte pour torpiller les négociations en cours", a affirmé M. Lavrov, dans un message vidéo diffusé à la télévision russe.

18h37: Zelensky prend la parole devant le Parlement espagnol et compare la guerre en Ukraine à Guernica

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a comparé mardi la guerre en Ukraine au massacre de Guernica, petite ville du Pays basque espagnol bombardée en 1937 par l'aviation nazie en soutien des troupes franquistes durant la Guerre civile espagnole. "Nous sommes en avril 2022 mais on se croirait en avril 1937, quand le monde a appris ce qui se passait dans l'une de vos villes, Guernica", a déclaré le président ukrainien lors d'une intervention diffusée en direct à la Chambre des députés espagnole.

M. Zelensky, qui était intervenu un peu plus tôt devant le Conseil de sécurité de l'ONU, comparait Guernica en particulier à Marioupol, ville du sud-est de l'Ukraine assiégée par l'armée russe, "où il ne reste que des ruines, où 90% des bâtiments sont détruits, où les gens sont morts".

Le massacre de Guernica, bombardée par la Légion Condor allemande, a inauguré l'ère des raids aériens massifs sur des civils et a été immortalisé par le peintre Pablo Picasso dans l'une des toiles les plus célèbres au monde, devenue un plaidoyer anti-guerre universel.

L'intervention du président ukrainien devant les députés et le gouvernement espagnols a duré une dizaine de minutes et a été longuement applaudie par l'hémicycle.

18h20: La Grande-Bretagne a gelé 350 milliards de dollars du "trésor de guerre de Poutine"

La Grande-Bretagne a gelé 350 milliards de dollars du "trésor de guerre" du président russe Vladimir Poutine, a déclaré mardi à Varsovie la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss.

"Jusqu'à présent, nos sanctions ont eu un effet paralysant sur ceux qui alimentent et financent la machine de guerre de Poutine. Cette semaine, nous annoncerons que nous avons gelé plus de 350 milliards de dollars du trésor de guerre de Poutine", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse commune avec son homologue polonais Zbigniew Rau.

17h55: Un restaurant transformé en cuisine humanitaire pour territoires occupés

Dans son restaurant, Alexandre Belouga se trouve à la tête d'une véritable opération humanitaire, sa cuisine travaillant sans relâche pour préparer quelque 4.000 repas chaque jour, distribués dans les territoires occupés par l'armée russe en Ukraine.

Ce travail, essentiel pour ces zones où des pénuries ont été signalées, est aussi dangereux, les combats s'étant intensifiés près de Zaporojie, dans le sud de l'Ukraine, où ce restaurateur de 39 ans gère les distributions depuis son établissement, le "Belouga".

Deux des 60 bénévoles ont été tués par des tirs de mortiers et les provisions sont régulièrement confisquées par les soldats russes, révèle-t-il. Les produits les plus populaires tels que les nouilles instantanées et les pâtes sont même placées sur le dessus du contenu des cartons pour éviter les fouilles poussées.

17h38 : la Russie conteste les accusations d'atrocités perpétrées par son armée

Après l'intervention de Volodymyr Zelensky devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le représentant de la Russie a réagi, contestant les accusations d'atrocités perpétrées par l'armée russe en Ukraine. "Nous laissons sur votre conscience les accusations vis à vis des militaires russes qui ne sont confirmées par aucun témoignages des habitants", a déclaré Vassili Nebenzia, selon des propos retranscrits par BFMTV.

Il est également revenu sur les dires de Zelensky à propos de milliers d'Ukrainiens qui ont été déplacés vers la Russie. Cette dernière a procédé à l'évacuation de "600.000 personnes" d'Ukraine, qui ne sont pas parties "sous la contrainte ou enlevées" comme le dit l'Occident, a affirmé Vassily Nebenzia. "Nous ne sommes pas venus en Ukraine conquérir des territoires", a-t-il aussi lancé, en contestant à nouveau les accusations d'atrocités visant l'armée russe.

16h45: Volodymyr Zelensky prend la parole devant l'ONU


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est exprimé pour la première fois devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il est revenu sur les corps des civils découverts à Boutcha, ville où il s'est rendu lundi. "Et le monde n'a pas encore vu ce qu'il s'est passé dans d'autres villes ukrainiennes". Poutine veut que l'Ukraine "tombe en esclavage", a affirmé le président ukrainien.

"Où sont les garanties de sécurité que les Nations Unies sont censées apporter? [...] Où est le conseil de sécurité, où est la paix au nom de laquelle a été créée l'ONU? C'est une organisation qui est censée assumer sa fonction, arrêter les agresseurs, rétablir la paix, où est cette action? Qu'est ce qui a été fait par rapport au massacre de Boutcha?", a interrogé Zelensky. Il a ensuite demandé devant l'ONU que la Russie (qui est membre de l'organisation) soit "tenue responsable" pour "crimes de guerre". "L'ONU autorise aujourd'hui cet agresseur de propager la mort, c'est votre responsabilité, vous devez faire tout ce qui est possible pour protéger la sécurité et la paix [...] Il faut montrer au monde que la Russie peut être punie". Le chef d'État ukrainien a appelé à ce que la Russie soit exclue du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous souhaitons réformer le système sécuritaire mondial" pour que l'ONU puisse protéger les États dans le futur, a lancé Zelensky, qui souhaite convoquer "une conférence internationale" sur le sujet, à Kiev.

Le président a terminé son intervention avec la diffusion d'un montage vidéo reprenant des images choquantes de corps sans vie, prises dans plusieurs villes ukrainiennes, comme Boutcha mais aussi Irpin ou Marioupol. La violence des clichés a provoqué une réaction indignée de la présidente en exercice du Conseil de sécurité. Ce sont des "images épouvantables", a déclaré l'ambassadrice britannique Barbara Woodward, en se disant "scandalisée". Plusieurs corps ou parties de corps figuraient sur ces images, sur un fond sonore accentuant la dramatisation de la vidéo.

16h41: "Allégations crédibles" d'utilisation par la Russie d'"armes à sous-munitions dans des zones peuplées"

L'ONU "a reçu des allégations crédibles selon lesquelles les forces russes auraient utilisé des armes à sous-munitions dans des zones peuplées au moins 24 fois" en Ukraine depuis l'invasion de fin février, a affirmé mardi devant le Conseil de sécurité une haute responsable de l'Organisation.

"Les allégations selon lesquelles les forces ukrainiennes auraient utilisé de telles armes font également l'objet d'une enquête", a ajouté la secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo.

16h10: Marioupol a "dépassé le stade de la catastrophe humanitaire"

"Nous estimons à environ 120.000 le nombre d'habitants encore à Marioupol. Nous avons dépassé le stade de la catastrophe humanitaire parce que depuis plus de 30 jours, les gens n'ont plus ni chauffage, ni eau, ni rien", a déclaré à l'AFP par visioconférence Vadim Boïtchenko, le maire de cette ville du sud-est de l'Ukraine assiégée par l'armée russe. "Il est donc très important de tous les évacuer, leur situation n'est pas dangereuse, elle est invivable. Nous essayons de nous coordonner avec différents partenaires pour faire sortir toute la population de Marioupol", a précisé le maire.

"Il est très difficile pour nous de combattre la propagande du gouvernement et l'armée russes", a-t-il dit par ailleurs, dénonçant une tentative de "discréditer" les autorités ukrainiennes auprès de ses concitoyens. "Ils essayent de faire croire à la population qu'elle a été abandonnée et que le gouvernement ne fait rien pour la sauver, lui envoyer de l'aide ou tenter de l'évacuer. Ils ont isolé et encerclé la ville avec leurs troupes et les habitants sont coupés des informations de notre gouvernement, ils n'ont plus de connexion internet", a souligné M. Boïtchenko.

15h33: Blinken dénonce une "campagne délibérée pour tuer, torturer, violer" concernant la découverte de cadavres à Boutcha

"Ce que nous avons vu à Boutcha n'est pas l'acte isolé d'une unité dévoyée. C'est une campagne délibérée pour tuer, torturer, violer, commettre des atrocités", a dénoncé mardi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

15h15: Poutine veut "surveiller" les exportations alimentaires vers les pays "hostiles"

Le président russe Vladimir Poutine a proposé mardi de "surveiller" les livraisons alimentaires vers les pays "hostiles" au Kremlin, en pleine vague de sanctions contre Moscou ayant des conséquences sur de nombreux secteurs agricoles.

"Cette année, sur fond de pénurie alimentaire mondiale, nous allons devoir être plus attentifs aux livraisons alimentaires à l'étranger et surveiller en particulier les conditions de ces exportations vers les pays qui mènent contre nous une politique hostile", a affirmé M. Poutine, lors d'une réunion retransmise à la télévision publique.

Vladimir Poutine a aussi dénoncé la "pression" exercée contre Gazprom en Europe, soulignant que nationaliser des actifs russes était "une arme à double tranchant". "La situation dans le domaine énergétique s'aggrave à cause de mesures grossières, qui ne sont pas liées au marché, notamment la pression administrative sur notre société Gazprom dans plusieurs pays européens", a-t-il dit à la télévision, après que l'Allemagne a annoncé la veille prendre le contrôle temporaire d'une filiale allemande du géant gazier.

15h13: Le ministre italien des Affaires étrangères menacé de mort pour son soutien à l'Ukraine

Les menaces de mort formulées de manière répétée sur les réseaux sociaux à l'encontre du ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio (M5S) suscitaient mardi l'indignation de la classe politique italienne dans son ensemble. Le chef de la diplomatie transalpine n'a en effet jamais caché son opinion selon laquelle la Russie était l'agresseur dans le conflit qui l'oppose à l'Ukraine.

Ces menaces qui sont exprimées par des partisans de la Russie ou de son action contre l'Ukraine ne laissent par ailleurs pas beaucoup de place au doute, d'aucuns appelant Vladimir Poutine à "envoyer quelqu'un pour le tuer". Des menaces qui ne pousseront toutefois pas le ministre italien à changer d'attitude. "De telles menaces n'arrêteront pas nos efforts en faveur de la paix", a-t-il ainsi déclaré mardi, après que le ministère des Affaires étrangères a expulsé 30 diplomates russes.

Luigi Di Maio a reçu dès lundi soir le soutien tant de ses partenaires que de ses adversaires politiques. Le Premier ministre italien lui témoignant ainsi sa "solidarité maximale" L'ancien chef du gouvernement Guiseppe Conte, pourtant rival du chef de la diplomatie italienne au sein de son parti, a réclamé pour sa part des poursuites sévères. Des menaces également condamnées par le social-démocrate Enrico Letta ou encore Matteo Salvini (Lega) et Giorgia Meloni (Fratelli d'Italia).

14h57: L'Otan redoute la découverte "d'autres atrocités" commises par les forces Russes en Ukraine

"La Russie a violé les lois internationales et est responsable d'atrocités en Ukraine", selon Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan. "Des atrocités brutales en Ukraine ont été commises dans des territoires contrôlés pas la Russie et j'ai peur que ce ne soit qu'un début", a dit le chef de l'Alliance.

Les agissements de la Russie dans la ville de Boutcha, ville ukrainienne où ont été découvert des dizaines de cadavres après le retrait de troupes russes sont "des crimes de guerre", a affirmé le secrétaire général de l'Otan à la veille de deux jours de réunion des ministres de la Défense de l'Alliance. "Il s'agit de la guerre de Poutine", a affirmé le secrétaire général de l'Otan.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance discuteront jeudi avec leur homologue ukrainien Dmytro Kouleba des besoins des forces ukrainiennes, a-t-il précisé. "Je ne veux pas donner de détails, mais la fourniture d'armes anti-chars et de systèmes de défense anti-aériens est examinée", a-t-il indiqué.

14h44: La Commission propose un 5e paquet de sanctions visant la Russie

La Commission européenne a proposé mardi aux Vingt-Sept de durcir les sanctions contre Moscou, en arrêtant leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l'UE, et en fermant les ports européens aux bateaux opérés par des Russes.

Après la découverte d'un grand nombre de corps dans la région de Kiev, "il faut clairement accroître encore notre pression" sur Moscou, a estimé la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Bruxelles propose également de durcir les sanctions bancaires existantes et d'interdire pour 10 milliards d'euros d'exportations d'équipements et composants industriels cruciaux vers la Russie, comme les semi-conducteurs avancés.

Ces propositions seront soumises à l’approbation unanime des États membres.

14h19: La Russie se prépare à prendre "le contrôle de l'ensemble" du Donbass

"Nous nous attendons à une nouvelle offensive dans le Donbass (est de l'Ukraine)", a déclaré mardi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, à la veille de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance transatlantique qui aura lieu ces mercredi et jeudi au quartier général de l'Otan, à Bruxelles. "Le but du président russe Poutine était d'envahir (la capitale ukrainienne) Kiev et il n'y est pas arrivé", a expliqué le chef de l'Otan. M. Stoltenberg a également indiqué que les troupes russes s'étaient repliées vers la Russie et le Bélarus afin de préparer une nouvelle offensive.


"Les troupes russes ont quitté la région de Kiev et le nord de l'Ukraine. Vladimir Poutine déplace un grand nombre de troupes vers l'Est en Russie. Elles vont se réarmer, recevoir des renforts en effectifs, car elles ont subi beaucoup de pertes, et se réapprovisionner pour lancer une nouvelle offensive très concentrée dans la région du Donbass", a-t-il expliqué.

"Le repositionnement des forces russes va prendre un certain temps, quelques semaines, avant le lancement d'une offensive majeure. Il est essentiel que les alliés soutiennent les Ukrainiens, les aident à se réarmer, pour leur permettre de se défendre", a-t-il insisté. Le chef de l'Otan a affirmé que le dialogue avec la Russie avait changé. "Nous n'avons plus de dialogue et de partenariat. Mais il faut que l'on continue à communiquer, afin d'éviter les risques de confrontation militaire direct".

14h13: Washington interdit à la Russie de payer sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines

Les Etats-Unis n'autorisent plus la Russie, à partir de mardi, à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines, renforçant la pression et faisant croître le risque d'un défaut de paiement russe.

"Aujourd'hui est la date limite pour que la Russie effectue un autre paiement de la dette", a indiqué à l'AFP un porte-parole du Trésor américain, précisant qu'avec cette mesure, "la Russie doit choisir entre vider ses réserves de dollars restantes ou (utiliser) de nouveaux revenus entrants, ou faire défaut".

14h07: Les nouvelles sanctions de l'UE "devront intégrer le pétrole et le charbon"

Les nouvelles sanctions en discussion au sein de l'Union européenne contre la Russie "devront intégrer le pétrole et le charbon", a déclaré mardi à Berlin le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

"Nous travaillons ensemble, la France et l'Allemagne, à la définition de ce que pourrait être ce nouveau paquet (de sanctions) qui devra intégrer le pétrole et le charbon" russes, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse à Berlin, tenue notamment avec son homologue allemande, Annalena Baerbock.

Il y a, selon lui, un consensus sur "la nécessité d'avoir de nouvelles sanctions, en raison de l'aggravation de la situation (en Ukraine) et de l'effroi que donne ces images que nous avons pu constater" de civils tués à Boutcha, au nord-ouest de Kiev.

13h40: Expulsions de diplomates: le Kremlin dénonce le "manque de clairvoyance" européenne

Le Kremlin a dénoncé mardi le "manque de clairvoyance" européenne après l'expulsion d'Europe de plus de 120 diplomates russes en raison de l'offensive russe en Ukraine. "Nous le regrettons. La réduction des possibilités de communiquer au niveau diplomatique dans ces conditions difficiles" dénote d'un "manque de clairvoyance qui va compliquer davantage la communication (entre la Russie et l'UE, ndlr) nécessaire pour trouver des solutions", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Et cela va entraîner inévitablement des mesures de représailles", a-t-il ajouté.

Après la France et l'Allemagne lundi, l'Italie, le Danemark, la Suède et l'Espagne ont à leur tour annoncé qu'ils allaient expulser mardi des dizaines de diplomates russes, marquant une nouvelle dégradation des relations avec Moscou après la découverte près de Kiev de massacres imputés par les autorités ukrainiennes aux forces russes. Au total, environ 150 diplomates russes ont été expulsés de pays européens en 48h, et +/- 260 depuis le début de la guerre en Ukraine.

Pour sa part, la Russie a rejeté fermement son implication, en dénonçant une "mise en scène" ukrainienne visant selon Moscou à dénigrer l'image des soldats russes.

13h32: L'Espagne expulse à son tour "environ 25" diplomates russe

L'Espagne a à son tour décidé d'expulser "de manière immédiate" environ 25 diplomates russes qui représentaient une "menace pour les intérêts" du pays, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse.

Madrid imite ainsi la France, l'Allemagne, l'Italie ou encore le Danemark qui ont également procédé à des expulsions de diplomates russes dans un contexte d'indignation européenne autour de l'offensive menée par Moscou en Ukraine, et en particulier après la récente découverte de cadavres dans la ville de Boutcha.

13h20 : Le Kremlin dénonce le "manque de clairvoyance européenne" suite aux multiples expulsions de diplomates russes dans les différents pays d'Europe

"Nous le regrettons. La réduction des possibilités de communiquer au niveau diplomatique dans ces conditions difficiles" dénote d'un "manque de clairvoyance qui va compliquer davantage la communication (entre la Russie et l'UE, ndlr) nécessaire pour trouver des solutions", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, après l'expulsion d'Europe de plus de 120 diplomates russes en raison de l'offensive russe en Ukraine. "Et cela va entraîner inévitablement des mesures de représailles", a-t-il ajouté.

Après la France et l'Allemagne lundi, l'Italie, le Danemark, la Suède et l'Espagne ont à leur tour annoncé qu'ils allaient expulser mardi des dizaines de diplomates russes, marquant une nouvelle dégradation des relations avec Moscou après la découverte près de Kiev de massacres imputés par les autorités ukrainiennes aux forces russes.

Pour sa part, la Russie a rejeté fermement son implication, en dénonçant une "mise en scène" ukrainienne visant selon Moscou à dénigrer l'image des soldats russes.

13h00 : Trois nouvelles enquêtes ouvertes en France pour "crimes de guerre"

Le parquet national antiterroriste (Pnat) français a annoncé mardi avoir ouvert trois nouvelles enquêtes pour "crimes de guerre" pour des faits commis au préjudice de ressortissants français en Ukraine depuis l'invasion de la Russie.

Les faits visés auraient été commis à Marioupol (sud de l'Ukraine), Gostomel (région de Kiev) et Tcherniguiv (nord), a précisé le Pnat, compétent pour ce type d'infraction. Ce dernier avait déjà ouvert une enquête après le décès de Pierre Zakrzewski, un journaliste franco-irlandais, le 14 mars près de la capitale ukrainienne.

12h30 : A Boutcha, tout pointe vers des civils ukrainiens visés délibérément, selon l'ONU

Les images sortant de Boutcha, ville ukrainienne où ont été découvert des dizaines de cadavres après le retrait de troupes russes, "pointent vers des civils ciblés délibérément", a affirmé mardi une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. "Tous les signes pointent vers le fait que les victimes ont été ciblées délibérément et tuées directement. Et ces preuves sont très inquiétantes", a souligné Elizabeth Throssell, lors d'un point de presse régulier de l'ONU à Genève, soulignant que le droit humanitaire international interdit de s'attaquer délibérément aux civils, ce qui équivaut à un crime de guerre.

"Il faut enquêter, mais si on peut comprendre qu'un immeuble par exemple soit frappé dans un contexte militaire, il est difficile d'imaginer quel serait le contexte militaire d'un individu couché dans la rue avec une balle dans la tête ou d'avoir leur corps brûlé", a-t-elle souligné.

Mme Throssell a précisé que les Haut-Commissariat lui-même n'avait pour l'instant personne sur place dans cette ville près de Kiev.

La diffusion dans les médias internationaux de photos prises dans cette ville et montrant des corps dans la rue, certains les mains liées dans le dos ou partiellement brûlés, ainsi que des fosses communes, ont provoqué une vague de condamnation internationale.

Les autorités ukrainiennes accusent les soldats russes d'avoir massacré des civils ce que Moscou dément, accusant les autorités ukrainiennes d'avoir mis le tout en scène.

11h40 : l'Italie expulse à son tour 30 diplomates russes

L'Italie a décidé d'expulser 30 diplomates russes pour des raisons de "sécurité nationale", a déclaré mardi le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, qui s'exprimait à Berlin sur la chaîne d'information italienne RaiNews24.

Cette décision de l'Italie fait suite à des mesures similaires prises lundi par l'Allemagne et la France, et mardi matin par le Danemark.

"Cette mesure, prise d'un commun accord avec nos partenaires européens et atlantiques, a été rendue nécessaire pour des raisons liées à notre sécurité nationale et dans le contexte de la situation actuelle de crise liée à l'agression injustifiée de l'Ukraine par la Fédération de Russie", a déclaré le chef de la diplomatie italienne, dont les propos ont été confirmés à l'AFP par le service de presse du ministère.

Cette mesure a été notifiée à l'ambassadeur russe à Rome par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, selon la même source.

11h30 : Pékin réitère son appel à des pourparlers après les accusations de massacres

Pékin a réitéré son appel à des pourparlers de paix pour résoudre le conflit en Ukraine lors d'un entretien entre les ministres chinois et ukrainien des Affaires étrangères, alors que les forces russes sont accusées d'avoir commis des massacres. La communauté internationale a intensifié ces derniers jours ses condamnations à l'encontre de Moscou après la découverte de cadavres dans la région de Kiev imputés à l'armée russe, qui nie toute implication.

11h10 : Von der Leyen et Borrell se rendront à Kiev cette semaine

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell se rendront à Kiev "cette semaine" pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a annoncé mardi le porte-parole en chef de la Commission, sur Twitter. Ce déplacement fait suite à celui de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, vendredi. Il intervient avant une conférence des donateurs pour l'Ukraine, prévue samedi à Varsovie (Pologne), alors que les Vingt-sept discutent cette semaine d'un nouveau train de sanctions contre Moscou, après les images de civils massacrés à Boutcha et ailleurs en Ukraine.

10h55 : Moscou accuse Kiev de préparer des "mises en scène" de civils tués

La Russie a accusé mardi les autorités ukrainiennes de préparer des "mises en scène" de civils tués par les forces de Moscou dans plusieurs villes, en pleine indignation internationale après la découverte de cadavres dans la ville de Boutcha. Accusée par les Occidentaux et les autorités ukrainiennes d'avoir massacré des civils dans cette ville proche de Kiev, l'armée russe a démenti toute responsabilité, y voyant une mise en scène appelée à se répéter.

"Des membres du 72e centre ukrainien des opérations psychologiques ont tourné, le soir du 4 avril, une nouvelle mise en scène filmée de civils prétendument tués par des actions violentes de l'armée russe dans le village de Mochtchoun, à 23 km au nord-ouest de Kiev", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

"Des événements similaires sont en train d'être organisés par les services spéciaux ukrainiens à Soumy (nord-est), Konotop (nord-est) et dans d'autres villes", a-t-il ajouté.

Ces accusations interviennent en pleine indignation internationale après la découverte de nombreux cadavres à Boutcha à la suite du retrait des forces russes.

La localité de Mochtchoun est située près de Boutcha.

La Russie a "catégoriquement" nié toute exaction, mettant en doute la fiabilité des images prises à Boutcha et dénonçant une campagne de "désinformation".

10h50 : Démantèlement d'une importante plateforme russe du darknet

La "plus grande" plateforme de vente du darknet mondial, dénommée "Hydra Market" et opérant en langue russe depuis 2015, a été démantelée et des bitcoins d'une valeur de 23 millions d'euros ont été saisis, a annoncé mardi la justice allemande. "Les serveurs du plus grand marché du darknet au monde ont été confisqués et 543 bitcoins pour une valeur totale d'environ 23 millions d'euros ont été sécurisés", selon un communiqué du parquet de Francfort. Les enquêteurs soupçonnent cette plateforme comptant environ 17 millions de clients de servir à des activités criminelles et à du blanchiment d'argent.

10h25 : Les troupes ukrainiennes ont repris un "territoire important" dans le nord, selon Londres

Les forces ukrainiennes ont repris un "territoire important" aux troupes russes dans le nord du pays, affirme le ministère britannique de la Défense dans son dernier rapport sur la guerre en Ukraine. "Dans certaines des régions reconquises, les combats vont probablement se poursuivre à un faible niveau, mais comme le reste des forces russes se retire, leur intensité va baisser sensiblement cette semaine", est-il indiqué dans le rapport.

Le ministère a ajouté que les soldats russes devront probablement être "rééquipés et récupérés" avant de pouvoir être redéployés pour des opérations dans l'est du pays.

10h20 : Le Danemark expulse 15 diplomates russes pour espionnage

Le Danemark va expulser 15 diplomates russes pour espionnage, a annoncé mardi le ministre danois des Affaires étrangères, au lendemain de l'expulsion de diplomates russes de France et d'Allemagne pour des raisons similaires.

"Nous avons établi que les 15 agents de renseignement expulsés ont mené des activités d'espionnage sur le sol danois", a déclaré à la presse Jeppe Kofod, disant vouloir "envoyer un signal clair à la Russie: l'espionnage sur le sol danois est inacceptable".

10h15 : Les États-Unis vont introduire une nouvelle sanction contre la Russie

La Russie ne pourra plus payer sa dette nationale à partir de comptes en dollars détenus dans des institutions financières américaines, selon une nouvelle sanction imposée à Moscou par le Trésor américain. Cette mesure implique un repositionnement de la Russie, qui devra choisir entre trois options moins intéressantes, annonce un porte-parole du ministère: payer sa dette grâce aux dollars qu'elle possède encore en réserve sur son territoire, dépenser immédiatement les nouveaux revenus ou se placer en défaut de paiement.

Autant d'options destinées à affaiblir l'économie russe.

10h00 : L'Ukraine annonce la mise en place de sept couloirs humanitaires pour évacuer des civils

L'Ukraine a annoncé mardi la mise en place de sept couloirs humanitaires pour l'évacuation des civils. Les habitants de la ville portuaire assiégée de Marioupol ne pourront cependant quitter la ville qu'en voitures privées, a déclaré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Vereshchuk, selon l'agence de presse Ukrinform.

Elle a accusé les troupes russes de continuer à empêcher les convois humanitaires d'atteindre Marioupol. Depuis des semaines, Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de saboter l'évacuation des civils.

Selon Mme Vereshchuk, les employés de la Croix-Rouge qui auraient été détenus dans le village de Manhouch, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Marioupol, ont depuis été libérés. Mardi, la Croix-Rouge devait entamer une nouvelle tentative pour amener les personnes présentes dans des bus vers la ville de Zaporijjia.

Environ 600 soldats russes sont actuellement détenus comme prisonniers de guerre par l'Ukraine, selon Mme Vereshchuk.

Les autorités ukrainiennes cherchent des moyens d'atteindre les Ukrainiens détenus en captivité par le biais de la Croix-Rouge et veulent amener la Russie à les libérer, a-t-elle ajouté. Dans les régions des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, certaines personnes seraient des prisonniers de guerre russes depuis 2014.

09h30 : L'équipe du CICR détenue en Ukraine a été libérée

L'équipe du Comité international de la Croix-Rouge, détenue lundi par la police dans une zone contrôlée par les troupes russes près de Marioupol en Ukraine, "a été libérée dans la nuit", a indiqué un porte-parole du CICR.

L'équipe, qui avait été arrêtée à Mangush à 20 kilomètres à l'ouest de Marioupol, "se concentre désormais sur la poursuite des opérations d'évacuation humanitaire", précise le porte-parole, ajoutant que cet incident "montre la volatilité et la complexité" de cette opération.

09h00 : Bombardements sur Kramatorsk, principale ville aux mains de Kiev dans l'est

Plusieurs bombardements ont touché dans la nuit de lundi à mardi Kramatorsk, grande ville contrôlée par Kiev dans l'est de l'Ukraine sous la menace d'une offensive des troupes russes.

Selon un journaliste de l'AFP, ces tirs, probablement de missiles ou de roquettes longue portée, ont notamment détruit une école du centre-ville, voisine d'un bâtiment de la police, vers 03H00 heure locale.

Au petit matin, un cratère fumant d'une dizaine de mètres de diamètre était visible dans la cour de l'école, en partie effondrée. De nombreuses vitres ont été soufflées à la ronde mais des habitants du quartier ne faisaient état d'aucune victime, l'école étant apparemment vide.

Aucun bilan officiel n'a été communiqué.

Depuis que la Russie a retiré ses troupes des régions de Kiev et du centre-nord du pays et annoncé vouloir "concentrer ses efforts sur la libération du Donbass", cet historique bassin minier de l'Ukraine vit dans l'angoisse d'une offensive russe majeure.

Le gouvernement ukrainien a dit s'attendre à une aggravation de la situation dans cette région tandis que les forces russes tentent de prendre en tenaille l'armée ukrainienne, déployée depuis 2014 sur une ligne de front longeant Donetsk au sud et Lougansk à l'est - capitales des deux "républiques" séparatistes prorusses du même nom - et qui va désormais jusqu'à Izioum, récemment conquise au nord-ouest.

Capitale régionale de fait depuis octobre 2014 du territoire encore sous contrôle de Kiev dans cette partie du pays, Kramatorsk est située au centre de ce chaudron et se retrouverait alors encerclée.

Des milliers d'habitants ont fui la ville ces derniers jours par peur de cet encerclement. Selon la compagnie des trains ukrainienne, 3.100 personnes ont été évacuées lundi mais les trains étaient interrompus mardi matin en raison des bombardements de la nuit, les voies ferrées devant être inspectées.

07h00 : Des images satellites contredisent la version russe sur Boutcha

Une analyse des images satellites par le New York Times montre que les nombreux cadavres découverts dans la ville ukrainienne de Boutcha gisent là depuis des semaines. Cette conclusion contredit l'affirmation russe selon laquelle les corps ont été jetés aux alentours du 30 mars, après le départ des troupes russes. Le journal américain s'est appuyé sur des images satellites de Maxar Technologies et sur plusieurs vidéos pour montrer qu'au moins onze corps se trouvaient déjà sur place le 11 mars, alors que les troupes russes occupaient encore la ville.

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De nombreux pays ont réagi avec indignation aux images de Boutcha, une banlieue de la capitale ukrainienne Kiev, prises après le retrait des troupes russes. Selon l'Ukraine, des centaines de personnes ont été tuées par les Russes. Le président américain Joe Biden estime que son homologue russe Vladimir Poutine devrait être jugé pour crimes de guerre.

06h30 : 20 réfugiés ukrainiens arrivent à Tokyo dans un avion gouvernemental japonais

Le Japon, habituellement très réfractaire à l'accueil de réfugiés, a accueilli mardi 20 Ukrainiens ayant fui la guerre et qui sont arrivés à l'aéroport de Tokyo à bord d'un avion gouvernemental japonais.

Ces personnes, qui se trouvaient en Pologne à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, sont arrivées avec le ministre japonais des Affaires étrangères Yoshimasa Hayashi qui était en visite à Varsovie.

M. Hayashi a effectué un voyage de plusieurs jours en Pologne qui accueille une grande partie des quelque 4,2 millions de réfugiés ukrainiens.

Le Japon n'accepte généralement que quelques dizaines de réfugiés par an sur des milliers de candidats, et ses frontières sont actuellement fermées à quasiment tous les visiteurs étrangers dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

06h00 : Zelensky devant le Conseil de sécurité de l'ONU après s'être rendu à Boutcha

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'exprimera mardi lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Ukraine, dominée par les récents événements à Boutcha, a annoncé lundi sur Twitter la mission diplomatique britannique qui préside en avril cette instance des Nations unies.

Interrogée, la mission n'a pas été en mesure de dire à ce stade si cette intervention par liaison vidéo, inédite à une réunion de l'ONU à New York depuis l'invasion russe du 24 février de l'Ukraine, serait en direct ou enregistrée à l'avance.

02h15 : Au moins 11 morts et plus de 60 blessés à Mykolaïv

Au moins 11 personnes ont perdu la vie et 62 autres ont été blessées par des attaques russes à Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, a indiqué le gouverneur de l'oblast de Mykolaïv, Vitaly Kim, sur l'application de messagerie Telegram. Le bourgmestre de la ville, Oleksandr Syenkevych, avait précédemment annoncé sur Telegram que 10 personnes avaient été tuées et 46 blessées.

Selon le maire, des maisons, hôpitaux, crèches, des écoles et un orphelinat ont été les cibles de tirs. Quelque 120 personnes ont fui la ville lundi à bord de bus d'évacuation lundi.

Ces informations n'ont pu être vérifiées de manière indépendante.

Par ailleurs, deux personnes ont également perdu la vie à Avdïïvka, dans l'est de l'Ukraine, dans l'oblast de Donetsk, selon le gouverneur de la région, Pavlo Kirilenko.

Rappel des faits principaux de la journée de lundi

Moscou rejette les accusations liées aux crimes de Boutcha

La Russie rejette "catégoriquement" toutes les accusations liées à la découverte d'un grand nombre de cadavres de civils à Boutcha, près de Kiev, a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a plus tard indiqué que la Russie allait présenter, lors d'une conférence de presse à 19H30 GMT au siège des Nations unies à New York, des "documents" montrant, selon elle, la "vraie nature" des événements dans cette ville. Il a qualifié les images de corps de "fausses", dénonçant une campagne de "propagande" et de "désinformation".

Selon la procureure générale d'Ukraine, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes. Son bureau a en outre fait état lundi soir des corps de cinq hommes avec les mains liées retrouvés dans la cave d'un sanatorium pour enfants à Boutcha.

Zelensky dénonce un "génocide"

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé lundi en visitant Boutcha que des "crimes de guerre" qui seront "reconnus comme un génocide" y ont été commis.

Lioudmila Denissova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien, a de son côté affirmé que les soldats ukrainiens capturés par l'armée russe et récemment libérés avaient fait état de "traitements inhumains" subis en captivité.

Biden veut "un procès pour crimes de guerre"

Le président américain Joe Biden a déclaré vouloir un "procès pour crimes de guerre" et vouloir prendre "des sanctions supplémentaires" contre la Russie, en réaction aux événements de Boutcha.

Nouvelles sanctions occidentales "cette semaine"

Les Etats-Unis et leurs alliés veulent annoncer "cette semaine" de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, tandis que l'Ukraine recevra plus d'assistance militaire, a annoncé lundi le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.

L'Union européenne discute de son côté en "urgence" de nouvelles sanctions contre Moscou, réclamées notamment par la France et l'Allemagne, a indiqué le haut représentant de l'UE Josep Borrell.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué des sanctions individuelles et des mesures sur "le charbon et le pétrole". L'Allemagne et l'Autriche ont exclu des sanctions contre le secteur gazier russe.

Les habitants de Kiev ayant fui appelés à ne pas y retourner

Les habitants de Kiev ayant fui l'invasion russe ont été appelés lundi par le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko à ne pas y retourner avant "au moins une semaine", des bombardements russes pouvant encore, selon lui, s'y produire.

Washington et Londres veulent suspendre la Russie du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont réclamé lundi la "suspension" de la Russie du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, en réponse "aux images de Boutcha", ville ukrainienne où ont été retrouvés de nombreux cadavres après le départ des forces russes.

"Nous ne pouvons pas laisser un Etat membre qui est en train de saper tous les principes qui nous tiennent à coeur participer au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU", a tweeté l'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Linda Thomas-Greenfield.

Elle s'est adressée aux 140 pays sur les 193 que compte l'ONU qui ont "déjà voté pour condamner" l'invasion russe de l'Ukraine dans une résolution de l'Assemblée générale: "Les images de Boutcha et la dévastation à travers l'Ukraine nous imposent à présent de passer de la parole aux actes."

"Attaque massive" redoutée dans l'est

Les forces russes préparent une "attaque massive" contre les troupes ukrainiennes dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, a estimé lundi son gouverneur dans un message vidéo.

La situation est "tendue" dans tout le Donbass (est) sous contrôle ukrainien, où l'armée est prête à affronter les forces russes et la population civile doit évacuer sans délai, avait déclaré plus tôt le gouverneur de cette région.

Selon un haut responsable du Pentagone, les deux tiers des forces russes qui occupaient la région de Kiev depuis le début de l'invasion se sont repliées au Bélarus. Il s'agit selon lui vraisemblablement d'une réorganisation avant un nouvel assaut ailleurs en Ukraine, probablement dans le Donbass.

Expulsions de diplomates russes

L'Allemagne a décidé d'expulser une quarantaine de diplomates russes et la France 35.

La Russie a jugé que ses relations avec l'Allemagne allaient encore plus se "détériorer" après cette décision "inamicale".