Guerre ouverte à Santiago

Monde

H. Le.

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La justice donne raison au juge Guzman qui veut interroger aujourd'hui Augusto Pinochet

SANTIAGO Le bras de fer se poursuit au Chili. Le juge Guzman, qui instruit le dossier à charge d'Augusto Pinochet, avait réclamé d'entendre le général à la retraite dans le cadre des enlèvements et des disparitions d'opposants lors des premiers mois de son règne en 1973, un épisode sanglant de sa dictature connu sous le nom de caravane de la mort. Pinochet et ses avocats ne l'entendaient pas de cette oreille.

Le juge Guzman avait donc déjà décidé, le 1er décembre dernier, d'inculper et d'assigner à résidence le célèbre prévenu pour sa responsabilité dans l'enlèvement et l'assassinat de 75 détenus politiques, en octobre 1973. Une décision annulée par la cour d'appel le 11 décembre, puis, le 20 décembre, par la Cour suprême, qui avaient estimé que l'ex-dictateur n'avait pas été soumis à l'interrogatoire de rigueur.

Qu'à cela ne tienne, le juge Guzman, qui instruit plus de 200 dossiers à charge de Pinochet, repartait à la charge en convoquant le général pour des examens médicaux nécessaires avant tout interrogatoire d'une personne de plus de 70 ans par la justice chilienne.

Dès l'annonce de la convocation, le vieux général remontait au front en annonçant qu'il ne se présenterait pas. Dimanche, date prévue pour le check-up, le juge Guzman a attendu en vain le patient. Pinochet n'est pas venu.

Parallèlement, ses avocats avaient introduit un nouveau recours devant la cour d'appel pour demander un report de l'interrogatoire prévu pour aujourd'hui. La cour d'appel a tranché. Pinochet devra se présenter devant le juge même s'il n'a pas passé ses examens médicaux.

Le derbier recours possible demeurait la Cour suprême du Chili. C'est chose faite depuis hier soir. Mais jusqu'ici, cette cour, qui pourrait rendre son verdict très rapidement, a toujours suivi la décision de la cour d'appel. S'il refuse d'obtempérer aujourd'hui, Augusto Pinochet pourrait être inculpé et placé en surveillance surveillée sans qu'un interrogatoire soit nécessaire.

Cette précaution avait déjà été demandée par les avocats de l'accusation qui ont demandé, samedi dernier, que Pinochet soit mis en résidence surveillée préventive, comme le permet le code pénal chilien, pour être certain que l'ancien dictateur se présente bien devant le juge en début de semaine. Guzman n'a pas voulu de cette mesure. Le bras de fer qui oppose la justice au tombeur d'Allende aborde un tournant délicat. Les deux camps sont allés très loin dans leur défi. Pinochet et les militaires se plieront-ils au jeu démocratique? Le Chili pourrait vivre des heures déterminantes, à moins que les pinochetistes e plient au jeu en retardant chaque étape en spéculant sur l'âge avancé de leur ami.

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