Débat ce mercredi soir entre Benoît Hamon et Manuel Valls.

Benoît Hamon et Manuel Valls vont en découdre ce soir lors d’un ultime débat opposant donc les deux finalistes de la primaire de gauche.

Benoît Hamon est le favori de ce second tour, qui désignera dimanche soir le candidat officiel appelé à défendre les valeurs et les idées du parti socialiste lors de l’élection présidentielle d’avril et mai prochains. Les propositions des deux candidats, justement, sont bien souvent très opposées. Pour faire simple, ils ne sont quasiment d’accord sur rien (voir ci-dessous).

Du coup, l’heureux élu risque d’avoir quelques difficultés à rassembler l’électorat socialiste sur son nom. Le risque, bien entendu, est que les déçus de la défaite de Manuel Valls se rallient à Emmanuel Macron et que les déçus de l’élimination de Benoît Hamon reportent cette fois leur choix sur Jean-Luc Mélenchon. De quoi encore un peu plus déforcer une candidature faiblarde, quel que soit le nom du vainqueur de la primaire.

Les socialistes veulent justement écarter ce scénario. Benoît Hamon veut donner l’image d’un futur front uni. "Si Manuel Valls gagne, je ne contesterai pas sa victoire et je m’inscrirai dans le futur scénario de la gauche." Manuel Valls reste dans le flou. "Je ne réponds pas aux questions avant qu’elles ne se posent", a-t-il confié. Dimanche soir, il avait toutefois souligné que la victoire de Benoît Hamon signifierait une "défaite assurée à l’élection présidentielle." Ambiance…

L’ancien Premier ministre a en tout cas promis d’être "offensif" ce mercredi soir, sans doute encore plus "offensif" que dans ces dernières déclarations.

Les deux hommes, en tout cas, ne se sont pas épargnés ces derniers jours. Manuel Valls a ainsi qualifié son ancien ministre de l’Éducation nationale de "marchand de sable" et de "marchand d’illusions."

Pour Benoît Hamon, l’ancien chef du gouvernement se contente de proposer des "solutions d’hier" qui relèvent de "la paresse intellectuelle"… "Cela ne marchera pas parce que ça n’a pas marché jusqu’ici." Ambiance, disions-nous.

Ils s’opposent également sur la notion de laïcité, l’ancien Premier ministre accusant une fois de plus Benoît Hamon d’"ambiguïtés" sur le sujet. "La laïcité est là pour protéger, pour permettre à ceux qui croient comme ceux qui ne croient pas de vivre ensemble", a-t-il dénoncé alors que Benoît Hamon apparaît plus soft à son goût.

Reste que ce combat pour la désignation du champion de la gauche socialiste n’a guère passionné les foules, à l’inverse de la primaire organisée à droite. Il est vrai que les électeurs de droite avaient alors la possibilité de désigner le prochain président de la République...

© D.R.