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De marbre face au tourbillon médiatique provoqué par la révélation de sa liaison avec une actrice, le président François Hollande cherche à s’en tenir à son programme politique, en dépit de l’intérêt de l’opinion pour cette affaire.

De sa conférence de presse mardi où il a détaillé sa politique économique à ses vœux vendredi au corps diplomatique marqués par les sujets internationaux, le président socialiste a réussi à imposer ses priorités politiques sur un ton de fermeté rarement entendu depuis son élection en 2012. “Tout ce que je dois faire à la tête de l’État, c’est de faire en sorte que la France soit une puissance économique, une force qui puisse se mettre en mouvement en Europe et pour elle-même”, a-t-il déclaré vendredi devant un parterre d’ambassadeurs.

Une phrase en forme de credo alors que la presse people et les médias dans leur ensemble se perdent en conjectures sur le sort de Valérie Trierweiler, 48 ans, la compagne du président toujours hospitalisée, et la genèse de la liaison du chef de l’État avec Julie Gayet, 41 ans.

Selon le magazine Closer qui avait révélé l’affaire le 10 janvier, l’actrice et celui qui n’était alors que le candidat du Parti socialiste à la présidentielle ont fait connaissance en 2011, soit avant les élections.

L’annonce de leur liaison a déjà trouvé une suite judiciaire. La comédienne a attaqué en justice le magazine pour atteinte à la vie privée et le procès se tiendra “dans les prochaines semaines”, selon une source judiciaire.

Mais ce sont les relations entre le chef de l’État, 59 ans, et sa compagne depuis 2005 qui suscitent le plus d’interrogations. Le président s’est rendu jeudi soir au chevet de Valérie Trierweiler, pour la première fois depuis son hospitalisation consécutive à la révélation de l’affaire.

En dépit d’une forte pression médiatique pour clarifier sa situation de couple, François Hollande s’est contenté de répondre aux questions posées sur l’aspect “sécurité” de sa liaison.

Jean-Daniel Levy, directeur du département opinion de Harris interactive, relève pour sa part “un risque potentiel” pour François Hollande : “quand l’attitude du personnage privé renseigne sur la manière dont il peut se positionner en tant que responsable politique”.

Il note ainsi que le tweet de Valérie Trierweiler, soutenant en juin 2012 un rival de l’ancienne compagne de François Hollande, Ségolène Royal, a eu un effet important sur la confiance envers le chef de l’État et sur son image “ car il a donné à voir un président de la République qui n’avait pas suffisamment d’autorité au sein de son couple, et donc potentiellement à l’égard du gouvernement”.