Monde

Après environ 45 minutes de discours, le président de la république française, François Hollande, a commencé à se prêter au jeu des questions-réponses avec les journalistes. La première question a... directement concerné les révélations sorties la semaine dernière dans la presse people concernant sa possible relation amoureuse avec la comédienne Julie Gayet.

Le président de la presse professionnelle de France a ainsi demandé si Valérie Trierweiler était encore aujourd'hui la première Dame de France. "Ces révélations ont provoqué de l'émoi, des questions, de la curiosité... Il y a un besoin de clarté des Français mais aussi des pays étrangers qui regardent la France".

François Hollande a alors répondu simplement: "Je comprends la question et vous comprendrez ma réponse... Chacun dans sa vie personnelle peut traverser des épreuves. C'est notre cas. Nous vivons des moments douloureux. J'ai un principe: les affaires privées se traitent en privé. Ce n'est ni le lieu, ni le moment de le faire. Je ne répondrai à aucune question sur le sujet"

François Hollande a conclu la première question de la conférence en disant qu'il ferait une mise au point avant son voyage au Etats-Unis qui se déroulera le 11 février prochain. Comment ? Il ne l'a pas vraiment précisé !

Un autre journaliste a ensuite demandé à François Hollande s'il comptait mettre en oeuvre les menaces de poursuites prononcées la semaine dernière suite aux révélations. "On ne peut pas m'attaquer en tant que président de la république... Dès lors puis-je attaquer les autres ? Je m'interroge... Mais mon indignation est totale. C'est une violation qui touche une liberté fondamentale qui peut tous vous toucher."

Fin des cotisations familiales pour les entreprises et les travailleurs indépendants

Par ailleurs, le point culminant de ce discours a assurément été l'annonce de mettre fin "d'ici 2017" aux cotisations familiales pour les entreprises et les travailleurs indépendants, lors de sa troisième conférence de presse à l'Elysée. "Je fixe un nouvel objectif, c'est que d'ici 2017, pour les entreprises et pour les travailleurs indépendants, ce soit la fin des cotisations familiales. Cela représente 30 milliards d'euros de charges", a affirmé le chef de l'Etat.

La branche famille de la Sécurité sociale est financée à plus de 60% par les cotisations sociales à la charge des employeurs et des travailleurs indépendants, qui réclament de longue date la suppression de ces cotisations afin d'alléger le coût du travail. "C'est la condition pour que les entreprises retrouvent de la marge, non pas pour leur faire plaisir, non pas pour leur accorder je ne sais quel cadeau", a-t-il poursuivi.

La loi de financement de la Sécurité sociale prévoit des recettes de 56,9 milliards d'euros pour la branche famille en 2014, comparé à 54,8 milliards en 2013. Sur ce total, les cotisations patronales représentent 35,1 milliards d'euros en 2014, soit 62%.

Dieudonné: Hollande salue une "victoire" et promet l'intransigeance contre toutes les dérives

L'interdiction du spectacle de l'humoriste controversé Dieudonné est une "victoire", s'est félicité mardi le président François Hollande, promettant la même "intransigeance" contre les actes antisémites, antimusulmans et antichrétiens.

"L'antisémitisme, le racisme, la xénophobie seront pourchassés comme cela a été fait à l'initiative du ministre de l'Intérieur", a déclaré le chef de l'Etat, rendant un hommage appuyé à Manuel Valls lors de la troisième conférence de presse de son mandat.

"La liberté de réunion, la liberté d'expression, la liberté de création ne peuvent s'en trouver en aucune façon diminuées, sauf circonstance exceptionnelle (...) quand la dignité des personnes est en cause ou que des troubles majeurs à l'ordre public peuvent être opposés", a-t-il poursuivi.

C'est au nom de ces principes que Manuel Valls avait demandé, dans une circulaire, aux maires et aux préfets d'interdire la tournée du spectacle du polémiste "Le Mur", rodé à Paris ces derniers mois et jugé antisémite.

Beaucoup de commentateurs y avaient vu un pari risqué car la justice administrative avait, dans le passé, invalidé à quinze reprises des arrêtés d'interdiction de spectacles de Dieudonné.

Mais, reprenant les arguments du ministère, le Conseil d'Etat a validé les nouveaux arrêtés. L'humoriste controversé a donc dû renoncer à jouer "Le Mur" et a présenté lundi soir à Paris une version de son show expurgée.

Le chef de l'Etat a salué "une victoire, parce que quand on engage une action, à un moment il doit y avoir un résultat".

Il a assuré que la lutte du gouvernement se poursuivrait sur internet, où le comédien jouit d'une forte popularité. Certaines de ses vidéos ont recueilli plus de deux millions de vues.

Mais la lutte se jouera aussi sur le terrain des idées, a insisté François Hollande, en souhaitant démonter la théorie du "complot" développée par Dieudonné, qui a souvent accusé sur scène le gouvernement d'être aux ordres de la "communauté juive".