Un chapelet de révélations croustillantes

PARIS Le fils naturel de Jacques Chirac, si l'on ose dire, n'est que la cerise sur le gâteau d'un livre qui flingue tous azimuts.

Guy Birenbaum se fait donc un malin plaisir à se balader sous la couette de quelques personnalités en vue afin de révéler leurs aventures croustillantes. Que Michèle Cotta, grande prêtresse du paysage audiovisuel hexagonal, ait été bien en cour avec deux présidents de la République n'est plus un mystère depuis longtemps.

Guy Birenbaum évoque également la belle histoire d'amour entre la présentatrice de France 2 Béatrice Schönberg avec un ministre du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, en l'occurrence le ministre de la Ville Jean-Louis Borloo ou encore de l'eurodéputé Philippe de Viliers - grand défendeur des valeurs familiales - avec son attachée parlementaire.

Autant de secrets qui sont en fait la compilation de livres, d'articles ou d'échos déjà parus, notamment dans Voici ou Paris-Match. Guy Birenbaum avoue d'ailleurs avoir effectué un travail de «compilation» et non d'investigation. C'est la succession de tous ces travers de la République qui donne dès lors du corps à son livre.

Briser la loi du silence

Le livre dénonce tout ce qui passe à sa portée: les «petits arrangements entre amis», «pratiques sexuelles immondes», «sinistres trafics et autres saloperies» : comme les souliers de Roland Dumas (l'affaire Elf), le trotskisme honteux de Lionel Jospin, le «secret Mazarine» (la fille naturelle de François Mitterrand), les voitures officielles qui stationnent en double file, «sans parler de ceux qui font leurs courses au mépris des règles du code de la route», le suicide de Pierre Bérégovoy, et le «théorème de Rocard» (celui qui veut que «sucer n'est pas tromper»): bref de quoi se rincer l'oeil pour un public avide de secrets d'alcôve.

Pourquoi de telles tirades? Comme d'autres avant lui, Guy Birenbaum, éditeur de son état, a voulu briser le mur de silence qui entoure la vie privée des grands en mettant sur la place publique les rumeurs qui font les délices des dîners en ville, dont il était un convive assidu. «Nous sommes trois mille ou cinq mille, journalistes, éditeurs, politiques, patrons,... Nous trions ce qui est bon pour vous et ce que vous devez savoir», se justifie-t-il pour briser la loi du silence.

Un silence complice qui, selon lui, aurait fait le lit de l'extrême droite. Cet homme qui reconnaît n'avoir jamais voté ferait donc oeuvre salutaire pour la démocratie.

© La Dernière Heure 2003