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La recherche de planètes où la vie pourrait s’être développée s’intensifie. Une première exoplanète répond aux critères

BRUXELLES La Nasa l’a confirmé la semaine dernière, il existe une planète jumelle à la Terre, où pourrait s’être développée la vie. C’est la première fois que l’on découvre pareille planète.

“La recherche de planètes est assez récente, rappelle Sophie Van Eck, chercheuse pour le FNRS (Fonds national de recherche scientifique). Le premier à avoir découvert une exoplanète (planète située hors de notre système solaire) est Michel Mayor, un astrophysicien suisse. Sa découverte ne date que de 1995.”

Depuis, environ 700 exoplanètes ont été recensées, “mais celle que l’on vient de découvrir, Kepler 22-b, est la première planète à se trouver dans une zone d’habitabilité, où la vie aurait pu apparaître. C’est une découverte importante”, assure Jan Cuypers, astronome à l’Observatoire royal.

Découverte qui ne devrait pas rester unique, selon Sophie Van Eck. “Le satellite Kepler, lancé par les États-Unis, a cette mission-là : analyser les étoiles et les planètes pour trouver d’autres traces de vie, ailleurs. Et ça va arriver, très certainement. Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas de vie ailleurs. Il faut être modeste.”

Jan Cuypers va dans le même sens. “Si parmi les 700 planètes déjà découvertes, il y en a une qui semble réunir des conditions pour que la vie s’y soit développée, ça veut dire qu’on devrait en trouver beaucoup d’autres parmi les millions de planètes existant. La planète Terre n’est pas unique.”

Sophie Van Eck, qui travaille à l’Institut d’astronomie et d’astrophysique de l’ULB, temporise : “Donner une échelle de temps est toujours délicat. Mais détecter de nouvelles traces de vie pourrait arriver vite, dix ans, un siècle, qui sait ? De nouveaux appareils permettant d’observer si des traces de molécules se trouvent sur les planètes sont en cours de développement. Cela accélérera encore les découvertes.”

Les traces de vie recherchées relèvent évidemment plus des formes primitives, algues, bactéries, micro-organismes que des dinosaures ou d’alter ego à notre race.

Quant à en rencontrer, de vie à vie, “ce n’est pas demain la veille, souligne Sophie Van Eck. Kepler 22-b se trouve à 600 années-lumière de la Terre, à l’échelle de notre galaxie, c’est notre proche banlieue mais c’est impossible de s’y rendre, c’est trop loin”.

© La Dernière Heure 2011