Un total de 100.842 décès ont été enregistrés, indiquent les chiffres du ministère indien de la Santé. La pandémie continue de faire rage en Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde avec 1,3 milliard d'habitants.

Depuis le début de la pandémie, 6,47 millions de cas de contamination y ont été enregistrés. L'Inde devrait dans les prochaines semaines dépasser les États-Unis et devenir le pays comptant le plus grand nombre de contagions.

Toutefois, le fait que les États-Unis ont enregistré deux fois plus de morts que l'Inde alors que la population indienne est quatre fois plus importante que la population américaine suscite des doutes sur l'exactitude des chiffres indiens. "Nous ne savons pas quelle est la fiabilité des taux de mortalité en Inde", selon le virologue T. Jacob John, interrogé par l'AFP. "L'Inde n'a pas un système de surveillance de la santé publique qui documenterait en temps réel tous les cas de maladie et de décès."

Bien que les autorités indiennes effectuent environ un million de tests par jour, en pourcentage de la population le taux de tests de l'Inde est bien inférieur à ceux de nombreux autres pays. Les États-Unis, par exemple, testent proportionnellement cinq fois plus de personnes que l'Inde, selon le site de statistiques mondiales Worldometer.

Espagne: Madrid bouclée

Samedi, c'est Madrid qui s'est réveillée en bouclage partiel - une mesure destinée à freiner l'expansion de l'épidémie mais difficilement applicable.

Depuis vendredi à 22H00 (20H00 GMT), les habitants de la capitale et neuf communes environnantes particulièrement touchées par le virus ne peuvent plus sortir de leur commune que pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, étudier ou se rendre chez le médecin.

Ils peuvent en revanche se déplacer librement à l'intérieur de leur ville et ne sont pas obligées de rester chez eux comme lors du confinement très strict décrété en mars. Les autorités ont toutefois appelé à éviter tout déplacement non nécessaire.

Ce type de restrictions affectaient déjà depuis plusieurs jours un million de personnes dans les zones de la région où le taux de contagion est le plus élevé.

Ce bouclage partiel de Madrid, ordonné par le gouvernement central du socialiste Pedro Sanchez, faisait depuis deux semaines l'objet d'un bras de fer avec le gouvernement de la région, navire amiral du Parti Populaire (PP, droite).

Les questions qui se posent maintenant sont celle de l'efficacité réelle de ces mesures, insuffisantes selon nombre d'épidémiologistes, et surtout de la capacité des autorités à contrôler les entrées et sorties de chaque ville dans une agglomération où l'on recense deux millions de déplacements chaque jour.

Allemagne: des milliers de personnes attendues pour des rassemblements "anti-masques"

Des milliers d'opposants au port du masque et aux mesures de restrictions contre la pandémie sont attendus à Constance (sud-ouest de l'Allemagne) pour un week-end de protestations sous haute protection policière face aux craintes de débordements.

Temps fort attendu de ce samedi: une immense chaîne humaine doit être organisée sur les bords du lac de Constance à l'initiative de "libres penseurs", un rassemblement hétéroclite d'opposants aux mesures liées à la pandémie de Covid-19 qui ont déjà tenu deux manifestations avec des dizaines de milliers de personnes à Berlin durant l'été.

Leur objectif est de rassembler suffisamment de monde pour atteindre l'Autriche et la Suisse, les rives du lac de Constance étant situées sur trois pays.

Samedi, 17 défilés ou rassemblements sont attendus à Constance. Dimanche, 12 rassemblements sont également annoncés dans le centre-ville même si, comme l'a souligné la Ville, une majorité d'entre eux, n'interviennent pas à l'initiative d' "anti-masques" mais entendent exprimer leur solidarité en ces temps de pandémie mondiale.

La police attend au total quelque 30.000 personnes et a prévu "un important déploiement" des forces de l'ordre face aux risques de débordements éventuels.

Ces défilés interviennent en pleine recrudescence des infections en Allemagne, pays pourtant plutôt épargné par le nouveau coronavirus jusqu'ici.

Samedi le nombre de nouvelles infections en 24 heures se situait au-dessus de la barre des 2.500, soit le niveau d'avril.

La chancelière Angela Merkel, qui se dit très préoccupée de cette augmentation, a annoncé mardi de nouvelles restrictions portant notamment sur les fêtes privées, avec des amendes à la clé pour des contrevenants qui ne respecteraient pas certaines règles.

La municipalité de Constance a interdit aux manifestants de brandir des signes distinctifs du régime nazi ou des "drapeaux du Reich" allemand en souvenir de l'Empire ayant disparu après la Première guerre mondiale, comme ils l'avaient fait à Berlin.

Lors de ce dernier rassemblement fin août, plusieurs centaines de manifestants avaient forcé des barrières de sécurité pour monter sur les marches du Reichstag, siège de la chambre des députés (Bundestag), marquant une nouvelle étape dans la radicalisation du mouvement.

Ces manifestations rassemblent une foule hétéroclite composée de militants anti-vaccin, de complotistes, de citoyens authentiquement préoccupés par les restrictions liées au Covid-19 mais aussi, et de plus en plus selon les autorités, de sympathisants d'extrême droite.

France: Paris va fermer ses bars

J-3 : une semaine après Marseille, l'exécutif se prépare à faire fermer également les bars à Paris à partir de lundi, contraint par une situation sanitaire critique qui, si elle ne s'améliore pas, pourrait conduire à des restrictions plus drastiques encore.

Jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait accordé un "sursis" aux débits de boissons parisiens, en disant vouloir attendre une consolidation des chiffres de progression de l'épidémie avant de placer Paris et sa petite couronne en "alerte maximale" - la menace vise également les métropoles de Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse et Saint-Etienne.

Si M. Véran a prorogé toute décision à dimanche, plusieurs sources au sein de l'exécutif, dans l'attente des ultimes chiffres, en sont convaincues : les cafés parisiens devront fermer en début de semaine.

"Ce délai nous permet de nous préparer avec la maire de Paris, les professionnels du secteur, à une entrée en vigueur la semaine prochaine", assure l'une d'entre elles. Une responsable de l'Hôtel de ville juge qu'"il n'y a pas de doute" quant à la fermeture des bars.

Quant aux restaurants, ils espèrent encore pouvoir rester ouverts en renforçant encore leur protocole sanitaire: prise de température des clients à l'entrée, le recueil de leurs coordonnées et la limitation des groupes de convives à huit contre dix actuellement.

Le Haut Conseil de la Santé publique doit émettre un avis sur les propositions des restaurateurs d'ici lundi, à l'issue duquel le gouvernement tranchera, a-t-on appris auprès du ministère de la Santé.

En Île-de-France, le taux d'occupation des lits en réanimation pour les patients atteints de Covid-19 atteignait vendredi 34,8%, au-dessus du seuil critique de 30%, selon les derniers chiffres de l'Agence régionale de santé (ARS).

Le taux d'incidence (nouveaux cas sur sept jours) dépassait toujours la barre des 250 pour 100.000 habitants à Paris - l'un des critères pour basculer en zone d'alerte maximale - en ayant atteint 264 vendredi, selon l'ARS.

La fermeture des bars dans la capitale, une semaine après la restriction de leurs horaires d'ouverture, confronte l'exécutif à une colère grandissante de la profession, loin du consensus observé lors du confinement généralisé de mars. Maigre consolation : la décision doit faire taire les critiques en parisianisme des cafetiers marseillais, dont les établissements sont fermés depuis une semaine.

"On déstabilise incontestablement l'écosystème, mais on créé une prise de conscience", défend un membre de l'exécutif.

La question des restaurants, déjà fermés à Marseille et Aix-en-Provence, reste en suspens. Si le Haut Conseil de la Santé publique valide les propositions des restaurateurs sur un protocole renforcé, l'exécutif devrait permettre aux établissements de rester "tout ou partie" ouverts, même dans les zones d'alerte maximale, et rouvrir ainsi à Aix-Marseille.

Si plusieurs organisations professionnelles s'en sont félicités, des dizaines de patrons de restaurants, hôtels, cafés, brasseries, traiteurs, bars et discothèques ont "fait du bruit" devant la porte de leurs établissements, vendredi matin, un brassard noir au bras, en répondant au mot d'ordre du médiatique chef bordelais Philippe Etchebest.

Dans un entretien au Parisien vendredi soir, la maire de Paris Anne Hidalgo s'est déclarée "pas favorable" à une fermeture des restaurants mais qu'elle allait l'appliquer si elle devait entrer en vigueur. "J'ai dit au Premier ministre que j'étais prête à accompagner les mesures prises par les autorités sanitaires, dès lors qu'elles sont ciblées et lisibles pour les Parisiens", a-t-elle indiqué.

Au-delà, c'est la question des vacances scolaires de la Toussaint, du 19 octobre au 3 novembre, qui occupe désormais l'esprit de l'exécutif.

Le vote par l'Assemblée nationale jeudi soir de la prolongation de l'état d'urgence sanitaire - elle doit désormais être adoptée par le Sénat - permet en outre au gouvernement de restreindre les déplacements de la population.

"Dans quinze jours, on verra où l'on en est dans l'application des premières mesures" et "l'impact sur la situation épidémiologique", souffle un membre de l'exécutif, en se disant "prudent". Si Nice et Bordeaux semblent connaître des évolutions favorables, la situation sanitaire à Marseille est davantage sujette à caution.

Et il prévient : "Si les mesures sont toujours négociées avec les élus dans le cadre du couple maire-préfet, il y a une exception : s'ils sont trop mous du genou, l'Etat se substitue à tous" et prendra ses responsabilités.