Insultes, menaces, balles: la députée britannique europhile Anna Soubry, ex-conservatrice, a raconté l'étendue des ennuis que lui cause son combat pour faire dérailler le Brexit.

Opposante de longue date au Brexit, elle a claqué la porte du Parti conservateur de la Première ministre Theresa May le mois dernier pour rejoindre le tout nouveau Groupe indépendant, qui milite pour l'organisation d'un nouveau référendum sur l'UE.

L'élue a relaté mardi lors d'une table ronde organisée par le quotidien britannique The Guardian les conséquences de cet engagement.

"Il y a eu cette sale journée, avec des balles et une menace de mort", a déclaré Anna Soubry. "Je ne l'avoue pas mais j'ai peur", a-t-elle ajouté, confiant avoir encore reçu des menaces lundi, et que des membres de sa famille avaient eux aussi été visés.

"Ma mère, elle a 84 ans, et elle a été menacée. Cela nous a vraiment tous bouleversés", a dit la députée. "Une carte RIP (repose en paix, ndlr) a été envoyée à mon partenaire, disant que +ta trahison+, etc, ne se reproduira plus".

Anna Soubry n'est pas un cas isolé: des dizaines d'élus avaient écrit au chef de la police de Londres en début d'année pour signaler une "détérioration de l'ordre public et de la sécurité" autour du Parlement de Westminster.

Les parlementaires avaient pris cette décision après que des partisans du Brexit avaient agressé verbalement, à plusieurs reprises, des personnalités pro-UE, encerclant notamment Mme Soubry en la traitant de nazie et de traîtresse.

Mais pour cette dernière, la réaction de Scotland Yard laisse à désirer.

"Je pense que la police (...) a été la plupart du temps complètement inutile", a-t-elle dit, assurant qu'un officier de police lui avait déclaré: "La police n'est pas là pour assurer la protection personnelle des membres du Parlement".

Anna Soubry a déclaré avoir pensé à ce moment-là à la députée travailliste et pro-européenne Jo Cox, assassinée par un sympathisant néo-nazi, une semaine avant le référendum sur l'UE du 23 juin 2016.

Sollicitée au sujet des déclarations de la députée, Scotland Yard n'avait pas répondu mercredi en fin d'après-midi.