Maersk aurait versé 125.000 euros à Idra, une société qui chapeaute Mediterranea, juste après que l'ONG eut récupéré en septembre 27 migrants ayant passé plus d'un mois sur l'un des cargos du transporteur danois.

Les ONG de secours aux migrants opérant entre la Libye, Malte et l'Italie sont souvent critiquées dans la péninsule, certains les accusant même de collusion avec les trafiquants de migrants.

Jusqu'ici cependant, les preuves recueillies dans diverses affaires n'ont pas permis d'arriver jusqu'à un procès. Mais plusieurs navires de secours affrétés par les ONG ont été bloqués par les gardes-côtes italiens pour des motifs de sécurité.

Lundi, Mediterranea a indiqué avoir été visée par une "vaste opération de police ordonnée par un procureur du parquet de Raguse (Sicile, sud), dénonçant la "croisade personnelle" de ce procureur contre les ONG.

L'ONG a affirmé être accusée d'avoir organisé ses opérations de secours "comme des projets visant à encaisser des bénéfices", tout en soulignant que ces accusations sont "fondées sur des spéculations qui fondront comme neige au soleil".

Dans un communiqué, AP Moeller-Maersk a indiqué ne "pas avoir été contacté par les autorités dans le cadre de cette enquête", tout en se disant "prêt à fournir une aide à tout moment".

Le skipper de Mediterranea, son chef de mission et l'armateur du bateau sont soupçonnés d'association criminelle visant à favoriser l'immigration illégale et de violation du code maritime, selon La Repubblica.

En septembre, l'intervention de Mediterranea avait permis de résoudre le problème posé par la présence de migrants secourus par le cargo Maersk Etienne et bloqués à son bord en raison du refus de Malte et de l'Italie de les accueillir.

Les migrants avaient été finalement transférés à bord du navire Mare Jonio de Mediterranea, et un mois plus tard Maersk avait effectué un paiement à Mediterranea, toujours selon La Repubblica.

Selon le chef de mission de l'ONG Luca Casarini, cité par le journal, cet argent n'avait "rien à voir" avec les activités de secours aux migrants. "Nous pouvons le prouver", a-t-il ajouté, affirmant que cet argent correspondait à un paiement pour une mission de consultation sur la gestion des ports.