Le retour au pouvoir des talibans à Kaboul le 15 août dernier a marqué le début d'une nouvelle ère en Afghanistan, notamment synonyme d'un recul des libertés individuelles et du respect des droits de l'Homme. Les minorités, en particulier, craignent désormais pour leur vie.

Ahmed, un jeune Afghan de 32 ans, a préféré se cacher après la prise de pouvoir des talibans. Etant homosexuel, chrétien et membre de la minorité ethnique Hazara - trois groupes historiquement persécutés par les talibans - Ahmed était conscient que ses chances de survie étaient minces. Avec son frère, il s'est donc réfugié dans un sous-sol de Kaboul, ne s'aventurant à l'extérieur que pour manger ou en cas d'urgence.

"Ce serait un honneur pour eux de me tuer"

"Je sais que si les talibans découvrent que je suis gay, Hazara et non musulman, je serai tué sur place sans plus de questions", témoigne-t-il auprès de CNN. "Je sais qu'il y a des gens qui me cherchent, et que ce serait un honneur pour eux de me tuer". Ahmed déplore ses conditions de vie, similaires selon lui à la prison: "J'aimerais que les choses soient différentes, mais c'est la vie", relativise-t-il. "Certaines personnes s'inquiètent de ce qu'elles vont porter le lendemain, nous nous inquiétons de savoir comment survivre. Mon esprit est fatiguée, tout comme mon corps. Mais je sais qu'il y a des gens qui travaillent sans relâche pour me sortir de là".

En effet, grâce à leurs téléphones, Ahmed et son frère ont pu rester en contact avec le monde extérieur. Ils ont envoyé de nombreux messages, notamment à des militants et aux organisations de défense des droits de l'homme, ou encore à des connaissances qui auraient pu les aider.

Grâce à leurs nombreux appels, des associations leur sont venues en aide, et les deux Afghans ont récemment réussi à s'enfuir au Pakistan. 

*prénom d'emprunt