Monde "Immense avocat, courageux et indépendant", mais aussi "sentencieux" et "provocateur": Jacques Vergès, l'avocat aux deux visages, décédé jeudi à Paris à 88 ans, a reçu un hommage quasi unanime de ses confrères, tempéré par certains d'entre eux. 

Avocat de Klaus Barbie, de Slobodan Milosevic, de Saddam Hussein ou encore de l'ancien dirigeant khmer rouge Kieu Samphan, Me Vergès est mort chez des amis, dans un appartement au premier étage d'un immeuble du VIIe arrondissement où mourut Voltaire en 1778. Son décès a été constaté par les pompiers à 21H20.

Le célèbre avocat, "salaud lumineux" disparu jeudi, était réputé pour son sens de la formule. Le Huffington Post est revenu sur les déclarations les plus percutantes de celui qui fut pour certains "l'unique monstre sacré du barreau français". Tour d'horizon.

"Qu’est-ce qui en somme sépare un tueur à la chaîne du plus honnête des contribuables? Un détail infime, un fétu de paille tout de suite envolé et qui cependant constitue pour la plupart d’entre nous une barrière infranchissable : le passage à l’acte."

"Je ne suis pas l’avocat de la terreur, mais l’avocat des terroristes. Hippocrate disait : "Je ne soigne pas la maladie, je soigne le malade". C’est pour vous dire que je ne défends pas le crime mais la personne qui l’a commis."

"Je ne suis ni humble, ni orgueilleux. Je suis simplement fier."

"Il n'y a pas eu de génocide au Cambodge."

"Quand j'entends parler de mon âge par Michèle Alliot-Marie ou autre, je me dis "Est-ce que je vais lui poser des questions sur sa ménopause ?"

"Si les tueurs en série nous fascinent, c’est précisément parce que en dépit de leurs crimes atroces, ils restent à notre image."

"On ne mène pas une politique étrangère avec des clins d’œil et des ronds de jambe."

""Pour défendre Barbie, j'ai dit aux accusateurs: 'Ce que vous lui reprochez, vous l'avez fait vous-même sous la colonisation. Alors, à quel titre vous permettez-vous de le juger ?'".

""Les poseurs de bombes sont des poseurs de questions".

"Serais-je prêt à défendre Hitler ? Bien sûr ! Et même George W. Bush. Je suis prêt à défendre tout le monde à condition qu’ils plaident coupables."