"Jamais depuis la création du bilan annuel de RSF en 1995 le nombre de journalistes emprisonnés n'avait été aussi élevé", constate l'ONG de défense de la liberté de la presse, dans un communiqué publié jeudi.

Cette hausse exceptionnelle, de l'ordre de 20% en un an, "est principalement le fait de trois pays", à savoir la Birmanie, le Bélarus et la Chine, dont la loi de sécurité nationale imposée en 2020 à Hong Kong a provoqué une augmentation en flèche des détentions de journalistes dans ce territoire, pointe RSF.

"Jamais non plus RSF n'avait recensé autant de femmes journalistes détenues", au total 60, soit un tiers de plus qu'en 2020, déplore l'association.

Si les hommes représentent toujours l'essentiel des journalistes emprisonnés dans le monde (87,7%), le Bélarus est le pays qui a mis sous les verrous plus de femmes journalistes (17) que de confrères masculins (15).

Les cinq pays où le plus grand nombre de journalistes étaient détenus au 1er décembre sont la Chine (127), la Birmanie (53), le Vietnam (43), le Bélarus (32) et l'Arabie Saoudite (31).

Le nombre de journalistes et professionnels des médias tués, avec 46 morts, a atteint son niveau le plus bas en 20 ans, constate l'organisme.

"Cette tendance à la baisse, qui s'est accentuée depuis 2016, s'explique notamment par l'évolution des conflits régionaux (Syrie, Irak et Yémen) et la stabilisation des fronts après les années 2012 et 2016, particulièrement meurtrières", analyse RSF.

La majorité de ces morts sont des assassinats: "65% des tués sont sciemment ciblés et éliminés", dénonce l'association.

Mexique et Afghanistan demeurent encore cette année les deux pays les plus dangereux pour les journalistes, avec respectivement 7 et 6 tués, suivis du Yémen et de l'Inde en troisième place, avec 4 journalistes tués chacun.

RSF comptabilise aussi au moins 65 journalistes et collaborateurs de médias retenus en otage dans le monde, soit deux de plus que l'an passé.

"Tous sont otages dans trois pays du Moyen-Orient: Syrie (44 journalistes), Irak (11) et Yémen (9)" sauf le journaliste français Olivier Dubois, retenu depuis avril au Mali, détaille RSF.