"Plus de vols de rapatriement prévus pour une durée indéterminée" , voilà ce à quoi Jason, originaire du Brabant Wallon, et ses amis français se sont heurtés ce mercredi, à Cebu, quand ils espéraient accrocher un avion de rapatriement, après dix heures d’attente dans le hall de l’un des aéroports philippins.

Rentrer avec un avion de rapatriement est l’une des meilleures solutions pour eux. Surtout sur le plan financier. Car l’ambassade belge aux Philippines l’affirme par email : "Rejoindre Bruxelles au départ de Manille n’est pas chose aisée en ce moment et les tickets sont très chers."

Après un beau voyage en Australie, Jason devait rentrer tranquillement en Belgique pour retrouver ses proches. Mais avant cela, il faisait escale aux Philippines, où il avait programmé un trip d’un mois. Malheureusement, tout ne s’est pas déroulé comme prévu pour le trentenaire originaire de Jodoigne. La faute au coronavirus.

Arrivé sur l’île de Cebu (voisine de l’île où se trouve Manille, la capitale) le 14 mars en compagnie de ses copains français rencontrés en Australie, Jason pensait vivre l’un de ses plus beaux voyages en visitant les îles des Philippines.  "Je devais faire de la plongée, voir des plages paradisiaques et je me retrouve dans un quartier des bidonvilles", peste-t-il.

Tout comme de nombreux touristes, il a été contraint de revoir ses plans à cause du coronavirus. Car vingt-quatre heures après son arrivée en terre philippine, Jason et ses amis apprenaient que les différentes îles étaient fermées à tout le monde et les plages interdites, et ce à cause de certains cas de coronavirus détectés à Manille, capitale des Philippines. Il devait donc rester à Cebu.

Aux Philippines, le gouvernement prend des mesures et conseille à la population de rester confinée. Les accès en avion ou en Ferry sont très rares. Les hôtels ferment, à l’instar des commerces non-essentiels. Fort heureusement, il a trouvé refuge. " Au début, on était dans un hôtel tous ensemble. Puis celui-ci a fermé. On a trouvé une maison à louer dans un quartier des bidonvilles. On peut sortir de 5h à 20h. Après, c’est le couvre-feu et chacun reste chez soi."

Pas de dépistage possible

Mais sortir de la maison n’est pas une option pour le groupe franco-belge. Sauf pour aller faire des courses. Pourquoi ? Car ils craignent de contracter le virus s’ils s’exposent. Aucun cas n’est à dénombrer sur l’île de Cebu mais les jeunes se méfient. " Ici, il n’y a aucun test réalisé pour être dépisté. Il y a des contrôles de température mais c’est tout. Ils ne savent pas précisément si la population est touchée par le virus. Il y a peut-être des cas ici, mais on en sait rien", détaille Jason.

Des solutions de retour très chères

Du coup, le groupe de jeunes cherche des solutions pour rentrer. Si les Français se renseignent sur les vols de rapatriement, Jason contacte la diplomatie belge via Facebook. Leur page, renseignée sur le site du gouvernement, est très réactive. Quand Jason est entré en contact avec eux, ils ont rapidement répondu. Sans pour autant trouver une solution pour le Jodoignois. " A ce stade, nous n’avons pas d’information sur un éventuel rapatriement", répondent-ils dans un premier message. Deux jours plus tard, l’ambassade belge aux Philippines le contacte pour lui proposer une solution, peu intéressante pour rentrer.

"Il n’y a plus qu’une seule compagnie aérienne qui assure la liaison mais les tickets sont très chers. La plus grande prudence est de mise au vu des restrictions de transit en vigueur dans plusieurs aéroports. Si vous venez à Manille, assurez-vous que vous avez un logement", explique par email l’ambassade belge qui "essaie d’organiser un vol balai pour Manille".

Une proposition qui n’enchante pas le Belge. "Les hôtels de Manille sont très chers par rapport à ceux de Cebu. Le vol coûterait entre 1500 et 3000 euros et fera escale à Hong-Kong, qui ferme ses frontières ce mercredi 25 mars en soirée. On risque de se retrouver bloqués là-bas. En allant à Manille, on est pas sûr d’avoir un billet retour pour la Belgique car le nombre de place est limité", affirme-t-il. 

Son vol retour bientôt annulé

Pour rentrer en Belgique, Jason devait atterrir à Amsterdam. Sauf que son avion sera bientôt annulé. " J’ai un vol le 13 avril mais comme dans trois jours les frontières vont être bloquées aux Pays-Bas, mon vol sera annulé. Au passage, je ne sais pas si je serai remboursé. Ma compagnie aérienne m’a demandé de ne pas les contacter avant les 15 jours qui précèdent le vol."

Rapatrié grâce à la France ?

Dès lors, le Belge compte sur ses amis Français pour rentrer sur le Vieux Continent, en accrochant, lui aussi un vol de rapatriement… pour la France ! Les tickets pour ces vols coûtent en moyenne 300 euros. C’est bien plus intéressant que ce qu’on leur propose.  "Beaucoup de pays ont fermé leur frontière ou vont le faire. On nous propose aussi des vols dont les prix vont de 1.000€ à 4.000 euros, avec de multiples escales dans des villes où les aéroports sont ou seront boucl(é)s. Ces prix sont exorbitants."

La meilleure option est de réussir à embarquer dans un vol de rapatriement. Mais Jason et ses amis français ne connaissent pas la date de celui-ci. Ils sont donc contraints d’attendre et ce, pour une durée indéterminée...