Selon le gouvernement britannique, plus de 60.000 spectateurs seront autorisés dans les tribunes du stade de Wembley pour les demi-finales et la finale de l'Euro, au lieu des 40.000 initialement prévus, dans cette enceinte d'une capacité maximale de 90.000 places.

"Je me demande vraiment si cela ne fait pas un peu trop", a déclaré lors d'une conférence de presse commune Angela Merkel, "très préoccupée", à l'issue d'une réunion avec le Premier ministre britannique Boris Johnson dans sa résidence de campagne de Chequers.

"En Allemagne, nous avons décidé que moins de spectateurs pourraient assister aux matchs au stade de Munich, mais bien sûr le gouvernement britannique prend ses propres décisions", a déclaré Mme Merkel, qui effectue vendredi son dernier déplacement au Royaume-Uni avant de quitter le pouvoir après les législatives de septembre.

Boris Johnson a quant à lui mis en avant le "mur d'immunité" bâti par le Royaume-Uni grâce à son programme de vaccination, grâce auquel 63% des adultes ont reçu deux doses.

La voix de la Chancelière allemande s'ajoute aux inquiétudes exprimées récemment par le président du Conseil italien Mario Draghi et du vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas.

Sur le plan sportif, Angela Merkel a jugé "méritée" la victoire de l'Angleterre contre l'Allemagne et souhaité "bonne chance" à l'équipe anglaise pour la suite de la compétition.

Lors d'un déjeuner de travail, les deux dirigeants ont évoqué les nouvelles dispositions douanières post-Brexit controversées en Irlande du Nord, qui avaient représenté un point de frictions lors du récent sommet du G7 sous présidence britannique.

Angela Merkel s'est dite "optimiste" sur le fait que des "solutions pragmatiques" puissent être trouvées au sujet du protocole nord-irlandais, qui instaure des contrôles sur les marchandises arrivant dans la province britannique en provenance de Grande-Bretagne.

Londres et Bruxelles se sont accordés mercredi pour reporter de trois mois, jusqu'au 30 septembre, une disposition interdisant l'acheminement de viande non-surgelée en Irlande du Nord. Une trêve dans ce que beaucoup ont surnommé la "guerre de la saucisse".

"Concernant les viandes non-surgelées, le pire est derrière nous", a plaisanté Boris Jonhson, en jouant sur la proximité entre le mot anglais "worst" (pire) et le mot allemand "wurst" (saucisse).

À l'occasion de sa visite au Royaume-Uni, sa 22ème depuis son entrée en fonction en 2005, Angela Merkel s'est adressée par vidéoconférence au cabinet britannique, première dirigeante à le faire depuis le président américain Bill Clinton en 1997.

En l'honneur de la chancelière, scientifique de formation, le Premier ministre a annoncé la création d'un prix récompensant une femme basée au Royaume-Uni ou en Allemagne, ayant excellé dans le domaine de l'astrophysique.

Remis annuellement et assorti d'une récompense de 10.000 livres (11.600 euros), ce prix portera le nom de Caroline Herschel, une astrophysicienne britannique d'origine allemande qui fut une pionnière dans ce domaine.

Angela Merkel a achevé son déplacement au Royaume-Uni par une rencontre avec la reine Elizabeth II au château de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l'Ouest de Londres.