Après un tweet le 18 janvier dernier, dans lequel il a révélé avoir été violé lorsqu'il était enfant, le député français Bruno Questel a témoigné sur le plateau de BFMTV ce mercredi.

"Il n'était pas de ma famille, il était du village; de ces lieux où la famille est grande. J'avais 11 ans. Je n'ai jamais oublié. Aucune excuse possible. Aucun pardon possible", avait-il écrit en réaction à une interview de l'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, à propos de l'affaire Duhamel sur Europe 1.

"Il fallait que ça sorte", a-t-il déclaré, non sans émotions sur le plateau de Bruce Toussaint. "Je me suis dit qu'il fallait que je parle, aussi pour dire que tout le monde pouvait être concerné. (...) J'ai apporté ma pierre à ce travail collectif (de libération de la parole)", a estimé le député LREM, qui avoue que le livre de Camille Kouchner a été "un détonateur" pour lui.

Les faits ont eu lieu en 1977. Son agresseur était un voisin du village d'origine de sa mère, en Corse, où il passait ses vacances d'été. "Je le connaissais depuis ma naissance", se souvient le parlementaire, qui raconte l'avoir confié à ses parents ensuite. "Mon père est tout de suite sorti pour le chercher, mais il ne l'a pas trouvé. Ma mère l'a vu le lendemain et après il a été décidé qu'on en restait là. (...) C'était il y a plus de quarante ans. Je n'en veux à personne, c'est ça que je veux dire, sauf à l'intéressé", a-t-il ajouté.

"Quand on est passé par là, c'est comme si vous étiez marqué au fer rouge", a déclaré l'élu, qui dit avoir vécu "le début d'une autre vie" après cela. Bruno Questel a expliqué avoir souffert pendant plusieurs années d'amnésie post-traumatique, "et puis un jour, ça vous pète au visage".

Aujourd'hui, son agresseur est mort. À son décès, Bruno Questel dit avoir ressenti "beaucoup de colère parce qu'il n'avait pas répondu de ses actes".