Se déclarer candidat ou attendre une annonce du dernier champion républicain en date ? "Je ne me présenterai pas si Trump se présente": c'est pour le moment la déclaration attentiste la plus tendance au sein du parti. Une posture qui permet aussi d'éviter de se mettre des membres de son propre camp à dos. Les intentions présidentielles de certains membres sont pourtant bien réelles, mais les voilà bloqués dans les starting-blocks.

Comme le souligne le média américain CNN, l'incertitude règne dans le clan du milliardaire américain. Difficile de savoir si les candidats potentiels "doivent reconnaître publiquement leurs ambitions présidentielles ou faire profil bas jusqu'à ce qu'il [NdlR: Donald Trump] prenne une décision. Leurs adversaires potentiels sont très attentifs au degré de loyauté qu'ils montrent à l'ancien président." En cas de non candidature de l'ancien président, les candidats qui auront attendu taxeront probablement sans gêne le manque de fidélité des plus pressés, ou des plus ambitieux.

Pourtant ça s'active en coulisses. Les possibles challengers engagent des conseillers de confiance, rencontrent des donateurs et visitent les États les plus importants dans le cadre de cette primaire, observent nos confrères américains. Les Républicains observent et souhaitent profiter du contexte actuellement compliqué pour les Démocrates. Le clan de Joe Biden s'est déchiré autour des plans d'investissement, a dû assumer le chaos en Afghanistan et une déroute électorale, notamment en Virginie en novembre dernier. Mais les équipes et structures républicaines qui se mettent actuellement en place pourraient s'écrouler dès le moment où Trump annonce qu'il entre dans la course.

L'ancien vice-président, Mike Pence © AP

Parmi les candidats potentiels, on retrouve notamment Mike Pence. L'ancien vice-président, pourchassé par les partisans de Trump dans le Capitole en janvier 2021, n'a jamais annoncé qu'il s'abstiendrait d'affronter Trump lors des primaires présidentielles. Au contraire, il va se rendre dans le New Hampshire aux côtés de donateurs du GOP (Parti Républicain) lors d'une collecte de fonds organisée par le groupe d'activistes conservateurs Heritage Action, où il critiquera sans aucun doute l'administration Biden.

"Un signe de faiblesse et d'indécision"

Les candidats qui ont fait preuve de défiance à l'égard de Donald Trump se font tancer par ses alliés. L'ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie a déjà déclaré publiquement en mai dernier que sa candidature n'était pas liée à celle de l'ancien président. "Si vous dites que vous vous en remettez à quelqu'un, c'est un véritable signe de faiblesse et d'indécision", avait-il lancé. Mais ils sont plus nombreux à patienter. Nikki Haley, l'ancienne gouverneure de la Caroline du Sud, a clairement annoncé qu'elle ne serait pas candidate face à Donald Trump.

Le combat face à ce dernier s'annonce forcément ardu pour tous ceux qui veulent s'y coller. La gouverneure du Dakota du Sud Kristi Noem, le sénateur Marco Rubio, et d'autres membres du GOP n'imaginent pas un autre candidat que Trump si celui-ci souhaite retenter sa chance. "Si Donald Trump se présente à la présidence en 2024, il sera le candidat républicain. Bien sûr, je le soutiendrai dans cette démarche", a déclaré Rubio à la chaîne WPTV la semaine dernière.

Le gouverneur de la Floride Ron DeSantis © AP

Alors les Républicains les plus désireux de la présidentielle attendent, cachent leur jeux. Dans l'émission "Face the Nation" de CBS News, le sénateur du Texas Ted Cruz a accordé que le prédécesseur de Joe Biden serait un candidat très redoutable en 2024, tout en rappelant qu'il avait terminé deuxième lors des primaires de 2016 et pas si loin derrière de Donald Trump. "Il y a une longue histoire de seconds qui deviennent le prochain candidat", avait subtilement placé le Texan.

Autre adversaire potentiel: le gouverneur de la Floride Ron DeSantis. CNN avait déjà rapporté que Donald Trump se plaignait auprès de son équipe que ces deux hommes ne créditaient pas suffisamment son ascension ultra-rapide vers la Maison-Blanche et qu'il craignait particulièrement une candidature de Ron DeSantis en 2024.