"On peut de plus en plus parler de génocide", a-t-il déclaré mercredi au Québec face à des journalistes qui l'interrogeaient sur les propos du président américain.

Le dirigeant canadien, qui avait refusé d'employer ce mot jusqu'à présent, a poursuivi en affirmant: "On a vu ce désir de s'attaquer aux civils, d'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. C'est tout à fait inacceptable".

Justin Trudeau a aussi rappelé que des policiers canadiens ont été envoyés en Ukraine pour enquêter et que le Canada a été "l'un des premiers pays" à déclencher un processus à la Cour pénale internationale (CPI) pour "s'assurer que Poutine soit tenu responsable de ses actes, de ses crimes de guerre".

Mardi, Joe Biden a accusé Vladimir Poutine de mener un "génocide" en Ukraine, un terme jusque-là employé par le chef d'État ukrainien Volodymyr Zelensky mais jamais par l'administration américaine.

"Il est de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d'effacer l'idée même de pouvoir être un Ukrainien", a déclaré le président américain. Si "les avocats, au niveau international", trancheront sur la qualification de génocide, "pour moi, cela y ressemble bien".

Le président ukrainien a salué les "vrais mots d'un vrai leader", car "appeler les choses par leur nom est essentiel pour s'opposer au mal".

Au contraire, le Kremlin a jugé mercredi "inacceptable" que le président américain accuse son homologue russe Vladimir Poutine de "génocide" en Ukraine.

Le président français Emmanuel Macron n'a pas repris ce terme, mettant en doute l'utilité d'une "escalade des mots" pour mettre fin à la guerre.