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Les assaillants qui ont attaqué le centre commercial Westgate de Nairobi, faisant au moins 67 morts, avaient élaboré un plan précis et caché auparavant des armes sur place, selon des responsables américains cités mercredi par le New York Times. L'équipe, composée d'islamistes shebab somaliens --parmi lesquels des anglophones recrutés aux Etats-Unis ou dans d'autres pays occidentaux-- a étudié les plans du bâtiment, jusqu'à ses conduits de ventilation, et répété l'attaque en Somalie pendant des semaines avant l'assaut, selon le NYT.

L'assaut lancé samedi a coûté la vie à au moins 61 civils, six membres des forces de sécurité kényanes et cinq assaillants, et fait environ 175 blessés. Le président kényan Uhuru Kenyatta avait annoncé mardi soir la fin du siège, après plus de trois jours d'affrontements, et décrété un deuil national de trois jours.

Selon les responsables cités par le New York Times, les assaillants avaient notamment caché une mitrailleuse lourde avant leur attaque dans le centre commercial. Ils l'ont ensuite utilisée pour repousser les forces kényanes, quand ils se sont réfugiés dans un supermarché du centre commercial après avoir abattu des dizaines de personnes.

"Ils avaient des complices à l'intérieur, ils avaient du matériel sur place", résume un responsable cité par le quotidien.

Certains des assaillants --équipés de fusils d'assaut similaires à ceux des forces de sécurité kényanes, auprès desquelles ils auraient pu les obtenir, selon des analystes-- auraient également apporté des vêtements de rechange pour se changer et s'échapper au milieu des civils qui fuyaient le massacre, selon le Times.

Des analyses ADN doivent désormais permettre de confirmer si certains des responsables de cette attaque ont été recrutés aux Etats-Unis ou dans d'autres pays occidentaux.


Nombre "peu important" de corps encore dans le Westgate

Le ministre kényan de l'Intérieur a affirmé mercredi qu'un nombre "peu important" de corps se trouvaient probablement encore dans le centre commercial Westgate à Nairobi, ravagé par une attaque d'un commando islamiste lié aux insurgés somaliens shebab.

"Nous pensons fermement (...) qu'il y a un nombre peu important de corps encore" à l'intérieur du centre commercial, a affirmé devant la presse le ministre de l'Intérieur, Joseph Ole Lenku, semblant minimiser les craintes de retrouver dans le bâtiment, mortes, les 71 personnes recensées disparues par la Croix-Rouge.

Selon M. Lenku, plusieurs pays dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, Israël, l'Allemagne et le Canada aident les autorités kényanes dans l'enquête qu'elles ont ouverte.

Le ministre a précisé que les enquêteurs examinaient actuellement des empreintes digitales, et se livraient à des analyses d'ADN et balistiques.

"Nous nous attendons à ce que l'examen médico-légal dure au moins une semaine," a-t-il ajouté.

Le ministre a refusé de commenter des informations de presse selon lesquelles les assaillants, avant de lancer leur attaque, avaient loué un magasin dans le Westage.

"Nous recevons de nombreuses informations (...) de gens de bonne volonté mais aussi de colporteur de rumeurs", a-t-il dit.