"La situation de la jeune fille était intenable", a estimé sur RTL l'avocate, interrogée sur la médiatisation le week-end dernier des aveux de Z. Chnina lors de sa garde à vue, puis lors de sa mise en examen pour "dénonciation calomnieuse" en novembre.

"Tous les éléments dans le dossier prouvent très tôt qu'elle a menti", a souligné Me Le Roy, observant que son absence au cours sur les caricatures avait été "établie dès le départ".

Toutefois, "ce qui entoure les explications dudit revirement me laisse un petit peu sur ma réserve", a-t-elle ajouté.

"Elle a menti car elle s'est sentie prise dans un engrenage, car des camarades lui avaient demandé d'être leur porte-parole", a expliqué lundi à l'AFP l'avocat de la jeune fille, Me Mbeko Tabula, confirmant des informations du Parisien.

"Je suis très circonspecte", a réagi Me Le Roy. "Le porte-parole de quoi? D'un mensonge, de faits qui ne sont jamais arrivés ? Cette explication ne me satisfait pas, elle me met un peu en colère, parce que les faits sont graves, sont dramatiques".

Samuel Paty a été décapité le 16 octobre par un Tchétchène radicalisé de 18 ans, Abdoullakh Anzorov, devant le collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

"Si on vient pour dire +je baisse les armes, j'admets enfin que j'ai menti+, on assume", a estimé l'avocate. "Pour moi ce sont des aveux qui ne sont pas assumés, (...) et ça ce n'est pas acceptable pour la famille de Samuel Paty".

Me Le Roy a par ailleurs accusé de mensonge Brahim Chnina, le père de la jeune fille mis en examen pour "complicité d'assassinat terroriste".

Selon le Parisien, l'homme, qui avait porté plainte contre l'enseignant et lancé une virulente campagne sur les réseaux sociaux avec l'aide d'un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, a expliqué fin janvier au juge antiterroriste n'avoir pas connu les raisons de l'exclusion de sa fille et a regretté de ne pas avoir vérifié son histoire.

"Non, ce n'est pas vrai", a déclaré Me Le Roy, soulignant que le billet d'absence au cours avait été signé par la mère et que les raisons ayant mené à la décision d'exclure pour deux jours la jeune fille de l'établissement, "pour des problèmes d'absentéisme et de comportement", avaient été explicitées aux parents par SMS, par courrier et à l'oral.

"Venir aujourd'hui dire +j'ai cru le mensonge de ma fille+, c'est très léger", a jugé Me Le Roy.