"Au rythme actuel, il faudrait des décennies, voire des siècles" pour parvenir à l'égalité de rémunération, observent dans une déclaration commune les commissaires Vera Jourová, Nicolas Schmit et Helena Dalli. C'est "inacceptable". Plus précisément, les 14,1% d'Eurostat sont la différence entre la rémunération horaire brute moyenne des hommes salariés et celle des femmes salariées (d'une entreprise d'au moins 10 salariés), en pourcentage du salaire horaire brut moyen masculin. L'année précédente (2017), cette différence était de 14,5%. Cela concerne tous les emplois salariés et ne mesure donc pas une différence de rémunération entre hommes et femmes pour une même fonction ou une même charge de travail. La comparaison sur base horaire occulte également le fait que davantage de femmes travaillent à temps partiel.

Pour la zone euro, Eurostat chiffre l'écart à 15% (chiffre provisoire, 15,5% en 2017). Pour la Belgique, à 5,8% (égal par rapport à 2017), un des pourcentages les plus bas de l'UE (l'Estonie, à l'autre extrême, est à 21,8%).

Il y a quelques jours, les femmes du Parti socialiste européen avançaient quant à elles un "pay gap" dans l'UE à 28 (incluant le Royaume-Uni) de 16%, au détriment des femmes. Un facteur essentiel de cet écart persistant est la répartition non-équitable d'une charge de travail non-rémunérée: travail domestique, soins aux enfants et personnes âgées, etc., pointaient les femmes du parti.

Ces dernières relayaient parallèlement une étude de la Confédération européenne des syndicats (CES), selon laquelle l'écart salarial hommes-femmes diminue si lentement qu'il faudrait, au même rythme, attendre l'an 2104 pour l'éliminer. "L'écart de rémunération ne sera comblé au cours de cette décennie que dans trois pays", observait la CES, démontrant la disparité flagrante des situations d'un État à l'autre. Selon ses projections, ces trois pays seraient la Belgique (en 2028), le Luxembourg (en 2027) et la Roumanie (en 2022). Mais "dans au moins un d'entre eux, les salaires des femmes et des hommes sont inadmissiblement bas", ajoutait-elle sur cette dernière.

Dans sa communication de vendredi, la Commission rappelle qu'elle compte proposer dans les prochaines semaines des mesures contraignantes en matière de transparence salariale. Cet outil, promis par Ursula von der Leyen mais qui était attendu plus tôt, selon la CES, devrait spécifiquement contribuer à la lutte pour l'égalité des salaires.