"Nous allons approuver une 'boussole stratégique' qui n'est pas la réponse à la guerre en Ukraine, mais une partie de la réponse, car elle doit nous rendre plus forts militairement", a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell lundi, avant une réunion avec les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'UE.

"L'UE est collectivement sous-équipée pour faire face aux menaces et aux défis" actuels, avertit en préambule le document préparé pour cette réunion et dont l'AFP a pris connaissance.

L'UE va utiliser les Groupements tactiques créés en 2007 pour constituer cette force de réaction de 5.000 militaires. "Les Groupements tactiques sont opérationnels, mais ils n'ont jamais été utilisés, faute de volonté politique et de moyens financiers", déplore le service d'actions extérieures de l'UE.

La force sera constituée de "composantes terrestres, aériennes et maritimes" et dotée de capacités de transports afin d'être en mesure de "mener des interventions pour sauver et évacuer des ressortissants européens" pris dans un conflit. Cette capacité a fait défaut aux Européens pour remplacer les Américains lors de l'évacuation de Kaboul en aout 2021.

Les engagements militaires de l'UE seront discutés jeudi avec le président américain Joe Biden lors d'un sommet extraordinaire de l'Otan suivi par une réunion des chefs d'État et de gouvernement de l'UE, consacrés aux conséquences de la guerre menée par la Russie en Ukraine pour la sécurité en Europe.

Les États-Unis ont à nouveau déployé plus de 100.000 militaires et d'importants moyens militaires en Europe pour participer au renforcement des défenses aux frontières orientales de l'Otan. Le partage du coût des capacités déployées dans les pays Baltes, en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie et en Slovaquie sera l'un des sujets des discussions.

Aucun objectif chiffré n'est inscrit dans les engagements pris par l'UE. Mais tous les pays de l'Otan, dont 21 sont membres de l'UE, se sont engagés à consacrer 2% de leur PIB à leurs dépenses militaires en 2024.

L'Allemagne, la Belgique et le Danemark, trois pays très en retard sur cet engagement, ont annoncés des augmentations de leurs budgets. La ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder, a dit dimanche vouloir des moyens supplémentaires pour l'armée belge, en sus des 10 milliards d'euros supplémentaires déjà prévus au cours des prochaines années. "Est-ce que cela permettra d'atteindre les 2%? Peut-être pas. Mais ce n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est ce que nous faisons avec ces moyens supplémentaires", a-t-elle dit dans une interview au journal De Zondag.

Les Européens vont en outre investir dans des capacités qui leur font actuellement défaut, notamment des drones, des systèmes de combats, des chars, des systèmes de défense anti-aériens et anti-missiles.

"Les actions détaillées sont ambitieuses, mais réalisables avec un engagement politique soutenu", insiste le document rédigé par Josep Borrell.