En plus d'être mauvais pour l'environnement et d'être cancérigène, l'exposition au plomb peut-elle faire baisser le QI ? C'est en tout cas ce que suggère une étude réalisée en Nouvelle-Zélande en 2017. Elle a déterminé que, pour toute augmentation de cinq microgrammes de plomb dans le sang, une personne perdait environ 1,5 point de QI.

Or, selon une nouvelle étude, l'exposition au plomb pendant l'enfance aux Etats-Unis est omniprésente. Et son ampleur serait plus préoccupante que ce qui était suggéré par les estimations précédentes.

Les chercheurs ont en effet déterminé que plus de 54% des Américains en vie en 2015 avaient été exposés à des niveaux dangereux de plomb pendant leur enfance. Cela représente 170 millions d'adultes qui sont, aujourd'hui, plus enclins à développer des maladies neurodégénératives, des maladies mentales ou des problèmes cardiovasculaires.

Les chercheurs estiment aussi que l'essence au plomb a réduit le QI cumulé du pays de 824 millions de points, soit environ trois points par personne en moyenne. Ce serait d'ailleurs pire pour les personnes nées dans les années 1960 et 1970, à l'apogée de l'utilisation de l'essence au plomb. L'exposition de ces personnes était huit fois supérieure aux limites actuelles. Selon l'étude, elles pourraient avoir perdu six à sept points de QI en moyenne.

Des résultats qui ont profondément surpris les chercheurs. "J'ai franchement été choqué", a déclaré Michael McFarland, sociologue à la Florida State University (FSU). "Et quand je regarde les chiffres, je suis encore choqué, même si je m'y suis préparé".

"Des millions d'entre nous se promènent avec un passé d'exposition au plomb", a rappelé Aaron Reuben, responsable de l'étude et psychologue clinicien de la FSU. "Ce n'est pas comme si vous aviez eu un accident de voiture et une déchirure osseuse qui guérit et puis vous allez bien", explique-t-il, ajoutant qu'être exposé au plomb pouvait avoir des répercussions à vie.

"En fournissant des estimations plus complètes du nombre de personnes exposées au plomb au début de leur vie, cette étude fait un pas considérable vers la compréhension de l'étendue complète des dommages causés à la population américaine dans un domaine spécifique : les capacités cognitives", concluent les auteurs.