Dans cette vidéo, publiée le 8 avril 2020 sur YouTube puis retirée, on voyait Dieudonné, aujourd'hui âgé de 65 ans, critiquer vigoureusement les réquisitions d'une magistrate de Nanterre, la comparant notamment aux femmes ayant collaboré au régime nazi.

Lors d'une première audience en novembre, Dieudonné avait formellement contesté être l'homme sur la vidéo, assurant être victime d'un "deepfake", une technique sophistiquée consistant, entre autres, à superposer un visage sur un autre.

"Sa thèse du deepfake est rejetée par les juges", s'est félicité auprès de l'AFP Me Rémi-Pierre Drai, avocat de la magistrate, qualifiant Dieudonné de "menteur incapable d'assumer ses propres vidéos".

Face à la défense inattendue de l'humoriste, le tribunal avait en novembre ordonné de nouvelles investigations sur l'authenticité de la vidéo et renvoyé le procès au 15 mars.

Au cours de cette seconde audience, les nouveaux actes d'enquête avaient été énumérés, dont des perquisitions au domicile de M. M'bala M'bala et dans les locaux de sa société de spectacle, au cours desquelles les gendarmes n'avaient pas retrouvé de local de tournage. "Il aurait pu la réaliser chez un ami", avait alors rétorqué Me Rémi-Pierre Drai.

De son côté, Dieudonné avait maintenu n'avoir aucun lien avec la vidéo et son avocat avait plaidé la relaxe.

Le tribunal correctionnel a condamné Dieudonné à 30.000 euros d'amende, au-delà des réquisitions du parquet qui demandait une sanction de 20.000 euros.

Dieudonné a réagi, par la voix de son avocat, en se comparant à George Floyd, mort en 2020 après de longues minutes immobilisé sous le genou d'un policier aux Etats-Unis, et à Adama Traoré, décédé en 2016 après son arrestation par des gendarmes en France. "Comme ses frères George Floyd et Adama Traoré, Dieudonné a le sentiment d'être traité comme un homme noir dont les droits et la vie n'ont plus aucune valeur puisqu'il est aujourd'hui condamné en France, en 2021, pour des propos qu'il n'a pas tenus", a déclaré Me David de Stefano à l'AFP.