Selon des médias italiens, les procureurs de Bergame (nord) ont inculpé Ranieri Guerra, qui était jusque récemment l'un des 11 directeurs généraux adjoints de l'OMS et est actuellement conseiller spécial du chef de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour leur avoir donné de fausses informations.

La ville de Bergame a été l'épicentre de la première vague de coronavirus qui a frappé l'Italie début 2020, et le parquet a ouvert une vaste enquête sur une éventuelle mauvaise gestion de la crise.

M. Guerra avait été entendu par les procureurs en novembre après que Francesco Zambon, auteur principal d'un rapport de l'OMS sur la réaction de l'Italie à la crise retiré à la hâte par l'agence onusienne, eut déclaré que le document avait été supprimé pour éviter d'embarrasser le gouvernement de Rome.

M. Zambon, qui a démissionné de l'OMS le 31 mars, a déclaré mercredi à l'AFP que l'organisation avait du mal à résister aux pressions politiques, rappelant les accusations selon lesquelles elle rechignerait à faire pression sur la Chine à propos des origines de la pandémie.

"Cette petite histoire italienne vous aide à comprendre la grande histoire chinoise", a estimé M. Zambon.

M. Guerra a pour sa part nié tout acte répréhensible. "J'ai dit aux procureurs tout ce que je savais à l'époque, en toute bonne foi", a-t-il déclaré à l'agence de presse italienne AGI, ajoutant qu'il était prêt à leur parler de nouveau.

Interrogé par l'AFP, M. Guerra n'a pas souhaité faire de commentaires.

À Genève, un porte-parole de l'OMS a simplement déclaré: "L'OMS examine actuellement une demande d'assistance judiciaire internationale émanant du bureau du procureur général de Bergame".

Il a cependant refusé de donner plus de détails, réitérant la position de l'OMS selon laquelle le rapport sur la réponse de l'Italie au coronavirus a été retiré parce qu'il "contenait des inexactitudes et des incohérences".

Le document, rédigé par un bureau de l'OMS à Venise, a été publié le 13 mai et retiré le jour suivant.

L'une de ses conclusions les plus accablantes était que l'Italie disposait d'un plan de préparation aux pandémies obsolète, datant de 2006.