Monde La Turquie déterminée à poursuivre son offensive contre les Kurdes malgré le tollé international.

Les forces turques et leurs supplétifs syriens sont entrés samedi dans une ville kurde stratégique du nord syrien à la faveur de violents bombardements, la Turquie se disant déterminée à poursuivre son offensive malgré le tollé international et les menaces de sanctions américaines.

À Ankara, le ministère de la Défense a affirmé que les forces turques avaient capturé Ras al-Aïn, ville frontalière de la Turquie. Mais les forces kurdes ont démenti et selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et un correspondant de l’AFP sur place, les forces turques y sont entrées mais les combats se poursuivent.

Voisine de la Syrie en guerre, la Turquie veut chasser de secteurs frontaliers la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de "terroriste", pour créer en territoire syrien une "zone de sécurité" de 32 kilomètres de profondeur qui séparera sa frontière des régions kurdes.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes, ont appelé les États-Unis à "assumer leurs responsabilités morales" et à fermer "l’espace aérien face à l’aviation turque". Évoquant un "coup de couteau dans le dos", elles ont accusé les Américains de les avoir "abandonnées" en retirant des soldats des zones attaquées.

Samedi, neuf civils ont été "exécutés" par des rebelles proturcs qui participent à l’offensive turque, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Ces morts portent à 38 le nombre de civils tués depuis le début de l’assaut mercredi, d’après l’OSDH. Par ailleurs 81 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements, selon un dernier bilan de l’ONG.

Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de roquettes kurdes tirées sur des villes frontalières turques.

Samedi matin , les forces turques et leurs alliés locaux ont lancé l’assaut sur Ras al-Aïn, presque entièrement désertée par ses habitants, selon l’OSDH.

Le bruit des bombardements était incessant alors que les combattants proturcs armés de lance-roquettes se dirigeaient vers le front.

D’après les médias turcs, Ankara veut prendre le contrôle d’une bande territoriale longue de 120 kilomètres et profonde d’une trentaine de kilomètres, allant des villes frontalières de Ras al-Aïn à Tal Abyad.

Vendredi, les États-Unis ont affirmé que le président Donald Trump allait signer un décret permettant le déclenchement à tout moment de sanctions contre la Turquie.

"Peu importe ce que certains disent, nous ne stopperons pas" l’opération, a répondu le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Pourquoi nous fait-il (Erdogan) subir ça ?", se lamente Yousra al-Saleh, 38 ans, une déplacée qui vient d’arriver à Tal Tamr après avoir fui les combats. "On est anéanti."