"Nous estimons que le monde devra dépenser au moins 100 milliards de dollars pour de nouveaux outils, en particulier pour tous les nouveaux vaccins développés. Le premier besoin et le plus immédiat est de 31,3 milliards de dollars pour l'Accélérateur ACT", a déclaré le directeur de l'organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse en ligne, soulignant que cela représentait fort peu comparé au coût de la pandémie.

Lancé fin avril dernier par l'OMS, le président français Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la fondation Bill et Melinda Gates, l'Accélérateur ACT rassemble des gouvernements, des organisations du secteur de la santé, des scientifiques, des entreprises, la société civile et des philanthropes "qui ont uni leurs forces pour en finir plus rapidement avec la pandémie", selon l'OMS.

Deux mois plus tard, fin juin, seuls 3,4 milliards de dollars avaient été promis, pour les produits de diagnostic, les traitements et les vaccins.

Un des piliers du dispositif est le Covax, un instrument de financement lancé par Gavi, l'Alliance du vaccin, pour "inciter les fabricants à produire des quantités suffisantes de vaccins contre la Covid-19, et assurer leur disponibilité pour les pays en développement", avait expliqué Gavi.

"À ce jour, neuf candidats-vaccins font déjà partie du portefeuille Covax et subissent des essais de phase 2 ou 3 (essais sur les humains) ; et ce portefeuille - déjà le plus large au monde - est en constante expansion", a dit le patron de l'OMS, qui souligne régulièrement le besoin d'avoir "plusieurs candidats-vaccins" de différents types "pour maximiser les chances de trouver une solution gagnante".

Et désormais "des pays qui représentent près de 70% de la population mondiale se sont inscrits ou ont exprimé leur intérêt à faire partie de la nouvelle initiative", a-t-il affirmé, décrivant ce dispositif comme "un partage de risques et de récompenses".

"Il est facile de considérer" le financement de l'Accélérateur "comme un effort", mais "en réalité, c'est le meilleur stimulant économique dans lequel le monde puisse investir", a-t-il dit.

Il "coûtera une infime fraction" de ce que coûterait une contraction plus grande encore des économies, nécessitant davantage de plans de relance, a-t-il expliqué, en rappelant les sommes déjà dépensées pour faire face aux conséquences de la pandémie.

À eux seuls, les pays du G20 ont mobilisé quelque 11.000 milliards de dollars (environ 9.600 milliards d'euros) en aide aux ménages et aux entreprises, pour éviter une détérioration de la situation.

"Plus tôt nous arrêterons la pandémie, plus vite nous pourrons nous assurer que des secteurs interconnectés au niveau international comme les voyages, le commerce et le tourisme pourront vraiment se redresser", a-t-il répété.

Bruce Aylward, à la tête de l'Accélérateur ACT, a précisé que le vaccin que Moscou affirme avoir mis au point ne faisait pas partie du portefeuille Covax, répétant : "Nous discutons avec la Russie pour avoir des informations supplémentaires, comprendre le statut de leur produit, les essais menés et quelles seront les prochaines étapes".