"Nous avons la responsabilité d'empêcher que ce conflit s'intensifie au-delà des frontières de l'Ukraine et devienne une guerre ouverte entre la Russie et l'Otan", a-t-il expliqué en marge du Forum diplomatique organisé par la présidence turque, pour justifier le refus de l'Alliance atlantique d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine pour protéger la population des bombardements russes.

Une telle mesure "signifierait être prêt à abattre des avions russes", a-t-il estimé, "et nous amènerait très certainement à une guerre ouverte".

Et ce conflit, a-t-il prévenu, ajouterait "davantage de souffrances, davantage de morts et de destruction".

"Nous apportons notre soutien à l'Ukraine et imposons des sanctions à la Russie mais en même temps j'ai demandé (aux pays membres) de déclarer que nous n'enverrions pas de troupes de l'Otan au sol ni d'avions de l'Otan dans le ciel ukrainien", a encore précisé M. Stoltenberg.

Le responsable de l'Otan, dont la Turquie est membre, devait s'entretenir vendredi avec le président Recep Tayyip Erdogan, au lendemain des premiers pourparlers entre les ministres russe et ukrainien des Affaires étrangères dans la station balnéaire.

Malgré l'échec de ces premières discussions directes à ce niveau, M. Stoltenberg a salué le rôle de la Turquie et jugé "important de faciliter une solution politique" au conflit en cours depuis le 24 février.

Il a appelé le président russe Vladimir Poutine à "mettre fin à cette guerre insensée" et à trouver une "solution politique".

"La première mesure serait de garantir des couloirs humanitaires permettant aux gens de sortir et de se procurer des vivres et des médicaments", a-t-il réclamé.

M. Poutine a de son côté affirmé voir "des avancées positives" dans les pourparlers avec l'Ukraine, à l'occasion d'une rencontre avec son allié bélarusse Alexandre Loukachenko vendredi.

La Turquie, alliée de l'Ukraine à laquelle elle a livré des drones de combats, veille simultanément à garder une ligne ouverte avec Moscou.

Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a réaffirmé vendredi dans une interview à la chaîne CNN qu'Ankara n'envisage pas de rallier les sanctions occidentales.

La compagnie nationale Turkish Airlines continue d'ailleurs de desservir Moscou - même si la compagnie à bas coût Pegasus a annoncé la suspension des vols du 13 au 27 mars, le temps de "réévaluer" la situation.

"Nous ne prévoyons pas pour le moment d'imposer des sanctions à la Russie. Parce que nous voulons garder ouverts le canal de la confiance, les voies de communication. Et bien sûr, nous ne voulons pas que notre économie soit affectée", a reconnu M. Kalin.

Il a également fait valoir l'intérêt de mener plusieurs initiatives diplomatiques de front: "il faut voir la rencontre de jeudi à Antalya comme une étape qui en suscitera d'autres", a-t-il espéré.

Plus de 80 ministres, vice-ministres et responsables gouvernementaux ont été conviés au Forum diplomatique d'Antalya.